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Nous sommes la nuit >

Critique du Film : Nous sommes la nuit

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 2 mai 2011 à 17:31

Lesbian Vampire Club

Louise, un sourire sadique aux lèvres, répondant à sa nouvelle initiée au sujet de l'existence de vampires males: "il n'y en a plus depuis longtemps. Trop bruyants, trop brutaux, trop suffisants, nombreux ont été détruits par les humains. Nous nous sommes occupés des autres". Une réponse aussi vindicative que surprenante, surtout si l'on étudie un tant soit peu le comportement des membres de son petit clan de vampires lesbiennes, comme va pouvoir le faire le spectateur de Nous sommes la nuit. Invité à accompagner le trio de vampires dans ses échappées nocturnes, il va alors se rend vite compte de la futilité et du manque de maturité de leurs loisirs. En fait, Louise et ses copines, malgré un âge canonique qui aurait dû les amener à acquérir un brin de sagesse, passent leurs nuits à se déhancher sur la musique techno moisie comme des adolescentes délurées, à fréquenter un milieu underground de pacotille, à assassiner sans discernement ni prudence, à faire des pointes de vitesse dans des voitures de luxe, à baiser sans sentiment et à aligner les lignes de coke sans aucune retenue. Une vie de débauche dans le fond assez agréable mais qui, force est de l'admettre, ne brille guère par une quelconque réserve, et encore moins par son niveau intellectuel. Alors, critiquer ainsi la gente masculine, chère Louise, c'est un peu voir la paille dans l'oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien. Et toc!

Cette existence faite de superficialité, d'insouciance et de plaisirs saphiques, Lena, une jeune délinquante, va se voir "invitée" à la partager. Elle va alors découvrir que les femelles vampires utilisent presque uniquement leurs pouvoirs pour s'introduire de nuit dans les grands magasins - afin de s'y livrer à un shopping sauvage - ou dans les établissements de luxe et les night clubs, pour s'y livrer à des orgies de sexe, de drogue et de sang, et cela sans voir naitre en elles une quelconque lassitude. Evidemment, dés qu'une femme se retrouve transformée en une créature de la nuit, elle devient systématiquement bisexuelle et se voit forcément adopter un profil psychologique de pétasse ou de chipie. Ainsi, véritable incarnation d'un féminisme exacerbé et décérébré, porte-flambeau d'un « girl power » castrateur, le vampire femelle traite les hommes comme des êtres méprisables, des jouets sexuels et un apport de viande fraiche et succulente ("quand un homme s'énerve, son sang devient plus sucré!" nous informe Louise). Bref, le vampire femelle est une mante religieuse, doté du QI d'une mante religieuse, mais portant mieux escarpins, strings et bas nylons (ou les fringues de Cindy Lauper si elle a adopté le profil chipie). Ah oui, elle aime aussi marcher au plafond.

Noyée dans cet univers de clichés classieux et tape à l'œil digne d'un métrage de Michel Ricaud, Lena, la nouvelle élue de Louise, fait un peu tache -  quand bien même sa transformation en vampire lui a attribué un joli look à la Juliette Binoche. On ne comprend d'ailleurs pas trop cette histoire de "don", une faculté qu'ont certains humains, comme Lena, à pouvoir devenir des vampires. Tout simplement parce cela ne nous est pas expliqué. D'ailleurs, Lena, probablement trop perturbée par les tumultes de cette nouvelle vie, ne pose aucune question sur le sujet à ses ainés. On apprend juste, images à l'appui, que lorsqu'un vampire mord un humain possédant le "don", il (le vampire) se retrouve projeté contre un mur des toilettes publiques. Puis, quelques nuits suivant la rencontre, la victime se voit pousser des dents, son reflet disparait dans le miroir de sa salle de bain et, soumis au soleil, son épiderme grille comme une merguez sur un barbecue. Enfin, lui vient une furieuse envie de sang - heureusement, il y a du foie dans le frigo. Un processus immuable, très mal vécu par Lena. En effet, la jeune fille ne va pouvoir se résoudre à tomber dans la douce damnation qu'est la vie de Vampirella et va même trouver un soutien inattendu en un policier qui s'est lancé à sa recherche, plus par attirance physique que par devoir.

Il serait cruel, mais pas pour autant injuste, de dire que Dennis Gansel arrive avec vingt ans de retard. C'est une évidence: de par la thématique qui y est développée, Nous sommes la nuit peut apparaitre aux yeux des cinéphiles comme une vulgaire variation de Génération Perdue ou d'Aux frontières de l'aube - les pétasses à la Paris Hilton remplaçant ici les loubards des années 80 (de là à dire que les poufs sont les rebelles d'aujourd'hui... C'est un pas que je ne franchirai pas). Forcément, dans ces conditions, le récit, plombé par une myriade de clichés et des rapports entre des personnages stéréotypés  - dont les profils ne différencient guère des éléments lesbiens des scripts de la Hammer (on pense aussi à Jean Rollin et ses femmes vampires) - peine à nous accrocher. Seul le personnage de Charlotte (une ex-actrice de film muet), la femme vampire la plus posée et la plus mélancolique, est apte à éveiller l'intérêt d'une audience initiée au genre. La séquence où elle rend visite à sa fille agonisante dans un hôpital de long séjour est d'ailleurs, du point de vue dramatique, la plus réussie du film.

Mais si la structure narrative de Nous sommes la nuit manque trop d'éléments novateurs pour être satisfaisante, l'on ne peut pas en dire autant de la réalisation, qui surprend par son efficacité. Certes, l'élément putassier propre au gothisme moderne est ici encore extrêmement exploité et l'on a donc droit à l'inévitable série de plans racoleurs, filmés dans des boites de nuit, où des filles en tenues sexy se trémoussent sous une photographie chiadée (cela aurait pu cependant être efficace si le traitement avait été moins prude mais, hélas, Dennis Gansel a joué la carte du grand public).  Cependant, mise à part ces aspects purement cosmétiques, Nous sommes la nuit laisse apparaitre une réalisation des plus satisfaisantes, avec quelques efficaces séquences d'action aux éléments gore, des effets spéciaux discrets mais réussis et un montage suffisamment travaillé pour que le rythme ne faiblisse pas trop (malgré un enlisement de l'intrigue en milieu de métrage). Dans le registre technique, on retient surtout le féroce combat final entre Louise et Lena et la sanglante ouverture du film se déroulant dans un avion de ligne, tous deux particulièrement réussis - si l'on tient compte, bien entendu, des modestes moyens mis à la disposition de Gansel. Mention bien, également, pour les maquillages, notamment ceux qui marquent les étapes de la transformation de Lena.

Pour ce qui est de l'interprétation, on pourrait qualifier l'ensemble d'inégal. Le "maillon faible" est incontestablement Nina Hoss, qui interprète Louise. La comédienne manque trop de magnétisme pour être crédible dans un rôle de "reine" vampire. Elle est même parfois disgracieuse, ce qui est gênant pour incarner une créature qui, une fois sa nature vampirique révélée se voit dotée d'une apparence irrésistible  (comme le prouve la rapide métamorphose de Lena lors de la séquence du bain). Le reste du casting, heureusement, se débrouille mieux. Dans la peau d'une jeune rebelle qui se retrouve brusquement transposé dans un univers aussi horrible que séduisant, Karoline Herfurth s'en sort plutôt bien. Même si parfois son rôle de teen vampire chialeuse met notre patience à rude épreuve, l'actrice parvient à nous offrir la vision d'un personnage sensible et finalement attachant. Toutefois, malgré les beaux efforts d'Herfurth, la comédienne la plus convaincante du film remplit un  rôle de soutien. Jennifer Ulrich nous séduit tout d'abord par sa beauté et son élégance naturelle, puis par la nature de son personnage - froid, cruel, et terriblement triste - qui est finalement le plus intéressant du lot. Un personnage de tueuse qui peut également faire preuve d'un inattendu sens de l'humour (noir), comme lorsqu'elle s'écrase une cigarette allumée dans l'œil pour effrayer ses voisins de table au restaurant.

50

Dans le registre du film de vampire, force est de dire que l'on a vu bien pire que Nous sommes la nuit. Si j'osai et hormis le fait que le public ciblé n'est pas tout à fait identique, je dirai même que le film de Dennis Gansel n'a rien à envier à un teen movie comme Twilight. Par contre, si on le compare à de petits bijoux dramatiques comme Let Me In ou des séries B musclées du type 30 jours de nuit, on est obligé de se rendre à l'évidence: le scénario, qui exploite une mythologie vampirique trop classique (voire ringarde) et bourrée de clichés, est trop peu remarquable pour pouvoir tenir la comparaison. Reste que le film présente de nombreuses qualités techniques, qui compense bien ce manque d'originalité. Au final, Nous sommes la nuit est un très honnête spectacle qui mérite son visionnage en DVD.

Critique de publiée le 2 mai 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une bonne réalisation, des effets spéciaux satisfaisants 
  • Un aspect gore bienvenu
  • Quelques belles séquences
  • Une narration sans trop de temps morts

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario un peu ringard
  • Un casting inégal
  • Un traitement très prude
  • Un aspect putassier un peu ridicule

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