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Critique du Téléfilm : Lost Colony
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Critique du Téléfilm : Lost Colony

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 21 février 2011 à 1710

Les spectres du Nouveau Monde

Le 22 juillet 1587, 117 hommes et femmes de nationalité anglaise s'établissent sur Roanoke, une île située à quelques miles des côtes de l'actuelle Caroline du Nord. Cette expédition, organisée et financée par le célèbre sir Walter Raleigh (qui désire par ce moyen contrer l'expansion des colonies espagnoles établie en Floride), dirigée par le gouverneur John White, s'installe sur un site déjà reconnu par deux précédentes expéditions. Un évènement important, car c'est la première fois que des civils de nationalité britannique tentent d'établir une colonie de l'autre coté de l'Atlantique (la deuxième sera Jamestown, en 1602). Cela n'est cependant pas la seule raison qui fait que l'histoire des colons de Roanoke est aujourd'hui aussi connue des citoyens américains. Il y a tout d'abord un évènement heureux, avec la venue au monde, le 18 aout 1857, de Virginia Drake, la première anglaise à naitre sur le sol américain. Puis, il y a une autre raison, basée sur un fait nettement plus dramatique... et considéré comme très étrange.

En septembre 1857, John White décide de rentrer en Angleterre pour solliciter auprès de la reine Elizabeth plus de colons et de matériaux. L'attaque de l'Invincible Armada et le blocus espagnol contrarie ses plans de ravitaillement et il ne peut retourner en Amérique qu'au cours de l'année 1590. Quand il arrive sur Roanoke, tous les habitants de la colonie ont disparu sans laisser de trace. Seule une inscription gravée sur un poteau ("Croatoans", qui est le nom de l'une des tribus amérindiennes établies dans la région) peut laisser entendre que les colons ont eu quelques démêlés avec ces indiens du peuple Algonquien, surtout que les rapports entre européens et indigènes ont toujours été assez tendus (la première expédition de 1585, essentiellement militaire, avait dû quitté les lieux précipitamment, effrayée par l'hostilité des powhatans et des roanacs, deux autres tribus locales). Cependant, malgré qu'il soit fort possible que les ces colons abandonnés sur Roanoke, pratiquement sans réserve de nourriture, aient été contraint de fuir ou massacrés par les autochtones, le fait qu'il n'ait été retrouvé sur les lieux aucune trace de lutte, ni de dégradation, a contribué à faire naitre l'un des plus célèbre mystères de l'histoire de l'Amérique, baptisé Le mystère de la colonie perdue.

De nombreux auteurs et romanciers y ont été de leurs théories et de leurs délires (Stephen King, Robert E. Howard...). Mauvais esprits, Tribu Sans Nom, Dévoreur, nombre d'entités fantastiques ont été accusées d'être les responsables de la disparition de ces braves colons anglais. Dans Lost Colony, un téléfilm Syfy réalisé par Matt Codd, le scénariste Rafael Jordan a opté pour la classique intervention surnaturelle tout en introduisant dans les évènements un autre fait "historique": la découverte du Vinland et de la côte virginienne par les explorateurs islandais. Il nous raconte ici l'histoire d'une poignée de ces hommes du nord qui, suite à un "exorcisme" ayant mal tourné, voient leurs âmes coincées sur Roanoke. Désormais transformés en spectres errant dans les bois, ces vikings privés de Walhalla doivent, pour subsister, se nourrir de l'essence vitale des habitants de l'île et, bien entendu, l'arrivée des colons ne manque pas d'aiguiser leur appétit (les indiens, eux, évitent les lieux comme la peste). Avec Lost Colony, l'on a donc affaire à de pauvres aventuriers tombant de Charybde (des indiens hostiles) en Scylla (des spectres vikings).

Bon, autant le dire tout de suite, l'aspect fantastique du script de Lost Colony est franchement trop tiré par les cheveux pour que l'on y adhère plus de cinq minutes. Des fantômes vikings qui ont peur de l'eau, qui arrivent à donner vie à la forêt, qui libèrent des nuées de mouches, qui sont sensibles au balles (ou pas) quand il se hasardent hors des bois, autant d'éléments abracadabrant qui annihilent toute le capital crédibilité d'une histoire qui souffre déjà d'un manque de logique dans le comportement de ses colons. En effet, il faut savoir que ces anglais superstitieux (et avertis!) n'hésitent jamais à quitter la sécurité d'un fort pour s'aventurer dans les bois à la poursuite d'une ombre furtive, seuls et de nuit. Par ailleurs, ils ne s'étonnent pas d'y apercevoir, à des milliers de kilomètres de toute civilisation, une mystérieuse femme au visage dissimulé sous une capuche. Du moins pas suffisamment pour éviter de trop s'en approcher. Et que dire d'Ananias Drake, ce héros, qui, par le plus grand des hasards, maitrise parfaitement l'écriture et la langue norroise?

A coté de cela, et heureusement pour le niveau d'intérêt du film, Matt Codd a réussi à insuffler un brin de réalisme dans cette petite fresque traçant la destinée de la colonie de Roanoke. En effet, malgré un tout petit budget, Lost Colony n'affiche pas un rendu trop kitch et l'aspect reconstitution (décors, accessoires et costumes), tout comme la mise en scène, sont deux aspects suffisamment soignés pour rendre l'ensemble agréable à l'œil (on l'a même droit à un débarquement des colons, avec, en fond de cadre, deux fières frégates anglaises en mouillage). Et même si c'est un peu moins le cas quand interviennent les quelques représentants des peuples indiens, avec des autochtones affichant des profils et des peintures tribales à l'artificialité toute "hollywoodienne", le spectacle reste toutefois acceptable. De plus, même si le récit reste assez fantaisiste dans ses détails, quelques passages véridiques tentent de donner de la densité à l'histoire avec, par exemple, la reconstitution de ce stupide raid mené contre la seule tribu indienne qui n'est pas totalement hostile aux colons. Par contre, il est évident que la réalisation peine à imposer un bon rythme. Victime d'un scénario sans ressort, le métrage traine comme un boulet le manque de rebondissement de son récit et se déroule avec une régularité métronomique. Ses seules surprises résident en fait dans ses incohérences, comme lors de ce final, où les spectres attaquent en plein jour (ils utilisent leurs pouvoirs pour masquer le soleil avec des nuages d'orage). Notons d'ailleurs que ce manque de dynamique n'est guère contrarié par le jeu des comédiens, qui s'avère d'une manière générale assez lymphatique (l'endormi Adrian Paul en tête de file).

Pour ce qui est des effets spéciaux, Matt Codd a décidé d'en montrer beaucoup, ce qui est très courageux de sa part. Hélas, il aurait mieux valu qu'il s'en abstienne. Ce n'est pas que ces spectres (les très classiques ectoplasmes translucides et bleutés) réalisés à base d'images numériques aient des apparences absolument ridicules (naïves, certes, mais pas ridicules) mais force est d'admettre que, plongés dans un environnement voulant entretenir une atmosphère angoissante et crépusculaire, ils font l'effet d'une mouche dans le lait. On est également surpris de leur comportement, assez absurde. Ainsi, il est difficile d'accepter que ces créatures surnaturelles, après avoir réussies à pénétrer dans l'enceinte du fort et pris le dessus sur les colons, ne poussent pas leur action jusqu'à son terme (ce qui, évidement, aurait mis prématurément fin au récit). Au lieu de cela, ils se volatilisent une nouvelle fois, au grand soulagement des colons survivants, tout cela pour que le métrage puisse durer quelques minutes supplémentaires. Au final, il est évident qu'il aurait mieux fallu que Matt Codd use de plus de subjectivité, avec, pourquoi pas, un processus de possession, plutôt que nous offrir la vue de ces grossiers ectoplasmes au style graphique guère effrayant semblant sortir tout droit de SOS Fantômes ou de Fantômes contre Fantômes. A défaut de nous offrir un spectacle plus effrayant, un peu plus de subtilité aurait au moins permis au film de dégager une véritable ambiance fantasmagorique.

La conclusion de

Modeste téléfilm prenant son inspiration sur l'une des plus célèbres énigmes de l'histoire de l'Amérique, Lost Colony peine à convaincre, principalement en raison d'un scénario bourré d'invraisemblances et d'une réalisation trop poussive. A coté de cela, le spectacle reste regardable, notamment par le fait que Matt Codd s'est penché à mettre en forme, de la meilleure des façons possibles, un petit aspect reconstitution historique, qui se déroule dans un agréable décor naturel.

Que faut-il en retenir ?

  • Un effort dans la reconstitution historique
  • Une base doté d'un intérêt pédagogique
  • De beaux décors naturels

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation sans panache
  • Un scénario invraisemblable
  • Une interprétation mollassonne
  • Des spectres peu effrayants

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