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Critique du Film : La Dernière légion
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Critique du Film : La Dernière légion

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 24 septembre 2007 à 0109

Une légion de perdue, dix paysans de retrouvés…

Romulus Augustule fut le dernier empereur romain d’Occident. Encore enfant, il du abdiquer en 476 lorsque les mercenaires du roi hérule Odoacre le capturent dans sa capitale de Ravenne (les empereurs romains ne vivent plus guère à Rome en cette période) et, selon certaines sources, il fut épargné par le chef barbare qui l’envoyât en Campagnie avec ses proches. Curieuse destinée, n’est-ce pas, pour celui qui porte les noms des deux fondateurs de la Rome antique ?..


Ça, c’est ce que l’on trouve dans les livres d’Histoire. Et c’est de ce mortier historique que sont composées les fondations scénaristiques de la Dernière Légion. La matière primale, comme le disent si élégamment les alchimistes. Pour le reste, le mur, le toit, etc., les scénaristes Jez et Tom Butterworth ont utilisé les éléments fantaisistes d’un obscur roman transalpin signé par Valerio Manfredi (archéologue et vulgarisateur historique à ses moments perdus). Il en ressort une histoire assurément pas réaliste pour une sesterce et qui mélange sans vergogne les récits « historiques » et la légende arthurienne. Ceci étant précisé, l’on peut raisonnablement se dire : et pourquoi pas ? Si les auteurs n’essayent pas de nous faire passer des vessies pour des lanternes, cela peut aboutir à une sorte de conte épique sans prétention, destinée au pur divertissement.
Heureusement, c’est bien cette orientation narrative que choisit le jeune Doug Lefler en récupérant à son compte les méthodes du cinéma pulp, ce genre décontracté si cher à Stephen Sommers. Faisant fi des critiques d’historiens qui ne manqueront pas de fustiger une œuvre qu’ils jugeront impie, il décide de réaliser une pure épopée fantastique aventureuse, romanesque - et surtout peu sérieuse-, et se hasardant au-delà des frontières de la mythologie celtique. On assiste donc à une succession de séquences de combats irréalistes mais bien menés, entrecoupées de scènes pseudo-dramatiques - un peu mollassonnes -, toutes se déroulant dans des décors assez réussis. Il faut dire que cette équipée qui engage dans une quête héroïque une « compagnie » de héros – de l’Italie à l’ancienne Bretagne - est propice au développement d’une atmosphère épique aux relents d’heroic-fantasy. Parfois, l’on se croirait même cheminer dans l’univers de Dungeons & Dragons. Et c’est assez sympa…
Mais, car il y a un mais, certains détails mettent à mal cette volonté de bien faire. La première chose, qui saute aux yeux, est ce manque d’originalité dans le traitement avec la présence de personnages beaucoup trop stéréotypés. Il y a tout d’abord ce druide, qui se révèlera ensuite comme étant Merlin, et qui ressemble et agit beaucoup trop à la manière du célèbre ObiWan Kenobi. Un mimétisme d’autant plus frappant que son disciple, le caesar Romulus Augustule est presque le sosie du jeune Anakin. Cela frôle parfois le ridicule, notamment lorsque le sage se prend à citer Sénèque devant des soudards peu attentifs ou quand il mime Gandalf du haut des murailles du mur d’Adrien. Mais attention, les autres protagonistes ne sont pas en reste dans le registre du déjà-vu. La jeune amazone rebelle à l’accoutrement improbable, projection antique du mythe de Brunhild (déjà repris dans l’histoire de Red Sonja), le commandant Aurelius, succédané bedonnant de Maximus (Gladiator) et qui harangue ses troupes comme William Wallace à Stirling Bridge, le brave et fidèle vétéran qui suit son ami jusqu’à la mort et, pour finir, le vilain barbare dont sa méchanceté n’a d’égale que sa connerie, tous nous offrent, de part leur pauvreté conceptuelle, un festival de clichés digne des peplum italiens des années 60.
Ce manque de personnalité, on le retrouve aussi dans la réalisation. Doug Lefler, qui accorde apparemment peu de confiance en son intuition, se contente de reproduire tous les plans épiques qu’il a pu voir ces dernières années dans les blockbusters à succès. Cela amène des séquences bien rythmées et bénéficiant d’un montage très propre (il prouve qu’il est au moins un faiseur fiable), mais le cinéaste n’apporte strictement aucune touche personnelle, que cela soit dans les angles de prises de vue ou dans le domaine des éclairages, tout reste très neutres- et morne. Dans le domaine de l’informatique, on appelle ça du copier-coller, dans celui de la littérature, certains nomment cela du « plagiat ». Sans aller jusqu’à ces extrémités, on va juste dire que le réalisateur a préféré jouer « la sécurité » plutôt que risquer de se vautrer en expérimentant une nouvelle approche du genre. Et c’est ce qui fait que le métrage se complait dans la médiocrité…

La conclusion de

On aurait vraiment aimé que Doug Lefler prenne autant de liberté dans sa réalisation que dans son travail de reconstitution historique. L’on peut facilement accepter toutes ces introductions d’éléments fantastiques et uchroniques, si pour autant le cinéaste avait appuyé son délire avec une mise en image plus en adéquation avec le genre. Il ne l’a pas fait, il s’est contenté de nous montrer des scènes mille fois vues et des personnages si creux et impersonnels qu’ils ne sont aucunement attachants ou détestables. Un film sans âme.

Que faut-il en retenir ?

  • Un flic grand public qui ne se prend pas au sérieux
  • Bon rythme, montage appliqué

Que faut-il oublier ?

  • Aucune originalité
  • Personnages creux et puérils
  • Réalisation sans personnalité

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