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Critique du Téléfilm : Vipères
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Critique du Téléfilm : Vipères

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 1 juillet 2011 à 0025

Vipères au point

Décidemment, le docteur Sourire n’a pas de bol. Lui qui, après un traumatisant service en Irak, n’aspirait qu’à un peu de tranquillité en acceptant un poste de médecin sur une petite île paisible, voilà que le coin se retrouve soudainement envahi de vipères à cornes mutantes (c’est les vipères qui sont mutantes, pas seulement leurs cornes, comprenons-nous bien). Echappées d’un centre cancérologique expérimental, des centaines de ces redoutables reptiles ont traversé la baie à la nage (bouffant tous les poissons au passage, mais en négligeant leurs têtes) et se sont répandus sur l’île. Leurs premières victimes? Des jeunes mariés qui auraient mieux fait de se plier à la coutume en choisissant comme voyage de noce un séjour à Las Vegas plutôt que de faire du camping dans ce bled paumé. Ils ne seront pas les derniers, car les serpents ont sacrément la dalle...

Pour en revenir à notre docteur Sourire, il faut dire que les choses n’avaient pas très bien débuté. A peine arrivé, il s’est vite rendu compte que les membres de cette petite communauté de pécheurs avaient le sang beaucoup plus chaud que le fruit de leur labeur. On dira qu’ils ont le coup de poing facile, même les filles. Surtout les filles, en fait. Bosses, plaies et contusions sont donc des maux courants en ce lieu. Heureusement, le docteur Sourire détient un petit remède miracle, qui marche quelque soit la gravité de la blessure: «il faut utiliser de la glace", dit-il à ses patients. Vous avez la tronche amochée? «Appliquez de la glace!" La main fracassée? «Prenez-ça, mais surtout, n’oubliez pas la glace!". Bref, c’est quasiment magique. Hélas, tout remède à ses limites et le docteur Sourire va apprendre que sa méthode est inefficace à soigner les morsures de serpents génétiquement modifiés, surtout quand ceux-ci sont capables de déchiqueter un être humain à grand coups de mâchoires. Et comme la pharmacie du cabinet médical de son prédécesseur ne contient guère plus qu’un bac à glaçons, vous voyez de suite le problème auquel se retrouve confronté le jeune docteur (qui ne perd cependant pas le sourire).

Le docteur va alors tomber sous le charme de Nicky (Tara Reid, entre deux cures de désyntox), ce qui va entretenir d’autant plus son caractère enjôlé (qui a dit crétin?). Il faut dire qu’elle est un peu spéciale, cette fille des îles. En plus d’être très jolie, elle cultive des plans de marijuana (elle est donc cool), sait démarrer une voiture sans les clés (elle est donc dégourdie), possède un bon direct du gauche (elle est donc énergique) et aucune cellule de prison ne sait la retenir (elle est donc rebelle). En conséquence, le docteur Sourire étant expert dans l’art du lancer du couteau, le couple qu’il va former avec la jeune femme va donner du fil à retordre aux envahisseurs rampants, et à leurs créateurs (scientifiques et hommes de main), qui vont débarquer pour régler le problème à leur manière - que l’on peut juger un peu expéditive.

Téléaste connu pour ses participations aux célèbres série 21 Jump Street, Un flic dans la mafia et, plus récemment, Mutant X, le canadien Bill Corcoran nous propose ici son second film de la collection Maneaters - après un désopilant nanar intitulé La fureur des gargouilles. A cette occasion, il cherche à remplir un cahier des charges en tout point identique, avec la mise en boîte d’un film débile mais bénéficiant de sa grande expérience en matière de réalisation. Pas de problème; le film est, du point de vue purement technique, assez satisfaisant si l’on prend en considération la faiblesse des moyens alloués et l’ambition affichée, qui est de proposer au public un téléfilm divertissant et rythmé. Au final, le clou du spectacle consiste à une série d’attaques opérée par des serpents modélisés et animés en CGI, qui affichent des caractéristiques totalement irréalistes, avec notamment un degré de férocité qui rivalise sans problème avec celui d’un grizzly souffrant d’une rage de dents.

Persévérantes et vicieuses, les vipères s’introduisent partout. Aucune barrière ne leur résiste. Cela entraine parfois des situations aussi stupides qu’amusantes, comme lorsqu’une jeune femme alitée pense que la langue d’un reptile sous sa plante des pieds est celle de son amant (bizarrement, elle n’entend pas que celui-ci est dans la salle de bains, chantant tout en prenant une douche). Voraces, les créatures bouffent totalement leurs victimes, os compris, ne laissant sur place que quelques fringues déchiquetées et ensanglantées. Par leur multitude, elles sèment la panique dans les lieux publics, sautant à la gorge de leurs victimes comme une bande de chiens enragés. Bref, tout un lot de facultés extraordinaires dont les origines ne seront aucunement justifiées (en fait, la manipulation génétique visait à améliorer les propriétés anticancéreuses de leur métabolisme). Par contre, elle possède une faiblesse que vont exploiter les habitants de l’île: une hypersensibilité aux températures extrêmes.

Comme c’est souvent le cas dans ce type de productions, les personnages humains, eux, ne sont là que pour servir de faire-valoir aux monstres, qui sont les véritables stars du film. Il n’est donc guère la peine de préciser le manque d’épaisseur de leur construction. Seule une poignée d’individus se voit dotée d’un léger background, histoire d’entretenir un semblant de dramaturgie, justifier l’arrivée du médecin dans ce bled paumé et provoquer le début d’une romance. Au final, les réactions des personnages sont extrêmement prévisibles, leur manque d’épaisseur fait que l’on ne s’y attache guère et leur mort nous indiffère totalement. Evidemment, dans ces conditions, force est de dire que les comédiens ne nous proposent pas des performances mémorables. Et cela même si l’on a plaisir à voir Don S. Davis dans l’un de ces derniers rôles (il interpréte le médecin qui part à la retraite). Au contraire, l’on peut même trouver certains d’entre eux assez perfectibles, comme Tara Reid (jolie, certes, mais insipide), voire mauvais, comme Jonathan Scarfe, dont le visage n’offre qu’une expression - un sourire crétin. C’est d’autant plus gênant qu’il interpréte le rôle principal. A noter la présence de Corbin Bernsen dans le rôle du salaud de service (comme souvent), à savoir le patron de l’entreprise responsable de la situation.

La conclusion de

Les films du catalogue Maneaters ne brillent généralement pas par leurs qualités. Vipères, qui met en scène l’attaque de vipères génétiquement modifiées sur une petite communauté insulaire, n’est pas le plus mauvais. Bénéficiant de l’expérience de Bill Corcoran en matière de réalisation, on peut même dire qu’il est par moment divertissant. Dommage que le scénario, qui présente une intrigue très faible et des personnages transparents, n’arrive à aucun moment à rendre l’histoire un tant soit peu accrocheuse.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation correcte
  • Quelques séquences amusantes

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue inintéressante
  • Des attaques surréalistes
  • Des personnages transparents
  • Une interprétation perfectible
  • Des FX médiocres

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