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Critique du film : Patrick [1978], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 21 mars 2008 à 17h40

Patriiiiiick!

Patrick est un jeune homme à problème. Un jour, alors que sa mère s’ébat en compagnie de son amant, il les tue froidement en les électrocutant dans leur bain. Puis, pour une raison inexpliquée, il tombe dans le coma. Trois ans plus tard, la jolie Kathy entre au service du docteur Roget dans une clinique privée de la région. Elle se voit attribuer la surveillance du patient de la chambre 15 : Patrick.
C’est à l’occasion de la mise en œuvre de Patrick que le plus célèbre des scénaristes americano-australiens, Everett De Roche, a écrit son premier script de long métrage. Pour mettre en image cette histoire de comateux psychokinésiste, le choix s’est porté sur Richard Franklin, un jeune réalisateur de 28 ans ayant débuté dans les films X et les comédies populaires. Bref, autant dire que quand le projet Patrick fut présenté aux festivals d’Avoriaz et de Stiges en 1978 et 1979, il aurait bien fallu être grand clerc pour y voir le futur vainqueur de ces deux prestigieuses compétitions. Il est donc intéressant de voir ce que donne, 30 ans plus tard, ce film qui, déjà à l’époque, n’avait guère fait l’unanimité sur son niveau de qualité.
L’histoire de Patrick est on ne peut plus simple. En gros, on tourne autour d’un psychopathe bien frappé qui, malgré qu’il soit plongé dans un coma profond, garde en éveil bon nombre de ses capteurs sensoriels. De plus, il se voit doté d’un don de télékinésie qu’il utilise pour éloigner de manière violente l’entourage masculin d’une infirmière dont il est tombé amoureux. Pour donner au métrage une efficacité horrifique, Richard Franklin prend le partie de mettre en avant le regard fixe de Patrick à travers un montage alterné entre des plans sur le déroulement d’évènements paranormaux et d’autres sur l’apparente rigidité cadavérique du « medium ». Hors, si cette méthode peut sembler logique, sa récurrence finit par devenir pesante et pataude, ajoutant de la lourdeur à un scénario déjà excessivement bavard.


Les rapports entre Kathy et Patrick sont donc purement platoniques, ou presque… Et c’est dans le presque que ce situe la faille de ce script de débutant. Le seul moyen de communication direct dont bénéficie Patrick est le crachat ; un crachat pour dire oui, deux crachats pour dire non. C’est plus ridicule qu’autre chose et on finit même par se demander où Patrick parvient à tirer toute cette salive ! L’autre méthode utilisée par Patrick est une machine à écrire installée dans la pièce. Ainsi, grâce à la puissance de sa pensée, non seulement il parvient à utiliser l’appareil de manière autonome mais, de plus, il est capable de contrôler l’esprit de Kathy (et d’autres personnes d’ailleurs) pour l’obliger à taper les mots de son choix. On se demande alors (encore une question !) pourquoi il n’utilise pas sa puissance mentale pour tout simplement se déplacer et pourquoi pas, se farcir sa « copine ». En que dire de la scène érotique du film, avec une Kathy qui, pour vérifier la sensibilité de son patient, se met à lui tripoter gaiment la zigounette (ahhh ! ce fameux fantasme de l’infirmière, est-elle nue sous sa blouse ?).
Patrick est capable de tout, même à des distances hallucinantes, comme lorsqu’il tente de noyer dans sa piscine l’un de ses rivaux masculins. Patrick est le Diable allongé dans le lit miteux d’un hosto minable et qui tombe amoureux d’une infirmière un peu potiche. Et Patrick est salement méchant, surtout avec le petit personnel. On en est à se demander où veut en venir Richard Franklin lorsque le métrage prend rapidement la tangente du film « horrifico-rigolo ». Entre le médecin qui tente en vain de défoncer à la hache la porte de la chambre 15 (la hache rebondit sur un champ de force invisible avec un boing ! désopilant), le mari qui tambourine et gueule pendant trois jours à la porte d’un ascenseur sans que le personnel de la clinique ne l’entende et une infirmière qui passe pieds-nus dans une flaque de pisse sans s’en apercevoir (un patient a uriné au même endroit cinq minutes plus tôt), on nage en pleine comédie involontaire.
Mais bon, tout n’est pas à jeter dans ce film. On est loin de la maitrise qui sera affirmée plus tard par le duo Franklin / De Roche (à l’occasion d’un Link par exemple), mais certains passages sont dotés d’une bonne atmosphère dramatique, elle-même mise en valeur par la bande musicale de Brian May. Les rapports entre l’infirmière-en-chef et Kathy sont également assez intéressants avec une perversité qui lorgne vers le film de genre tendance nunsploitation. Certaines idée fusent et apparaissent brièvement - comme la très sadique série d’électrochocs et le repas de grenouilles du docteur Roget - laissant hélas rapidement la place à une séquence moins réussie. Le film est donc le reflet de l’encéphalogramme de Patrick ; en général plat et de temps à autres brièvement paroxysmique.

La conclusion de à propos du Film : Patrick [1978]

Nicolas L.
40

Patrick est souvent considéré comme le plus mauvais des Grands Prix du festival d’Avoriaz. Je ne suis pas loin de rejoindre cet avis. Le film de Richard Franklin n’est certes pas la bouse immonde que certains ont tendance à penser, mais il est se révèle bien trop imparfait pour être autre chose qu’une série B médiocre. Sa vision est cependant intéressante, car en plus de découvrir le travail de deux futurs valeurs sures du cinéma fantastique, le métrage recèle quelques petites idées qui font passer cette pilule autrement un peu indigeste.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère particulière
  • Quelques bonnes idées
  • La bande musicale de Brian May

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario manquant de piment
  • Nombreuses incohérences et idées ridicules
  • Un manque de rythme qui se révèle pénible

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