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La galaxie de la terreur >

Critique du Film : La galaxie de la terreur

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 10 août 2007 à 15:03

La Planète des Fantasmes

Dans un lointain futur, le Maître de Xerxès envoie sur la planète Morgantus une mission de secours afin de découvrir ce qu’il est advenu des membres de l’astronef Rébus. Arrivés sur place, les hommes du vaisseau Pégase découvrent les colossaux vestiges d’une civilisation inconnue.


Si vous vous fiez à la séduisante affiche de la Galaxie de la Terreur pour vous donner une idée du sujet et de l’esthétisme de ce film, vous risquerez fort d’être surpris lors de sa visualisation. En effet, loin de cette iconographie propre aux univers de Burroughs, notamment le Cycle de Mars, cette production Roger Corman emprunte plus à Alien mais surtout à son inspiration, le kitchissime et cultissime Planète des Vampires de Mario Bava.
Dans ce méli-mélo aussi psychédélique que débile, vous allez donc assister à une « mission » de sauvetage intersidérale. Le grand décideur de l’entreprise est le Maître, un individu mystérieux dont l’identité est voilée par l’application d’une grosse incrustation rouge bien pourrave sur son visage. Au cours d’un fumeux discours sans queue ni tête, assisté par son oracle Mitri (une sorte de tireuse de runes électroniques via un jeu vidéo bien vintage), il s’adresse à un interlocuteur par le biais d’une vieille télé noir et blanc des années 60 et confie au vaisseau Pégase (classe 3 n’arrête pas de nous ressasser un interphone durant une grande partie du métrage) la mission de se rendre sur la planète Morgantus. Elle doit y trouver et secourir une mission d’exploration portée disparue (en fait, au cours d’un prégénérique, on a vu que cela avait mal tourné pour eux).
Ceci étant fait, l’on se retrouve dans le fameux vaisseau de rescousse. Ce n’est pas la ridicule durée du voyage, les effets spéciaux pas si mal foutus que ça ou les décors faits de récupérations dans les solderies de studios de mixage qui prêtent le plus à rire, mais plutôt les personnages et les dialogues qui eux, sont carrément désopilants, surtout qu’ils sont mis en avant par un doublage complètement ubuesque. Commençons une petite revue d’effectifs. Au commandement de cet astronef trône miss Trantor (Grace Zabriskie) , elle est assistée d’une blonde qui passe son temps à pousser les mêmes interrupteurs durant tout le vol. Ce commandant de bord est complètement dingue et cède souvent à la nostalgie en marmonnant ses faits de guerre passés. Ses répliques nous rappelle sans hésitations les propos des membres d’équipage d’Y a-t-il Un Pilote dans l’avion, vous imaginez donc l’ambiance dramatique qui se dégage de ce vol périlleux... A ses cotés, le commandant du corps expéditionnaire - un sexagénaire aussi tonique que Droopy sous Prozac, en fait c’est le type de la télé au début - et un Robert Englund qui n’arrête pas d’ouvrir la porte qui fait bzzzzzz ! Puis, n’oublions pas le cuisinier incarné par un acteur essayant sans répit de donner un indice sur sa nature artificielle (pour être plus clair, il agit comme s’il avait un balai dans le fondement et ne parle quasiment pas). Si l’on se tourne du coté des membres du corps expéditionnaire, le tableau ne vaut guère mieux : un trouillard hystérique, une psionique peu douée mais philosophe à ses heures (la Erin Moran des Jours Heureux), un indigène mystique, un sergent psychorigide et un moustachu qui lui, semble normal mais porte un nom bien pourri : Cabren (de par chez moi, cela fait référence à une certaine espèce caprine).

Mais revenons à la mission… car comme le dit la commandante zinzin : - Parez au décollage, dit-elle à peine assise. - Mais capitaine, ils ne sont pas prêt, rétorque le vieux. - Oooooh, ils disposent encore de trente secondes pour le faire. Sur ce, on voit courir en rond les membres d’équipage pendant deux bonnes minutes avant de s’assoir sur leur fauteuil, ou un collègue, pour supporter un décollage digne de La Terre à la Lune. Si ça, c’est pas du timing….
Malgré sa brevetée - un décollage effectué en 30 secondes et un bond dans un espace temps au visuel d’un esthétisme capable de filer une érection à Austin Powers (j’en ai encore mal aux yeux) -, le vol ne va pas manquer d’être périlleux, notamment lors de la phase d’atterrissage sur la planète mystérieuse. Sans que je comprenne vraiment pourquoi (me serais-je assoupi un instant ?), le vaisseau semble en effet complètement rater son approche - Mais sortez les trains d’atterrissage ! s’écrie le vieux - vous êtes fou, à cette vitesse, cela nous désintégrerait ! répond la folle. - Que faire alors… (Haussement de sourcil). - Attendez, il ne semble pas que nous allions si vite que ça (insert d’un plan extérieur montrant la maquette du vaisseau sur un fond étoilé). Sortez les trains d’atterrissage. Et la blonde de bouger un interrupteur, et Robert Englund de faire bzzzzz ! avec sa porte. Et tout le monde de se secouer de droite à gauche pour faire vrai…
Une fois atterri sur ces décors de carton pâte plutôt sympas, les choses sérieuses commencent. Il faut dans un premier temps aller visiter l’astronef en détresse. Et hop ! Une nouvelle occasion de se marrer en prenant connaissance de la nature du matériel de ces Marines de l’espace. Des simples uniformes kakis auquel sont ajoutés un jerricane surmonté d’une calandre de bagnole - avec phares incorporés - en guise d’équipement dorsal. La visite du vaisseau sinistré, qui ressemble à s’y méprendre à la décharge d’une casse automobile se passe mal, bien entendu. Le trouillard de service, un blondinet qui alterne entre les crises d’hystérie et de vomissements, s’égare dans un espace clos de 10m² et se retrouve tout seul. C’est l’occasion pour le cinéaste de nous refaire le coup d’Alien, créature furtive à l’appui. L’acteur joue si mal, crie si fort, se lamente si souvent que j’ai eu envie d’applaudir quand la bête a enfin daigné le bouffer. Débarrasser de ce boulet, le reste d’équipage retourne au vaisseau.

C’est à ce moment que l’on attaque la troisième et dernière partie du film. Cette bande de crétins de l’espace décide de pousser plus loin les investigations en allant visiter une pyramide qui se trouve non loin, là bas, derrière deux collines de polystyrène expansé. Alors que le commandant reste à bord pour entamer une phase hallucinatoire guerrière en compagnie du cuisinier et de Robert le groom, le reste de cette bande de joyeux drilles part faire du tourisme sous la direction du vieux dépressif.
Leur marche de cinq mètres les mène au sommet de la pyramide. Après quelques tribulations aussi trépidantes qu’une émission de Cuisine TV, le vieux se retrouve pendu dans un puit, à la recherche d’on ne sait trop quel indice au fond de ce trou. Il va alors être attaqué par des sortes de vers en latex qui vont s’agripper et le sucer… euh, l’aspirer quoi, enfin le pomper… ok j’arrête ! Bref, le vieux est mort comme un con mais tout le monde s’en fout, la preuve : - Ou est le commandant ? demande le barbu. - Il eesssssstttt moooooooort, répond la psionique, complètement chamboulée (elle est tout le temps comme ça, à rouler des yeux ronds et à sentir des choooses). - Il n’aurait pas du venir, ce n’était pas un battant, constate le Rambo psychorigide. - Comment est-il mort ? - Il a été attaqué par des veeeeeeers, des veeeeeeerts !..., continue la psionique. Le barbu essaye de la consoler. - Ce n’est rien, c’est fini maintenant. - Mais je déteeeeeeste voir des veeeeeers !!! On compatie.

Mais, tout à l’importance de leur mission, les courageux astronautes du futur ne rebroussent pas chemin. Ils pénètrent même à l’intérieur de la pyramide, rejoints par Robert le portier. Dans les couloirs de ces cavernes hautement factices et hyper mal éclairées pour que l’on ne voie pas trop la supercherie (objectif raté !), l’horreur va se déchaîner. L’indigène philosophe, resté en arrière pour surveiller l’entrée, va y passer le premier, attaqué par ses propres shuriken en plastique. Malgré une auto amputation brutale, il ne s’en tirera pas, abattu par son propre bras. Puis, revenue sur ses pas pour le retrouver, la blonde va être proprement culbutée par un asticot géant particulièrement lubrique. Un asticot si doué de ses petites papattes qu’il parvient même à ôter les fringues de la nana dans le feu de l’action. Chapeau monsieur Asticot ! J’ai même eu l’impression un moment que la fille y prenait du plaisir…
Et le délire psychédélique à la Cosmos 1999 continue avec la visite de cette maison des mirages ou chacun va y affronter ses peurs. Cela donne l’occasion à Robert Englund de nous refaire la scène où Luke Skywalker affronte son double et au barbu de se retrouver calife à la place du calife au cours d’une séquence de transmission de halo rouge digne d’un vieux San Ku Kai. Mais là, je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise du twist final.

38

Vous l’avez compris, La Galaxie de la Terreur est un sacré nanar avec un sujet finalement très proche de Sphère. Mais contrairement au pompeux navet métaphysique de Barry Levinson, le film de Bruce D. Clark - composé de divers éléments piqués à Planète Interdite, La Planète des Vampires, Alien ou The Hungry Red Planet - est si cheap et si bis qu’il en devient intemporel, indatable, même au Carbone 14. Les aspects kitchs et psychédéliques, la fin métaphysique, le jeu d’acteur exécrable (le doublage immonde) et les lignes de dialogue d’une incroyable débilité ajoutent au charme de ce film parfois si nul, mais dans le fond si attachant…

Critique de publiée le 10 août 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Un coté cheap et kitch séduisant
  • Des décors extérieurs pas si nuls
  • Un scénario qui se veut pas trop bateau

Que faut-il oublier ?

  • Un flagrant manque de moyens
  • Un montage abrupt
  • Des dialogues vraiment nuls
  • VF ubuesque
  • Très sombre, surtout quand les monstres s'en mèlent...

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