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Critique de la Bande Dessinée : Silences [...]
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Critique de la Bande Dessinée : Silences [...]

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 24 juin 2010 à 2149

Quand Donnie Darko croise Lost Highway...

Petite bande-dessinée parue chez Ankama Editions, Silences [...] se présente sous la forme d'un livre A5 de quatre-vingt pages, presque totalement en noir et blanc. En feuilletant rapidement l'ouvrage, un style bien particulier se dégage très clairement de chaque page ; on pense ainsi à ces vieux serial mettant en vedette des détectives privés en imper et borsalinos, ou ces séries de vieux livres policiers faisant sans cesse revenir les même figures emblématiques. Pourtant, Silences [...] est une vrai création originale, certes probablement influencée, mais tirée ou adaptée d'aucune autre oeuvre. En faisant fonctionner une mémoire collective, ce premier volet sait donc se trouver un style très particulier le démarquant assez clairement de sa concurrence directe ; la question était donc de savoir si la contenu serait à la hauteur de cette première impression. Et c'est fort heureusement le cas, Silences [...] étant intrinsèquement un véritable OVNI par rapport aux productions BD traditionnelles.

Ecrite et dessinée par deux artistes tout droit issus du milieu ludique, Silences [...] porte les stygmates d'une activité roliste qui se ressent à travers chaque planche. Silences [...] est ainsi un modèle d'efficacité : en seulement quatre-vingt pages (soit deux fois moins dans un format A4), scénariste et dessinateur ont fait tenir trois histoires distinctes, reliées par un fil rouge appartenant à une quatrième storyline. Le contenu est donc riche, bourré de matière et ne tente jamais de gagner de la place en faisant du remplissage. Une optimisation remarquable, donc, mais qui joue cependant parfois contre la force du scénario. Ainsi, totalement focalisé sur les histoires, Silences [...] n'a malheureusement pas le temps de s'intéresser au moins au personnage principal. Norman Voltaire est donc un dessin, mais il n'est que difficilement plus que ça ; et comme une partie de l'intrigue principale joue sur un aspect dramatique, elle s'en trouve amputée d'une partie de sa réussite tant on ne peut éprouver d'empathie pour lui.

Le tout est donc entièrement focalisé sur la partie histoire du scénario. Et là, force est de reconnaître que Silences [...] sait se faire intrigant. En faisant se mélanger des éléments de thriller paranoïque, de policier, avec quelques touches de paranormal aux frontières du réel et un personnage enquêteur muet (un paradoxe dans ce type de scénario !), la bd met mécaniquement en place une histoire que l'on suppose déjà être particulièrement tordue. Séparée en trois parties distinctes (accentuant le côté serial), Silences [...] part dans de nombreuses directions et ressemble à un joyeux foutoir très organisé, à la manière d'une construction scénaristique Lynchienne. Cela implique donc nécessairement un bémol de taille : si le scénario d'Anthony Combrexelle est une réussite formelle indéniable, sa juste reconnaissance est totalement dépendante des révélations qui seront données dans le tome suivant. Si l'intrigue générale s'effondre comme un soufflet, l'intérêt de ce premier volet sera réduit à néant.

A noter, enfin, que le style graphique très particulier de Silences [...] n'est pas étranger à la réussite de ce premier tome. Loin d'être énigmatique et interchangeable, le style tout en bichromie de Matthias Haddad donne une ambiance film noir du meilleur effet. Si l'on pourra remarquer quelques soucis éparses dans la dynamique des mouvements, parfois trop figés, son style amène le scénario dans une ambiance très particulière qui n'est pas sans rappeler le style et le rendu formel du Renaissance de Christian Volckman. Ce faisant, il sait rendre son personnage à la fois pathétique, dangereux, et parfois, au détour de certaines vignettes, réellement flippant, et ce par un simple jeu de regard. Les trois encarts couleurs qui démarquent chaque histoire sont moins anecdotiques que ce qu'il paraît au premier abord, apportant une petite touche colorée tranchant avec la noirceur générale, et servant de relai scénaristique pour faire passer quelques informations essentielles.

La conclusion de

Ce premier tome de Silences [...] fait preuve de nombreuses qualités formelles, et dégage une ambiance bien particulière dans chacune de ses pages. Posant les bases d'une histoire intrigante parfaite pour titiller l'imagination de tout lecteur amateur de récit étranges et tordus, appuyé par un style graphique adéquate tout en bichromie et construit à la manière d'un serial, le scénario maintient avec brio son capital mystère du début à la fin. Cela suppose donc un effet pervers indéniable : la qualité globale de l'oeuvre repose (presque) entièrement sur les révélations qui seront apportées par le second tome, ainsi que, à un niveau moindre, sur la conclusion que connaîtront les aventures de Norman Voltaire. En espérant que Silences [...] n'ait pas à souffrir du syndrôme Lost, n'hésitez pas à vous jeter dans les tréfonds de cette histoire étrange !

Que faut-il en retenir ?

  • Amorce intrigante,
  • Excellente ambiance,
  • Style graphique excellent,
  • Construction scénaristique efficace,
  • Petit côté serial sympathique,
  • Simplement original.

Que faut-il oublier ?

  • Personnages pas assez fouillés,
  • Dépend totalement des futures révélations,
  • Quelques soucis dans la dynamique des mouvements,

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