Premièrement il y a l’histoire:
Suite à de nombreuses guerres civiles dans le monde entier et cela après la chute du mur de Berlin, il ne reste plus que la province d’Arduinna (Ancienne Ardennes françaises) qui a su garder son authenticité et sa liberté d’expression en la gagnant avec son indépendance. Cependant une créature vit dans cette dernière contrée tolérante, à laquelle à côté, même
Norsferatu, paraît bien pâle. Cette créature se nomme le
Duc Charles Ruthwen. C’est un vampire âgé de cinq siècles qui porte de longs cheveux bruns, qui est vêtu à la mode du siècle dernier et qui est toujours pourvu de son immanquable mousquet. Mais par un certain soir, où son double obscur se manifeste, « L’Autre » comme il le qualifie lui-même, Le Duc va malheureusement tuer une prostituée du nom de
Julie Mac Gregor et s’attirer les foudres de la police. De plus il n’y a pas que la police qui en veuille à la non-vie du Duc. Bientôt entre un chassé croisé et une belle histoire d'amour, follement orchestrée par la plume de l’auteur, Le
Duc Charles Ruthwen aura à se dépêtrer et à échapper à un bon nombre de choses. Mais restons en là car tout ceci, et bien plus encore, est à découvrir dans
Elégie pour un Vampire.
Deuxièmement il y a le roman:
Sullivan Lord le note lui -même à l’intérieure de la couverture de son roman:
Une Élégie est un poème lyrique en prose ou en vers exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques. Et cette définition relate très bien l’effet qu’il nous incombe en lisant
Elégie pour un Vampire. Tout d’abord notre approche de la lecture d’Elégie se fait difficilement et cela à cause de deux choses. La police de caractère qui a été choisi par l’auteur et son style littéraire métaphorique. Et oui à notre époque, nous lecteur, nous n’avons plus l’habitude de cette approche littéraire, somme toute classique, mais qui est en fait un réel plaisir de lecture quand on en prend le rythme. D’ailleurs ceux ne sont pas ces seules caractéristiques singulières qui nous font aimer Elégie, il y a aussi ce choix de l’auteur qui est de commencé chaque chapitre de son roman par une citation de romans, de films ou de poèmes qui va de pair avec le récit. Alors cet ensemble, si on le ressent, nous attire et on ne lâche que laborieusement le premier roman de
Lord Sullivan. Son premier qui fait partie d’un ensemble de romans connus sous l’appellation du Tryptique Vampirique qui est pour le moment composé de
Elégie pour un Vampire et
Les Saigneurs Cardinaux. L’écriture du troisième opus est en cours et il se nommera
Le Règne des Immortels.
On ne peut en quelques lignes faire véhiculer l’ambiance foisonnante d’un roman tel que celui-ci. Tout d’abord le récit n’est pas une banale histoire de vampire, il est agrémenté par une trame principal à l’aspect "thriller" et par des touches d’actions dignes d’un film de
John Carpenter. De même que certains dialogues, entre les divers personnages, sont ancrés dans le genre de films série B à la teneur très humoristique. En ce qui concerne l’action du roman il y certains passages qui nous tienne en haleine. Comme par exemple celui-ci qui nous fait réellement penser à une planche de bande dessiné de part sa ponctuation et son visuel littéraire très prononcé:
"Nathaniel pressa la détente de son beretta. Une flamme. Un retentissement sourd. Une tête qui explose. Du sang. Beaucoup de sang. Un corps décapité qui s'écroule. Des doigts qui tremblent. Une arme à feu qui tombe. Un choc. Des yeux d'émeraudes fixes. Les tremblements nerveux d'un nouvel assassin. Une promesse rompue. Un homme à jamais brisé. Un cadavre de religieux. Une vampire apeurée. Et le silence de mort..."
Le roman contient aussi de forts passages à la teneur romantiques et érotiques. La liaison entre le
Duc Charles Ruthwen et l’éblouissante
Mélanie Leroy se veut fusionnelle et électrisante. Mais il y aussi celle qu'il entretient en début de roman, et cela bien malgré lui, avec son
Eugénie Constantine, qu’il vampirisa suite à un terrible accident. Leur relation est des plus troublantes car
Eugénie Constantine n’est pas une vampire, c’est une goule, et Le Duc en est bouleversé. Elle est la preuve de son premier échec d’enfantement vampire. Ce qui lui donnera beaucoup de fil à retordre bien plus tard quand il décidera de faire de
Mélanie Leroy sa compagne de sang.
Mais n’oublions pas aussi les passages gores. Et il y en a. Comme celui qui se passe dans les sombres souterrains d'un Château fort où habite le Duc et qui est protégé par
Onix, un rottweiller/goule.
Onix poursuit un visiteur et cela se finit très mal. Le sang coule et il déchiquette sa victime avec ses dents qui coupent telles des lames de rasoirs. C’est un extrait du roman qui se trouve être très dur de part son côté désespérant quand on se met à la place de la victime.
En ce qui concerne l’univers d’
Elégie pour un Vampire, c’est réellement inventif et peu conventionnel.
Sullivan Lord imagine un futur de notre civilisation assez noir de part les différentes guerres civiles qui ont envahi l’hexagone. Pourtant il s’amuse à garder un côté assez utopique puisque les faits de son roman se passent dans les Ardennes où les lieux et les villes sont renommés de façon poétique et imaginative.
Troisièmement il y a Sullivan Lord:
Sullivan Lord y met de son âme dans son
Elégie pour un Vampire et cela ce ressent. Il y met aussi de sa culture personnel: avec ses savants clins d’œil au cinéma fantastique, avec des pointes de ses goûts musicaux en passant par ses connaissances sur l’occultisme, sur l’Egyptologie et bien sur ses connaissances sur le mythe du vampire. Certains l’ont comparé à
Bram Stoker, de part son écriture aux accents classiques, à
Anne Rice, de part l’approche du côté psychologique de ses vampires. Toutefois
Sullivan Lord ne peut se ranger en de simples comparaisons littéraire. En lisant son roman, on peut même le connaître quelque peu car c’est une partie de lui-même. Même si
Sullivan Lord n’innove pas le genre littéraire vampirique, il se décale très bien des auteurs qui ont l’habitude d’écrire sur ce sujet. D’ailleurs par moment Le côté vampirique des personnages est exposé de façon chirurgicale et cela est assez ingénieux.