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Critique du film : Le Labyrinthe [2014], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 7 novembre 2014 à 18h00

J'ai fait tomber ma savonnette...

L'effet de mode actuel d'adaptations cinématographiques d'oeuvres destinées à un public adolescent à en soit quelque chose de véritablement passionnant. En effet, si l'on n'assite pas à proprement parler à l'émergence d'une vague de films exceptionnels (comme d'habitude dans le cinéma mainstream hollywoodien, la recherche du profit prédomine sur toute vélleité artistique), le moule dans lequel sont fabriqués ces produits possède malgré tout un intérêt intrinsèque dans ce qu'il sous-tend. Ainsi, outre le fait qu'il s'agisse de films adaptés de best-sellers littéraires (un effet post Harry Potter finalement très prévisible), il est étonnant de s'apercevoir que l'on peut rattacher la majeure partie des productions actuelles à nombre d'autres oeuvres, des classiques de la littérature et du cinéma que d'aucun qualifieront de plus "adultes".

Hunger Games (Battle royale), Les Âmes Vagabondes (Les Maîtres du Monde), Divergente (Le Meilleur des Mondes), The Giver, le passeur (Fahrenheit 451) et maintenant Le Labyrinth (Sa Majesté des Mouches) semblent donc bel et bien issus de la même formule : prendre une oeuvre pour l'adapter à un public adolescent. Le principe n'est clairement pas critiquable, ce moyen de faire pouvant être considéré comme un excellent marche-pied permettant d'accéder à des romans ou à des films plus difficiles d'accès. D'ailleurs, à bien y regarder, certains de ces films estampillés "jeunes" se sont, ces dernières années, avérés bien plus pertinents que nombre de blockbusters pourtant destinés aux adultes (Hunger Games 2, dans son discours sur la manipulation des masses et des symboles, était par exemple loin d'être débile).

Ceci étant dit, il est étonnant - et amusant - de s'apercevoir que les oeuvres originelles ici dupliquées ne sont pas simplement des classiques, mais se sont souvent imposées comme transgressives dans leur message sous-jacent tendant à dénoncer certains aspects la société actuelle. Voir Hollywood sortir nombre de films critiquant un système dont il est partie intégrante a ainsi quelque chose d'ironique, et ce dans la mesure où les films créés sont tous formatés. En fait, de la critique d'origine, il ne reste ici plus qu'un gloubi-boulga passé au filtre des valeurs conformistes hollywoodiennes. Cela n'en rend finalement les films que plus passionnant, car ils parviennent à faire tout et son contraire, à savoir prôner des valeurs comme la liberté de penser et la critique de la société au sein de produits stéréotypés faisant partie intégrante du système dominant.

En somme, ces films parviennent donc à faire croire à un public non-initié qu'ils sont transgressifs tout en ne l'étant jamais réellement (lorsque ces films sont bien fait, entendons nous bien, cela met directement sur la touche la guimauve niaise et dégoulinante des Âmes Vagabondes, film raté doublé d'un beau gros bide au box-office). Au final, deux questions se posent : d'une part ces films sont-ils à uniques destination d'un public adolescent (c'est l'argument de vente, mais regardez bien dans la salle de cinéma autour de vous pour compter le nombre d'ados qui vont voir ces films), d'autre peuvent-ils véritablement amener les spectateurs vers les oeuvres qui leur ont servi de modèle et qui, bien évidemment, sont beaucoup plus intéressantes et abouties à tous les points de vue. Des interrogations auxquels nous n'apporteront pas de réponse dans cette critique du Labyrinthe, film qui ne fait pas vraiment avancer le débat...

En effet, Le Labyrinthe est un film impeccablement calibré, qui reprend la même formule scénaristique que ses nombreux prédécesseurs (sur une histoire somme toute différente) sans jamais proposer quoique ce soit d'un tant soit peu nouveau. On se trouve donc devant un film rappelant de nombreux autres longs-métrages (Sa Majesté des Mouches, mais également Cube ou Labyrinthe) mettant en scène un adolescent en pleine rebellitude qui va bousculer les conventions et mettre à mal un système établi (ce n'est pas un système sociétal mais un système pénitencier, mais le résultat est le même). On va toutefois fois y trouver une petite originalité (mais alors toute petite) : point d'histoire d'amour ou de triangle amoureux, un schéma scénaristique également devenu incontournable depuis Harry Potter.

Si l'on passe sur la masse d'incohérences toutes plus énormes les unes que les autres (dont la principale : l'explication du labyrinthe) et sur les questions sous-jacentes que tout esprit un minimum pragmatique pourra logiquement se poser (ils sont tous asexués ou bien...), Le Labyrinthe s'avère être un film efficace. L'entrée en matière nous plonge directement dans l'histoire, le rythme est correctement entrenu jusqu'à l'acte final, les mystères mystérieux permettent de faire tenir l'illusion jusqu'à l'épilogue, il y a de bons moments de bravoure, les acteurs sont globalement bons, les effets spéciaux sont réussis, le film est techniquement soigné (notons une belle photographie, nettement supérieure à ce qui se fait d'ordinaire dans ce genre de production) et la mise en scène de Wes Ball est appliquée (sans génie, mais très honnête). Bref, le tout est très correct et permet de passer un agréable moment.

Finalement, seuls deux éléments vont véritablement faire chuter l'intérêt du film. Le premier vient du seul et unique personnage féminin, qui n'a aucun autre intérêt que de respecter des quotas de représentativités des sexes (il est très très mal vu de ne pas mettre de femmes dans un film, John Carpenter doit encore s'en souvenir avec The Thing, détruit par une critique qui le taxait de misogynie). Le second est l'acte final du film qui, en expliquant la raison d'être du labyrinthe, colle sur l'histoire racontée l'étiquette "mongoloïde" (parce que oui, les explications sont vraiment, mais alors vraiment stupides). Vincenzo Natali l'avait bien compris avec Cube : rien ne peut expliquer logiquement une telle chose. Le Labyrinthe ne fait que confirmer ce que le cinéaste nous avait dit il y a vingt ans : oui, c'est vrai, rien ne peut expliquer logiquement une telle chose.

Du coup, ce dernier acte ne fait que piétiner ce qui, auparavant, ne fonctionnait pas si mal que ça. D'une part il dote le film d'une durée bien trop importante pour que le rythme soit correctement maintenu (une histoire écrite sur un ticket de métro, passe encore, mais quand elle dépasse les deux heures de métrages, ça finit par se voir que ça ne raconte rien), d'autre part, il rend le spectateur quelque peu honteux de son visionnage. Parce qu'en effet, même si on a pris du plaisir à regarder Le Labyrinthe, le film est simplement impossible à défendre face à des détracteurs qui vous expliqueront - à raison en plus - que tout cela est vraiment très con. Cerise sur le gâteau, cette somme d'explications n'aura aucun autre intérêt que de lancer une suite aux enjeux encore abscons (mais qui aura au moins l'avantage de changer le décors et, pourquoi pas, la dynamique globale), mais au potentiel commercial indéniable. Qui a parlé de transgression ?

La conclusion de à propos du Film : Le Labyrinthe [2014]

Vincent L.
60

Nouvelle adaptation d'une oeuvre littéraire à destination du public adolescent, Le Labyrinthe s'avère être un petit blockbuster crétin, mais finalement pas trop mal fichu. Certes, il ne faudra pas être trop regardant sur les tenants et aboutissants de l'histoire, sur certaines aspects du scénario et sur des retournements de situations franchement incohérents, mais pour peu que l'on parvienne à mettre cela de côté, le film s'avère globalement distrayant, bénéficiant d'une mise en scène correcte et d'un aspect technique - une fois n'est pas coutume - appliqué. Vite vu, vite consommé, vite oublié, mais pas fondamentalement désagrable.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène appliquée,
  • Techniquement correct,
  • Des comédiens plutôt bons,
  • Un rythme correctement maintenu.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire vraiment débile,
  • Un scénario truffé d'incohérence,
  • Un acte final risible.

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