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Critique du Film : Course à la mort
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Critique du Film : Course à la mort

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 5 octobre 2008 à 1742

Première réussite pour Paul W.S. Anderson…

Il existe des réalisateurs dont la simple évocation fait immédiatement craindre le pire chez les cinéphiles. Par exemple, lorsqu’un producteur annonce que Brett Ratner va réaliser son film, nombreux sont celles et ceux qui estiment que les carottes sont déjà cuites et que le résultat final n'aura que peu d'intérêt. Paul W.S. Anderson, lui, se trouve un cran en dessous de ce cas de figure : il ne fait plus craindre le pire, il est le pire de ce qui peut arriver à un projet cinématographique (côtoyant ainsi le tout aussi calamiteux Uwe Boll), ayant d'ores et déjà fait pleurer des dizaines de milliers de fans dans le monde entier en saccageant purement et simplement des franchises mythiques (Alien, PredatorResident Evil) pour les transformer en spectacles hautement débilitants à l'efficacité formelle plus que médiocre.

L’annonce d’un remake des Seigneurs de la route mis en scène par Paul W.S. Anderson (l’inventeur du “gore propre” selon ses propres termes) et produit par Tom Cruise a donc logiquement engendré une importante vague de dépressions chez tous les fans du film de Paul Bartel ; A priori, si le film avait été entre les mains de Brett Ratner et des producteurs de Dora l’exploratrice, le projet aurait eu quelque chose de bien plus rassurant (c'est dire !). Et pourtant, au vu du résultat final, force est de constater qu’un véritable miracle s’est produit. Non pas que cette La course à la mort version 2008 soit un grand film - ce n’est d’ailleurs même pas un bon film - mais elle s'avère être un spectacle efficace et rythmé qui, s’il n’arrive pas à la cheville de son prédécesseur, n’en demeure pourtant pas moins plaisant à régarder.

Ainsi, bien qu’Anderson - également scénariste du film - ait retiré du matériau d’origine tout ce qui pouvait être un tant soit peu politiquement incorrect, il a pourtant su accoucher d’un script pop-corn, à mi chemin entre Running Man et Fast and Furious, assez réjouissant. Passé dix premières minutes assez poussives, on finit par entrer dans l’action d’un long-métrage gentiment bourrin. Situé en plein milieu d’un établissement pénitentiaire, cette version 2008 place son action au milieu de prisonniers sanguinaires dont la mort – si possible dans d’atroces souffrance – est beaucoup plus acceptable que celle des innocents passants de la version originale. Libéré des contraintes des Seigneurs des la route, Anderson s’en donne donc à cœur joie au cours des quatre-vingt dix minutes que dure son film.

Le tout est passablement débile, franchement con, bourré d’une testostérone parfois mal placée, et pourtant, tout cela fonctionne (au moins chez le public masculin). Plus étonnant, tout cela fonctionne grâce à Anderson lui-même ! En effet, chaque rebondissement étant plus prévisible que le précédent, ce dernier s’est visiblement décarcassé pour faire de chacun d’eux de mini-spectacles bourrins et décomplexés. Si le visuel ouvertement madmaxien tend de plus à inscrire le film dans la mouvance de films tels que Doomsday, c’est pourtant les petits côtés/clins d’œil à Mario Kart et aux jeux vidéos qui s’avèrent être les plus jouissif. Détournant sans vergogne ces divers éléments, Anderson réussi enfin à donner à son film un côté vidéoludique, chose qu’il essayait jusqu’ici d’introduire dans ses autres longs-métrages mais toujours avec perte et fracas.

Ceci dit, au delà de cela, La course à la mort reste tout de même trop inégal pour pouvoir être considéré comme un vrai bon film. Ainsi, même à côté de son kitchissime prédécesseur, il fait tout de même bien pâle figure. Si ce n’est une timide – mais facile – critique sur la télé-réalité, le film est amputé de toutes les provocations, dénonciations et considérations politiques qui faisaient tout le sel de l’original. En lieu et place se trouve un scénario anorexique bancal, mettant en place une conspiration assez bas de plafond ainsi que des personnages clichés sans intérêt qui ne sont là que pour justifier de deux choses : la présence d’un gentil en prison et une succession de courses automobiles violentes. Ne s’assumant jamais dans le dark ou le glauque, Anderson en finit par devenir ouvertement incohérent dès lors qu’il ne peut plus justifier certains retournement de situation.

C’est ainsi que le personnage de Machine Gun Joe, grand psychopathe très instable, devient, au détour d’une scène, sympathique et fréquentable. L’épilogue du film s’avère à ce niveau affligeant de débilité, ramenant le spectateur dans la réalité et mettant à mal un film jusqu’ici suffisamment distrayant et rythmé pour ne pas nécessiter l'utilisation du cerveau. D'autant que niveau casting, ce n’est pas la joie non plus : si Joan Allen tire son épingle du jeu en directrice de prison très classe, les autres acteurs ne font que le minimum syndical : Jason Statham est égal à lui même et Ian McShane nous refait le coup du vieux sage de la prison. Tirese Gibson, quant à lui, est tout simplement nul dans son rôle de méchant psychopathe ; n’utilisant pas le moins du monde un charisme qu’il ne possède pas, il s’avère au final être aussi effrayant qu’une roue de secours.

La conclusion de

L'idée d'un remake des Seigneurs de la route par l'horrible Paul W.S. Anderson avait de quoi faire craindre le pire. Pourtant, au final, force est de constater que le produit livré s'avère largement regardable ; toute proportion gardée, il offre un spectacle totalement bourrin et suffisamment jouissif pour s’imposer comme le premier bon film de Paul W.S. Anderson, lequel réussit à emballer son long-métrage dans une efficacité formelle indéniable. Dommage, cependant, que cela se soit fait au détriment d'un scénario véritablement construit, de personnages un tant soit peu charismatiques, et que l’aspect politiquement incorrect qui avait fait le succès de l’original ait largement été gommé pour devenir un spectacle aseptisé.

Que faut-il en retenir ?

  • Un rythme bien maintenu,
  • Jouissif, bourrin et décomplexé,
  • Un petit côté jeu vidéo,
  • De beaux chassis,
  • Joan Allen, sublimement classe.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario anorexique
  • Personnages sans intérêt
  • Aseptisation du propos,
  • Une fin complètement débile,
  • Tirese Gibson, sublimement nul.

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