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Critique du Film : District 9
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Critique du Film : District 9

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 4 octobre 2009 à 1338

la découverte d'un réalisateur à suivre de près...

A l'exception des intrigantes affiches Humans only qui ont servi au teasing du film, la campagne promotionnelle de District 9 n'a pas été plus passionnante que ça. Sans vraiment communiquer sur l'histoire ou sur les thématiques développées, le film a surtout été vendu sur le nom de Peter Jackson (mais avec un flou volontaire quant à sa réelle implication dans la fabrication du long-métrage) ainsi que sur le fait qu'il s'agissait du premier long-métrage du gars qui "aurait pu réaliser" l'adaptation cinématographique de la saga Halo. Nous n'attendions donc pas forcément grand chose de ce District 9, notamment parce qu'a priori, avec son vaisseau spatial géant stationné au dessus d'une métropole et ses aliens aux looks guerriers, la frontière le distinguant d'un ersatz d'Independence Day était somme toute bien mince.

Mais voilà, il n'y a pas que les mauvais films qui ont le droit à des campagnes promotionnelles pourries (même si la chose est tout de même généralement vraie). Ainsi, à mesure que la sortie approchait, les informations se dévoilaient peu à peu et conféraient au long-métrage un intérêt bien nouveau. Progressivement, District 9 semblait ainsi s'éloigner du simple film d'invasion extra-terrestre pour s'annoncer comme un film politiquement engagé, où le propos SF servait avant tout à construire une métaphore sociale. Dans cette époque faite de remakes et d'adaptation de comics, cela laissait donc espérer un véritable bol d'air frais. Et au final, si District 9 s'avère trop maladroit pour réussir à convaincre de bout en bout, il réussit tout de même à tenir une partie de ses promesses.

Loin de n'être qu'un argument commercial, les aspects politiques et sociaux sont en effet bel est bien présent dans le film, donnant tout son intérêt à une première partie absolument géniale. Neill Blomkamp se sert ainsi d'un argument SF pour renvoyer aux spectateurs un miroir très pertinent de nos sociétés et de ses derives (xénophobie, intolérance, influence des multinationale, etc.). Ce propos politique trouve un point d'ancrage parfait dans la mise en scène. A mi-chemin entre reportage et film traditionnel, Blomkamp réussit à allier au mieux les forces de ces deux genres pour appuyer la force de son traitement, passant de l'un à l'autre en fonction des besoins (même si rien n'explique le passage de l'un à l'autre, l'efficacité du montage garde le meilleur des deux tout en se débarassant des faiblesses inhérentes à chaque style).

Outre cette mise en scène ausi inventive que spectaculaire, Neill Blomkamp fait preuve d'un sens du visuel et de l'esthétique indéniable. Ainsi, les extraterrestres de District 9 sont littéralement répugnants, leurs particularités physiques étant propre à inspirer autant de haine que de dégoût, y compris vis à vis du spectateur pour qui l'empathie n'est pas si facile au premier abord. Le film regorge de plus de détails parfois pertinents (le choc des cultures tend à rendre ces extra-terrestre plus stupides que les hommes), parfois sujet à des réflexions intéressantes (l'anthropomorphisme des aliens qui atteint des extrêmes). Tout le propos du film trouve donc un parfait écrin dans les relations entre deux espèces que tout sépare physiquement, au delà de simples différences culturelles.

Les effets spéciaux sont de plus absolument remarquables. D'une part, les extraterrestres sont en tout point plus expressifs et plus crédibles que les acteurs bien réels qu'ils cotoient à l'écran (exception faite de Sharlto Copley, qui tient très correctement son rôle) ; d'autre part, chaque alien montré à l'écran est physiquement unique, fait de particularités qui le rend différent de tous les autres. Les plans du vaisseau spatial stationné au dessus de Johannesburg, quant à eux, ponctuent de manière quelque peu poétique l'avancée du long-métrage, s'apparentant à des séquences presque oniriques. Les armes et armures aliens, bien qu'au centre du scénario, sont en revanche visuellement moins intéressantes, car nettement moins originales dans leur design et nettement plus clichés dans leur utilisation.
 

Malgré ces qualités indéniablres, District 9 souffre toutefois d'un problème majeur : si son propos bénéficie d'un traitement à la fois intelligent et malin dans la première partie du film, il ne possède pas suffisamment de matière pour tenir sur près de deux heures de film. Pour être plus précis, l'histoire développée contient certes beaucoup d'idées, mais elles sont traitées avec une certaine fainéantise dans l'écriture du scénario. Outre la disparition progressive du propos, la pertinence des critiques sociales et politiques de la première partie est petit à petit désamorcée par l'absence de subitilité des actions et réactions des personnages secondaires, caricaturaux, mal fichus, affublés d'une psychologie de pacotille, bref, en tout points inintéressants.

Cela se ressent assez clairement dans le déroulement formel du long-métrage, où tout est petit à petit sacrifié sur l'autel de l'action, et ce jusqu'à un final amenant le spectateur à la limite de l'overdose. D'une manière générale, passée l'excellente première partie, on peut même voir un lien proportonnel entre la surenchère d'action et la vacuité du script. Toute la seconde moitié n'est ainsi qu'un blockbuster basique, très bien fait, c'est indéniable, mais terriblement convenu dans son déroulement. District 9 a alors tout dit - ou ne veut plus rien dire, ce qui, au final, revient au même - et cache toute cette misère derrière des séquences rythmées possédant de superbes qualités formelles, mais dont l'absence de fond détonne avec la richesse du début.

Finalement, le coup de génie du scénario est de réussir à se terminer sur un épilogue franchement malin. Ce faisant, Neill Blomkamp parvient très astucieusement à masquer les défauts de toute la seconde partie de son film, réussissant à laisser le spectateur sur une excellente impression, et sur une série d'images dont la portée est absolument savoureuse. Finalement, si District 9 n'est pas le film parfait ou le chef d'oeuvre dont on peut entendre parler ici et là, il n'en demeure pas moins un bon film, débordant d'ambitions, où la politique et la critique sociale s'invitent dans du spectacle grand public. On est curieux, maintenant, de voir comment évoluera le travail de Blomkamp dans ses futurs longs-métrages.

La conclusion de

District 9 s'impose au départ comme un long-métrage passionnant. Le fond et la forment se complètent alors harmonieusement pour proposer une métaphore politique et sociale aussi pertinente que spectaculaire. Mais après cette première partie riche et prometteuse, le film sombre petit à petit dans la politique de pacotille et tente de masquer cette vacuité sous une surenchère d'action, efficace certes, mais qui n'apporte rien au propos développé. Reste, malgré ces maladresses structurelles, la découverte d'un réalisateur à suivre de près, peut-être un futur grand...

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation de qualité,
  • Un scénario bien construit dans son premier tiers,
  • Les aspects politiques et sociaux de l'histoire,
  • Un épilogue malin et intelligent,
  • Un personnage principal parfait,
  • Tout le travail sur les visuels et les effets spéciaux,
  • Sharlto Copley, convaincant.

Que faut-il oublier ?

  • Un niveau qualitatif en baisse constante sur la durée,
  • Une surenchère d'action dans la seconde partie,
  • Des personnages secondaires sans intérêts,
  • Des acteurs médiocres.

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