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Critique du Film : The Dead
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Critique du Film : The Dead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 16 mars 2012 à 1654

Apocalypse noire

Les morts se sont relevés. Dans une Afrique de l’Ouest plongée dans le chaos, le chemin d’un mercenaire américain croise celui d’un déserteur de l’armée du Sierra Leone. Le premier cherche un moyen de quitter le pays, l’autre fait route vers le nord, pour un camp de réfugiés où il espère retrouver son jeune fils. De cette rencontre va d’abord naitre une alliance purement intéressée, teintée d’une méfiance réciproque, qui va lentement se transformer en une véritable amitié. Débute alors un étrange et terrifiant périple au cœur d’un pays transformé en antichambre de l’Enfer...

Un monde plongé dans une apocalypse zombie, quelques survivants cherchant une utopique échappatoire... Finalement, The Dead, avec ses marées de morts-vivants déchirant les chairs et se fracassant sur les barricades composant les fragiles refuges des survivants désespérés, se construit sur des bases désormais assez communes. On ne compte plus aujourd’hui le nombre de films, de séries télévisées, de romans et de comics books exploitant ce thème initié à la fin des années 60 par George A. Romero. Les réalisateurs, Howard J. Ford et Jonathan Ford, se sont d’ailleurs bien inspirés des classiques du cinéma d’horreur, délaissant le mythe du zombie «moderne» (la créature enragée des films de Danny Boyle) pour nous offrir la vue de coriaces cadavres ambulant, titubant sur leurs jambes meurtries, lents mais inépuisables, profitant du moindre moment de distraction de leurs proies pour les noyer sous le nombre.

Comme, de plus, le duo de cinéastes a choisi de  pousser assez loin son aspect graphique par l’introduction de très nombreux plans gores, The Dead, avec ses membres arrachés, ses éviscérations et ses têtes explosées évoque au final autant le cinéma de George A. Romero que celui, encore plus glauque, de Lucio Fulci. D’ailleurs, en découvrant ces paysages d’Afrique noire (le tournage a eu lieu au Burkina Faso) et ces villages de cases envahi de cadavres en putréfaction affamés, on ne peut s’empecher d’y voir quelques références avec L'enfer des zombies, l’un des grands classiques du cinéma gore qui se déroule sur une île des Caraïbes - voire Virus Cannibale / L'enfer des morts-vivants, de Bruno Mattei, dont l’action se place également en Afrique.  L’amateur de cinéma de genre appréciera donc fortement cette initiative des frères Ford, qui tend à restituer l’atmosphère oppressante et macabre des œuvres qui ont construit leur cinéphilie. Il est également bon de signaler que, malgré un budget assez étriqué, les effets spéciaux et les maquillages sont en tous points convaincants en évitant autant que possible le recours au numérique. Il n’est pas rare d’esquisser une grimace de dégout devant les passages les plus craspecs du métrage et, une nouvelle fois, l’on se rend de l’efficacité des méthodes traditionnelles.

Comme signalé plus haut, le scénario de The Dead ne présente pas grand chose de remarquable. Il peut se résumer à un road movie horrifique sans rebondissement qui s’achève par une conclusion ouverte pas forcément optimiste mais pleine de bons sentiments. Le récit en lui-même, à trop coller aux préceptes du genre, n’évite pas les clichés et se révèle vraiment trop prévisible, notamment lors des passages horrifiques. La plupart des jump scares font long feu et il est très aisé d’anticiper les évènements, ce qui, bien entendu, désamorce toute éventuelle tension. Dans les moments les plus durs, l’on se contente donc d’admirer une réalisation soignée, riche en plans bien dégueux, tout en regrettant que les cinéastes n’aient pas essayé de faire preuve de plus d’originalité. Pourtant, alors qu’il aurait été logique de voir en The Dead une énième et insipide série B, on se surprend  à trouver le spectacle agréable et c’est volontiers que l’on accompagne le duo… Principalement grâce au choix de traitement, qui lorgne autant vers l’art contemplationniste que vers le pur survival.

Avec sa réalisation posée, son rythme pesant et sa photographie cotonneuse, The Dead se pose comme un film de zombies atypique. Usant des morts-vivants comme des pièces intégrantes de ce paysage hostile (au début du film, la route de Murphy croise celle, hasardeuse, d’un zombie. Au lieu de le descendre, le héros se contente de le contourner tranquillement, comme n’importe quel obstacle naturel), les frères Ford jouent des focales et s’attardent autant sur les paysages envahis de morts-vivants que sur les séquences d’agression, donnant à ce spectacle post-apocalyptique des allures de fresques picturales aux fragrances ésotériques (on retrouve encore une fois le sens de la poésie macabre de Lucio Fulci). C’est dans cet environnement quasi surnaturel - plus par des ressentis esthétiques que par des quelconques aspects métaphysiques - qu’évoluent deux êtres s’accrochant désespérément à leurs espérances. Espoir de retrouver les êtres qui leur sont chers, comme si ces retrouvailles pouvaient les sortir de ce cauchemar éveillé. Utopie.

Et finalement, c’est cette aura étrange et envoutante qui fait tout l’intérêt de The Dead. A aucun moment, l’esthétisme du cinéma des frères Ford ne faiblit (la fantasmagorique traversée du désert est le meilleur passage du film). Un style qui nous fait, sinon oublier, du moins accepter, les faiblesses d’un scénario très dépouillé et les quelques petites fautes de gout qui apparaissent ici ou là. Ils sont bien aidés dans leur démarche artistique par les jeux tout en sobriété des deux acteurs principaux, Rob Freeman (le lieutenant Brian Murphy, un nom prédestiné au regard de ses mésaventures) et Prince David Osella (le sergent Daniel Dembele), qui s’effacent devant la beauté macabres des images. Se fondant dans le décor, jouant de sobriété, les comédiens - qui interpretent, force est de l’admettre, des personnages assez grossièrement dessinés - apparaissent presque comme de simples guides touristiques nous faisant visiter une version infernale de l’Afrique de l’ouest.

La conclusion de

Il est des petits films dont l’on attend rien et qui, pour différentes raisons, nous surprennent. The Dead fait partie de cette sympathique catégorie. Bien inspirés, les frères Ford nous offrent là une oeuvre originale qui rend hommage au cinéma gore italien des années 80, en y ajoutant un intéressant aspect contemplationniste. Deux éléments aujourd’hui peu exploités, excellemment mis en valeur, et qui nous font oublier que The Dead n’est pas exempt de défauts, à commencer par un scénario extrêmement dépouillé et au déroulement prévisible. Un film imparfait, certes, mais assurément un bon film de zombies.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Des aspects esthétiques et contemplationnistes séduisants
  • Du gore bien craspec

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario un peu creux
  • Un déroulement prévisible
  • Des personnages alibi

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