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Critique du Film : Laisse moi entrer
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Critique du Film : Laisse moi entrer

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 20 octobre 2010 à 1857

Un remake très pauvre...

Il est désormais coutume, dans l'industrie cinématographique hollywoodienne, de s'emparer des films étrangers à fort potentiel - commercial ou artistique - pour les remaker et les adapter à la sauce américaine. Bien souvent, ces entreprises artistiquement douteuses ne servent qu'à remplacer des acteurs pas très anglophones par qu'autres plus bankable, mais également de profiter de l'effet de popularité dont peut jouir, au moins à l'international, le malheureux modèle qui va se retrouver dépossédé de sa popularité aux yeux du grand public. A ce petit jeu, divers type de produits débarquent sur les écrans, des copies carbones (En quarantaine) au film structurellement différent qui ne partage plus grand chose avec l'original (Mirrors) en passant par ceux qui ont bénéficié d'une prise en main plus ou moins poussée des réalisateurs (The Eye). Le processus est donc sur le principe complètement ridicule, mais arrive, de temps en temps, à accoucher de film possédant un minimum d'intérêt.

A la base, remaker Morse ne laissait pas forcément espérer quelque chose de mauvais. En effet, à la base, n'oublions pas que le film de Tomas Alfredson était une adaptation d'un roman de John Ajvide Lindqvist - Let the right one in - et que, comme toute transposition cinématographique, une version américaine pouvait laisser espérer un regard nouveau sur l'histoire racontée. Bien sur, sans vouloir tirer de conclusion prématurée, le fait d'avoir choisi le réalisateur de Cloverfield pour mener à bien ce projet n'avait rien de très rassurant, et tendait à prouver qu'un faiseur sans grande personnalité avait été choisi comme metteur en scène. Et au final, les craintes étaient malheureusement justifiées, Laisse moi entrer n'ayant rien d'une nouvelle adaptation, mais se posant bien au contraire comme un véritable plagiat du film original, d'une pauvreté artistique telle qu'elle balance d'emblée le film au rayon des copies conformes sans personnalité.

Alors la bonne nouvelle, dans l'histoire, c'est que pour toute personne qui n'a pas vu Morse, Laisse moi entrer est un film plutôt sympathique, qui conserve une grande partie des qualités de son modèle. On est donc ici en face d'une histoire de vampire totalement hors-norme, possédant une ambiance très particulière, et où des morceaux de poésie se dégagent régulièrement de nombre de scènes. Dans les grandes lignes, tout ce qui faisait la force du long-métrage de Tomas Alfredson est ici présent : les moments clés de l'histoire, la construction des personnages, le déroulé lent et hypnotique, etc. Pour une production américaine - même si les capitaux sont anglais, l'ensemble de l'équipe créative vient des Etats-Unis - Laisse moi entrer s'impose même comme un film audacieux tant il s'éloigne de nombre de canons commerciaux liés au genre. Mais se laisser aller à dire que Laisse moi entrer est réussi reviendrait également à reconnaître que En quarantaine est un film intéressant...

En effet, ce qui fait la qualité du film au regard des non-initiés ne peut en aucun cas être imputé au travail de Matt Reeves, lequel, en copieur appliqué, a dupliqué presque scolairement le travail de Tomas Alfredson. Formellement, Laisse moi entrer est envoutant, dispose d'une esthétique magnifique - la photographie du film est particulièrement belle - mais s'avère artistiquement être sans aucun intérêt. On aurait aimé, ainsi, que cette adaptation américaine sache s'éloigner du film d'origine pour proposer quelque-chose de nouveau, quitte à s'éloigner du roman servant de base au scénario (changer le climat par exemple, aurait marqué une vrai différence visuelle). Le plus agaçant est que cette manière de photocopier un film s'apparente à une vaste arnaque destiné à spolier un vrai metteur en scène (et vu la capacité d'exportation du cinéma américain, nul doute que Matt Reeves va se faire, aux yeux du grand public, une belle réputation grâce au travail d'autrui).

Au niveau du script, la transposition laisse apparaître une "américanisation" de l'ensemble (sans que ce terme ne soit porteur d'aucun jugement, tout ce qui est différent est à prendre dans ce type de film). Ainsi, le scénario de Laisse moi entrer est beaucoup plus balisé, accompagnant le spectateur dans l'histoire en lui montrant systématiquement ce qu'il faut voir, ce qu'Alfredson n'avait pas fait dans Morse. Cela ce fait parfois de manière agaçante (la musique de Michael Giacchino qui devient sombre et pesante dès qu'il va se passer quelque chose de grave), mais avouons que cela prend le plus souvent la forme d'artifices efficaces (la déconstruction chronologique destinée à montrer au spectateur la fin pour qu'ils puissent mieux saisir les tenants et aboutissants du début). C'est pour cela, semble t-il, qu'a été ajouté le personnage du policier, pour formaliser à l'écran les divers questionnements des spectateurs et ainsi les aider à suivre le fil de l'intrigue. Globalement, il apparaît que ce que le film gagne en lisibilité, il le perd en richesse.

En fait, le film perd essentiellement de son intérêt à cause de certaines modifications politiquement correctes qui affadissent tout de même l'histoire. Le personnage principal (Owen, l'équivalent d'Oskar) est par exemple devenu un simple neuneu qui perd le côté légèrement psycho qu'il avait dans l'original, et, dans le même ordre d'idée, les petites frappes qui le traumatisent ne semblent pas être des enfants (mais combien de fois ont-ils redoublé pour être dans la même classe que lui ?). D'une manière similaire, on retrouve tout le long du film ce stygmate du cinéma américain qui tend à dire que les gens normaux ne peuvent pas faire des choses attroces ; c'est pour cela que l'on retrouve ici toute cette thématique des masques, les personnages se couvrant le visage dès qu'ils font des choses monstrueuses (et cela de manière littérale - le père et son masque - comme de manière métaphorique - Abby qui devient se transforme physiquement dès qu'elle se laisse aller à ses instincts de prédatrice). A ce niveau, Morse était plus subtil, plus questionnant, bref, nettement plus intéressant...

Lire la critique de Morse pour plus de détail.

La conclusion de

Au final, Laisse Moi Entrer est plus un remake qu'une nouvelle adaptation du roman de Lindqvist, et ce tant la mise en scène de Matt Reeves n'est rien de moins qu'un plagiat à peine dissimulé du travail de Tomas Alfredson. Cette version américaine de Morse n'est donc finalement pas si désagréable, tout ceux qui ne connaissent pas le film original y découvriront une histoire de vampires hors-normes, baignant dans une atmosphère envoutante et empreinte de poésie. Pour les autres, et, bien, c'est un film inutile d'une pauvreté artistique presque totale.

Si vous n'avez pas vu l'original : 07/10
Si vous avez vu Morse : 03/10

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire toujours aussi efficace,
  • Mise en scène classieuse,
  • Magnifique photographie,
  • Excellent casting.

Que faut-il oublier ?

  • On est dans du pur plagiat,
  • Aucun intérêt si l'on a vu l'original,
  • Quelques éléments "politiquement corrects" qui affaiblissent l'histoire,
  • Une bande-originale agaçante.

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