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Critique du Film : Votre majesté
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Critique du Film : Votre majesté

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 28 juillet 2011 à 1810

Princess Crade

Etre le frère cadet du prince charmant n’est pas une sinécure. Le prince Thaddeous en fait la difficile expérience, d’autant plus que dans cette fonction subalterne, il n’est guère méritant. Obsédé, bedonnant et fainéant, il est même le désespoir de son père, le sage roi Tallious, qui n’a plus qu’à se consoler en vantant les exploits de Fabious, son fils aîné. Pour le cadet, la situation devient même quasiment insupportable quand Fabious, non seulement content de ramener une tête de cyclope à la cour, joint à ce trophée prestigieux une fiancée, la belle Belladonna, une belle au bois dormant qu’il a arraché des griffes du perfide sorcier Leezar. Diantre, n’y aurait-il que son frère à avoir droit à l’amour et la reconnaissance de tous ?

Loin de ces considérations, dans sa tour sombre, entouré de ses serviteurs inhumains, le vil nécromancien rumine sa vengeance. Poussé par une prophétie, aidé par ses trois mères sorcières aveugles et usant de ses puissants pouvoirs occultes, il fait soudainement irruption à la cour, durant la cérémonie de mariage, et kidnappe la jeune promise. Et voilà Tallious et Thaddeous (ce dernier est un peu poussé par son entourage, il est vrai) qui se lancent courageusement dans une quête aussi glorieuse que risquée : délivrer la fiancée avant que Leezar la déflore et acquiert la puissance des dragons !

Après le sympathique Délire Express, le cinéaste David Gordon Green (qui s’est fait un nom grâce à l’excellente série Kenny Powers) se hasarde sur le terrain mouvant de la parodie médiévale. Avec l’appui d’un casting prestigieux, soutenu par les 50 millions de dollars des studios Universal Pictures, le jeune réalisateur se lance ici dans une aventure aussi prometteuse que risquée. Restait à savoir s’il allait marcher sur les traces de gens méritant comme, par exemple, Brian Helgeland (l’amusant Chevalier) ou Rob Reiner (le génial Princess Bride), ou s’embourber dans les univers poussifs et vulgaires de Jason Friedberg et Aaron Seltzer, les papes du spoof movie moisi.

En fait, David Gordon Green a choisi de recycler des éléments des deux genres. Your Highness est donc une comédie moderne, qui use de termes contemporains et met en avant des « préoccupations » actuelles, tout en utilisant un comique vulgaire se situant principalement en dessous de la ceinture (recto et verso). On aurait pu, sans faire acte de pessimisme abusif, craindre le pire d’une telle alchimie mais, heureusement, David Gordon Green est un homme intelligent qui connaît les limites d’acceptation du spectateur sain d’esprit… et âgé de plus de huit ans. Il connaît aussi très bien ses classiques. Comme Mel Brooks ou les ZAZ (le trio composé de Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker), il exploite la vulgarité et l’humour scato, certes, mais uniquement quand cela sert, et fait avancer, l’intrigue. Alors, bon, c’est vrai, il faut apprécier cette façon extrêmement potache, slapstick et crétine d’approcher l’esprit comique, mais, dans le genre, Your Highness se situe dans le haut du panier (qui pue un peu le cul, si j’ose dire).

Allusions pédophiles, zoophiles et homosexuelles (amis gays, désolé de l’amalgame, on erre dans l’état d’esprit américain), flatulences impromptues et giclées de divers liquides d’origines douteuses figurent donc parmi le lot des éléments narratifs d’un scénario construit sur la forme de quête (on a même une bite pendentif !). Une aventure linéaire qui va conduire les principaux protagonistes du point A (le château des gentils) au point B (le château des méchants) via un chemin parsemé d’embûches et, bien entendu, riche en clichés détournés (l’oiseau mécanique) et en personnages caricaturaux (forcément grotesques et vulgaires).  Autre différence entre ce film et les spoof movies ; ici, on ne récupère pas de séquences de blockbusters pour les détourner, on puise dedans pour construire de vrais personnages, comme l’aurait fait Mel Brooks s’il s’était penché sur les univers fantasy (le film de David Gordon Green évoque d’ailleurs son Robin des Bois). Finalement, Thadeous, Fabious, Isabel et Leezar ne sont pas de simples accessoires de gags, ils composent carrément l’histoire ce qui rend leurs dialogues vivants et amusants.

Bien qu’il ait toujours su que son film ne pourrait jamais être autre chose qu’une crétinerie divertissante, David Gordon Green n’en a pas pour autant négligé la réalisation. Il offre donc ici aux spectateurs (ils furent hélas rares lors de la sortie américaine) un blockbuster de fantasy de facture tout à fait honorable, riche en effets spéciaux spectaculaires et en séquences épiques. Son choix de réalisation use d’ailleurs du même dosage que pour le mélange des genres, avec un mixage de plans d’expositions classiques et de plans plus nerveux, opérés en steadycam ou en caméra épaule. Il est d’ailleurs bon de noter que les séquences de combat sont particulièrement efficaces. Mention bien également pour les maquillages et les images CGI, avec, entre autres, un minotaure (très bien outillé !) vraiment réussi, une main hydre bien pensée et un mage « starwarsien » obsédé très marrant.

Aussi réussi soit-elle techniquement et conceptuellement, Your Highness reste une comédie grossière, sans réelle valeur intrinsèque. La présence d’un casting haut de gamme ne pouvait donc que lui faire le plus grand bien. En effet, si l’on met de coté la présence d’un Danny McBride (Le monde [presque] perdu, Délire Express) assez méconnu dans l’hexagone, le casting de Your Highness, c’est la piste aux étoiles ! Le plus génial, c’est que toutes ces stars s’amusent à interpréter ces personnages déjantés. James Franco (épatant en caricature de prince charmant), Charles Dance (en roi débonnaire), Justin Theroux (en vilain sorcier), Toby Jones (transformé en hobbit perfide à la manière de Ian Holm dans le Seigneur des anneaux), Zooey Deschanel (en princesse idiote) et le trop rare Damian Lewis (en amoureux éconduit) sont tout simplement très drôles. Et puis, il y a Natalie Portman. Au-delà du buzz du string et de la culotte virtuelle qui a fait le tour de l’Internet (de toute manière, sur le plan de dos, quand elle plonge, elle est doublée par Caroline Davis), l’actrice est absolument craquante en ranger style D&D. Le fantasme de tout geek fan d’univers medieval fantastique. Cerise sur le gâteau : elle est en plus souvent drôle !

La conclusion de

Un peu trop descendu, à mon avis, lors de sa sortie US, Your Highness est déjà un bide au box office. Pourtant, le film de David Gordon Green, à la condition que l’on apprécie les comédies potaches et référentielles, est un spectacle assez divertissant. Certes, c’est parfois un peu lourd, c’est toujours très vulgaire, mais, dans le genre, Your Highness fait bien mieux que la plupart des spoof movies actuels, principalement grâce à une bonne réalisation, des personnages bien dessinés et quelques idées très amusantes

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation correcte
  • Un humour potache qui fonctionne souvent
  • Un casting de luxe
  • James Franco et Natalie Portman, savoureux
  • Des effets spéciaux de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Des passages vraiment lourds
  • Cela reste du divertissement bas de gamme

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