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Critique du Film : Jurassic Shark
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Critique du Film : Jurassic Shark

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 8 décembre 2013 à 1443

Le megalodon aime les thons

Quand un requin géant s’échappe d’un laboratoire ultrasecret, un trio de jeunes filles se retrouve coincé sur une île en compagnie d’un groupe de malfrats…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pitch qui définit le scénario de Jurassic Shark ne brille pas par son originalité. Ici, le but de ce filou de Brett Kelly n’est donc pas de nous surprendre avec un récit imprévisible et foutraque mais de persévérer dans une démarche entamée il y a déjà dix ans : la mise en place d’une série Z référentielle, dénuée d’un quelconque second degré. Restait à savoir si ce choix allait suffire à construire un spectacle amusant.

La première chose à laquelle on pense quand l’on visionne Jurassic Shark, c’est que la régie de TomCat Films (société de production de Ted Chalmers) doit avoir eu une belle remise sur l’achat de cheeseburgers. Comme tout film de monstre marin qui se respecte, le métrage de Brett Kelly présente son lot de jeunes filles en bikini. Mais, dans le cas présent, ces naïades pour la plupart destinées à finir dans la gueule du requin géant présentent des mensurations inverses aux  critères actuelles : tout sur le bide et les fesses, mais rien dans le corsage ! A moins que Brett Kelly est un faible pour les courbes callipyges.

Le plus extraordinaire, c’est que ces filles, en plus de n’être guère séduisantes, sont de sacrées mauvaises actrices (à l’exception de Christine Emes, sosie de Dina Meyer, en version boudinée). Et les garçons ne valent pas mieux. Mention spéciale à un colosse bodybuildé au regard bovin, qui a un mal fou à aligner deux répliques sans ânonner. Au final, Jurassic Shark étant extrêmement fourni en interminables séquences dialoguées, on se surprend à bailler régulièrement aux corneilles. D’autant plus que Brett Kelly ne se contente pas de nous assommer avec ces ennuyants échanges verbaux, il nous achève avec pléthores de plans où il ne se passe absolument rien, comme lors de cette longue ballade en foret, qui nous offre un magnifique plan serré sur un défilé de tongs et d’espadrilles.

Vous allez me dire : oui, mais le requin ? Ce fameux requin qui, suite à l’explosion pixellisée d’un laboratoire  - dont on verra qu’un escalier de secours et un vieil hangar désaffecté -, s’est échappé pour finir dans un lagon ? On le voit ou non ? Oui, rassurez-vous, on le voit. Mais, pour ce faire, il va falloir attendre une bonne vingtaine de minutes. Auparavant, ses attaques se résument à des vues subjectives sur des victimes (deux blondes décérébrées qui barbotent dans l'eau, un jeune crétin) disparaissant rapidement sous des flots bouillonnants privés de toute trace de sang. C’est de cette façon que disparaîtra une grande partie d’un casting se résumant à une dizaine de personnes. Enfin, quand le requin arrive enfin à surmonter sa timidité et se montre à l’écran, on découvre un immense squale numérique de qualité très médiocre (comparés, les FX de The Asylum pourrait passer pour du ILM) mais au rendu cartoonesque assez amusant qui, malgré sa taille imposante, arrive à nager dans trente centimètres d’eau sans que l’on ne voit le moindre bout de nageoire. Remarquez, l’on est guère surpris par cette bizarrerie tant ce film est un festival d’incohérences.

On voit ainsi un groupe de personnes se navrer d’être coincé sur une île sans aucun moyen pour traverser le lagon alors, qu’en arrière-plan, une flottille de petits voiliers passe dans le cadre ; des trafiquants d’œuvres d’art sortir des armes de poing de nulle part (les filles feront de même, mais avec une caméra) ou garer sans aucune raison leur véhicule à vingt mètres d’une grille, les forçant à faire un bout de chemin à pied. Une voiture qui disparaîtra d’ailleurs comme par magie, pour céder la place à celle des jeunes filles, arrivées quelques minutes plus tard.  Autre passage mémorable, quand les trois truands se dissimulent derrière un minuscule buisson. Enfin, le rire est au rendez-vous (c’est déjà ça, vous me direz !) lors d’une séquence finale où deux survivantes réussissent à détruire le monstre en usant d’explosifs alors que l’une d’entre elles se trouve sous l’eau, à moins d’un mètre de lui. Et qu’elle en ressort indemne !

Brett Kelly achève de donner à son œuvre son cachet Z au moyen d’une réalisation cheap qui accumule les approximations. Fautes de raccords, effets ralentis ridicules, mouvements de camera erratiques s’ajoutent donc à des dialogues stupides et un scénario qui n’en a que le nom. Au final, au lieu de se retrouver devant un nanar décontracté et amusant, le spectateur va devoir subir un spectacle rapidement lassant. Et il lui sera très difficile d’en arriver au bout (ce qui est dommage, car c’est à ce moment que se situe le seul passage drôle du film).

La conclusion de

Si vous espérez visionner avec Jurassic Shark un spectacle Z désopilant, vous allez devant une sacrée désillusion. Vous voilà averti. Dénué de tout second degré, le film de Brett Kelly n’est qu’une longue série de séquences ennuyeuses de qualité très médiocres. Seul le final peut éventuellement arracher un sourire aux spectateurs les plus tolérants.

Que faut-il en retenir ?

  • Un final rigolo

Que faut-il oublier ?

  • Une série Z vraiment ennuyeuse

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