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Critique du Téléfilm : Arachnoquake
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Critique du Téléfilm : Arachnoquake

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 10 mars 2013 à 0139

Araignées de feu

Dans un univers où la ville de La Nouvelle Orléans a vu la totalité de sa population – c'est-à-dire environ vingt figurants- épouser la religion bouddhiste ((si l’on en juge d’après la réticence qu’éprouvent les citoyens  à écraser du pied le moindre insecte), le sud des Etats-Unis est devenu une zone sismique. En effet, non content que la côte de Louisiane ait déjà connu, dans un passé récent, son lot de désastres climatiques, le réalisateur Griff Furst en a également fait une région sujette aux tremblements de terre. Selon le cinéaste, c’est la faute à une calamiteuse et vénale politique environnementale permettant des forages abusifs (que le spectateur ne verra pas). Des forages qui déséquilibrent la plaque terrestre, provoquant d’immenses failles en cgi pourries au cœur de la plus française des villes américaines.

De cette accumulation de fléaux, l’opinion publique en a fait son ordinaire. Ainsi, on constate que la création d’un gigantesque gouffre au cœur du quartier français se fait dans l’indifférence générale. L’incident n’attire pas un seul curieux, et il n’est même pas signalé par les services municipaux de maintenance. C’est fou, depuis qu’un black est devenu leur président, l’américain moyen ne s’étonne plus de rien. Hein ? Comment ? A moins que cela soit un problème de budget, me souffle-t-on dans mon oreillette. Oui, peut-être. Bref, seuls les passagers d’un bus de touristes (cinq péquins ! Et oui, c’est la crise, que voulez-vous !) y prêtent attention. Et comme tous les touristes, ceux-ci sont également très cons, puisqu’ils n’hésitent pas à s’approcher dangereusement du trou béant, au risque d’y chuter.  Le spectateur attentif remarquera d’ailleurs que ce faisant, ils imitent, mais sans les égaler, les rednecks du coin qui, eux, effectuent la même démarche… mais à reculons !

Les choses vont un peu changer quand de ces gouffres vont surgir (tels Les insectes de feu du grand classique de Jeannot Szwarc )… des araignées aveugles sauteuses et pyromanes ! A ce sujet, force est de signaler que je n’ai pas trop pigé le processus d’infestation qui nous est vaguement exposé par un script au contenu plus qu’évasif. J’ai juste pigé qu’il y avait une reine, une énorme araignée qui va s’avérer être le personnage central du dernier tiers du film. Griff Furst nous explique que cette espèce, pour se reproduire, a besoin d’un hôte vivant. Ok, pourquoi pas. Il nous le prouve avec deux ou trois scènes choc. Une pustule dégueulasse gonfle sous l’épiderme d’un pauvre gars qui ne se doute de rien, jusqu’à éclater. Jaillit alors une petite araignée bondissante, qui décampe pour rejoindre ses copines. Sympa, mais qui entraine les questionnements suivants : comment se reproduisaient-elles quand elles vivaient dans les entrailles de la terre ? Cela fonctionne aussi, si l’on remplace un hôte humain par un caillou ? Ou une fourmi ? Et comment parviennent-elles à introduire leurs œufs dans le corps de leur hôte sans que ce dernier s’en aperçoive ? Personnellement, même une piqûre de moustique me fait bondir, alors, pensez, la morsure d’une araignée de vingt centimètres de diamètre.

Remarquez, je dis vint centimètres, mais cela n’est pas toujours le cas. Il y en a de toutes les tailles. Les petites sont les moins dangereuses, bien sur, notamment par le fait que leur feu ne dépasse pas la taille d’une flamme de briquet. Par contre, leur regard aveugle (si, si) doit posséder un pouvoir psy car tous ceux qui le croisent deviennent cons comme des manches. Plus dangereuses, les adultes. Elles allient vice, intelligence et férocité. Il y en a même une qui connait les principes de sécurité routière, ne traversant la route que lorsque le feu passe au rouge. A coté de cela, elles adorent sautiller sur le toit des voitures, à la manière d’un supporteur de foot fêtant la victoire de son équipe préférée. Par contre, elles sont assez sales, elles ne peuvent s’empêcher de tisser partout leurs toiles. Nul n’est parfait. Pas même les insectes géants.

Rapidement, la région, ville et bayou environnant, est envahie par ces étranges araignées. Toujours dans l’indifférence générale (on voit des voitures circuler tranquillement en arrière-plan). L’armée est sur le pied de guerre et envoie sur place une importance force d’intervention composée d’une jeep et d’un vieux camion déglingué. C’est bien peu pour secourir les deux groupes de héros qui tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer arachnéen. Deux groupes qui présentent des composantes un peu différentes, mais qui partagent deux points communs : ils se déplacent tout deux en bus et leurs membres sont tous des experts dans le domaine de la réplique débile. Il est d’ailleurs temps de passer aux présentations.

Le premier groupe est composé d’une poignée de touristes guidée par Paul (Bug Hall, vu dans Tobe Hooper's Mortuary), conducteur de trolley et jeune branleur au sourire Pepsodent.  Parmi les passagers, deux jeunes post-ado et leur mère, un vieux grincheux et un couple de black. Tiré de cette galerie de personnages riches en clichés, le plus marrant est le pépé, surtout quand il menace le guide de lui enfiler sa canne dans le cul. Le second groupe est plus charmant puisqu’il s’agit d’un groupe de jeunes et sexy joueuses de baseball en shorts très, très moulants. Le cadreur prend d’ailleurs un malin plaisir à multiplier les plans en contre-plongée sur leurs postérieurs. Ces jeunes filles sont sous la protection (ha, ha !) de Charlie, leur coach, interprété par un Edward Furlong plus bouffi que jamais. On pourrait penser qu’il fait une réaction allergique aux morsures d’araignées. Et on se surprend l’envie de féliciter les maquilleurs. Mais non, pas du tout. Il est à l’écran comme au naturel. L’acteur, entre deux prises, a dû forcer sur la piquette (il est d’ailleurs, au moment où ces lignes sont rédigées, incarcéré pour violences conjugales sous l’emprise de l’alcool sur sa compagne Monica Keena).

Le métrage est donc un déballage de poncifs propres au genre (Hi !!!!! ! mon dieu, des araignées !!) qui concentre son récit sur une course poursuite entre quelques victimes annoncées, des héros crétins et des monstres improbables. Dans le domaine du nanar, Griff Furst fait très fort avec un film qui débute de manière assez « sérieuse » (tout est relatif, hein !) avant de déraper lentement dans le registre de la grosse blague Z bien débile, avec un héros en tenue de scaphandrier (dont le casque n’est même pas fixé… sacré accessoiriste !) qui s’introduit, tel Jonas dans la baleine, dans la reine araignée pour placer des explosifs sur sa poche de combustible.   Griff Furst, cet acteur de navets (Transmorphers, Basilisk…) reconverti dans la réalisation de daubes (Lake Placid 3 Jurassic Commando…) ne s’embarrasse pas de détails, retranscrivant sans finesse un scénario  d’Eric Forsberg (bien connu des amateurs de nanars, ce trublion est le coupable, entre autres, des existences de Mega Piranha, La guerre des mondes 2 et Snakes on the Train) à la base bien stupide. Un traitement de fumiste qui entraine quelques situations délicieusement ubuesques ou incohérentes, comme quand la reine araignée, par la magie de l’ellipse se retrouve à arpenter les rues alors que le plan précédent, elle semblait coincée vingt mètres sous terre, dans une grotte privée d’issues conçues pour sa taille.

Pour ce qui est de la direction d’acteurs, même constat d’incompétence et de je-m’en-foutisme. Les réactions des protagonistes, qui courent dans tous les sens et roulent des yeux fous, nous donnent parfois l’impression d’assister à un épisode de Scoubidou (en phase panique à bord) ou un film de Laurel et Hardy. C’est tellement con que, évidemment, cela en devient drôle. J’ai particulièrement apprécié la séquence où les héros visitent un camp occupé par des rednecks complètement crétins. La caméra s’attarde d’ailleurs sur deux d’entre eux, pour témoigner de leur stupidité « Je gouterais bien les pattes de ces araignées avec de la sauce piquante ! » déclare l’un d’eux en se léchant les doigts. « T’as encore bu de la térébenthine ? demande le second. « Ben, y’avais plus de wiskhy, la bouteille a été sifflée par Roy ». Des sacrées lumières, ces cajuns., je vous le dis. Surtout lorsqu’on les voit viser en l’air avec leurs armes automatiques quand ils sont attaqués au sol par des petites araignées.

Finalement, en y réfléchissant, Griff Furst a réussi son pari. En effet, cela faisait très longtemps que je n’avais pas autant ri en visionnant une bouse de Syfy (tiens, d’ailleurs c’était Mega Piranha). Enchainant gags volontaires (les joueuses de baseball descendent du bus par l’arrière, aperçoivent les araignées, et remontent dans le bus par la porte avant), bourdes techniques (pléthore de faux raccords) et idées farfelus (voir ces monstrueux insectes courir, tel des araignées d’eau, sur le Mississipi à la poursuite d’un yacht, cela vaut le coup d’œil), Arachnoquake est un spectacle divertissant, à la condition de l’appréhender au second (voire troisième) degré. Mieux, en adoptant cet état d’esprit, le spectateur pourra constater que les effets spéciaux affichent un niveau de qualité tout à fait convenable (au regard du budget alloué, bien entendu). Assez bien modélisées, avec un design assez comique, correctement incrustées dans l’image, les fameuses araignées composent un spectacle assez amusant à visionner. Au final, le métrage de Griff Furst présente tous les ingrédients – hormis les habituelles bimbos déshabillées (il y a bien la jolie Olivia Hardt mais son rôle ne nous permet pas de se rincer l’œil) – pour que l’amateur de nanar passe une agréable soirée, en compagnie de quelques potes peu exigeants en matière de cinéma.

La conclusion de

Ben, comme l’on peut s’y attendre à la lecture de son titre, Arachnoquake est un nanar parfaitement assumé (Active Entertainment, compagnie produisant le film, joue dans la même cour que The Asylum ou Nu Image). Souvent, quand le ton est volontairement forcé, l’œuvre échoue dans son entreprise. Pas ici. Griff Furst est suffisamment malin pour arriver à trouver un équilibre dans le style de traitement. Le film est donc très con, assez mal foutu, doté de lignes de dialogue affligeantes mais assez rigolo. A cela, il faut rajouter des effets spéciaux convenables, qui nous offrent le spectacle d’araignées bien sympathiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar assumé, mais divertissant
  • Des FX assez sympathiques

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Des dialogues stupides
  • Une réalisation peu scrupuleuse

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