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Critique du Film : Au service de satan
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Critique du Film : Au service de satan

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 9 août 2007 à 1514

Slasher père et fils

Au Service de Satan raconte l’histoire d’un dégénéré congénital qui aide un psychopathe à exterminer les membres de sa famille. Oui, je dis bien congénital, car lorsque vous allez découvrir la mère de ce gamin de 8 ou 9 ans (incarnée par une Amanda Plummer qui ressemble de plus en plus à Marge Simpson) possédant le profil psychologique d’un bambin de 4 (et encore !..), devant son attitude complètement farfelue et irresponsable vous allez sûrement adhérer à mon jugement.
D’ailleurs, il n’y a pas que ces deux énergumènes aussi crédibles que la mère Denis déguisée en Catwoman à qui il manque une case. Il y a aussi le père. Monsieur, lorsque l’on a un fils aussi naïf, on ne lui offre pas un jeu vidéo dans lequel le joueur est chargé d’incarner l’assistant du Diable, même si ledit jeu est complètement pourri, comme c’est le cas ici. Vous mériterez d’être sévèrement puni !... D’ailleurs, ça tombe bien, il le sera.


Finalement, dans le tas, il n’y a que la fille qui semble normale, et drôlement jolie de surcroît. Etudiante en art théâtral, elle vient passer quelques jours dans la maison familiale en compagnie de son petit ami. Une décision en apparence innocente, mais qui a son importance. En effet, l’arrivée d’Alex ne va pas manquer d’attiser la jalousie maladive du petit frère attardé. Il va donc décider d’éloigner ce rival de sa chère sœur. Et cela tombe bien, car c’est Halloween ce soir, et si l’on suit sa logique défaillante : le diable ne doit pas être bien loin.
Ce fameux Malin, le gamin va le trouver dans la personne d’un mystérieux et inquiétant tueur muet, dont l’identité se cache sous un masque de démon (assez cool d’ailleurs le masque). Con comme un manche, le gosse va entrer dans le jeu du tueur en lui demandant des services, tous inspirés par l’univers du jeu vidéo. Les séquences improbables vont alors s’enchaîner. On n’y croit hélas pas une seconde, notamment lorsque le gamin assiste à la pendaison d’une vieille dame dans son jardin en croyant assister à un trucage (je vous l’ai dit, il est très très con ce gosse) ou à l’occasion d’une course de caddie de supermarché durant laquelle le duo écrase, à la manière du jeu vidéo Carmaggeddon, vieillards et femmes enceintes. Là encore, le kid croit que « c’est pour du faux ».

A la moitié du métrage, on croit sa naïveté excessive guérie lorsqu’il assiste, horrifié, à l’éventration au couteau de son papa. Mais, que nenni, il rechute aussitôt dans sa crétinerie lorsqu’il assimile le tueur, caché sous un autre costume, à Dieu cette fois-ci ! Bref, il est incurable… A coté de ça, le tueur joue le jeu et se fait passer pour le petit ami Alex (qu’il a bien pris soin d’assommer à grand coup de tête contre un mur). Il en profite pour toucher les tétés de la sœurette, reluquer la culotte de la mère et massacrer les résidents du quartier et les forces de police ; finalement que des trucs cools. Mais une fois découvert, il va « calmement » se mettre en colère…
A partir de ce moment, le film bascule de l’univers de La Nuit des Masques à celui de Scream, avec échange d’identité, course poursuite et quiproquos. La séquence la plus marrante va d’ailleurs se produire durant cette partie, lorsque le tueur se pointe dans une fête costumée en compagnie de la mère déguisée en Chiquita, mais également saucissonnée au ruban adhésif. Privée de parole par le scotch appliqué sur sa bouche, la pauvre femme titube au milieu de la foule, attirant l’admiration des autres convives qui s’extasient devant ce magnifique costume de Chiquita-momie, heurtant au passage divers éléments du mobilier et assistant, impuissante, à l’empoisonnement du punch par le fou – que tout le monde assimile à son mari éventré quelques instants plus tôt. C’est hélas le seul moment drôle du film...

En fait, la réalisation de Jeff Lieberman, plutôt réussie techniquement d’ailleurs, est si appliquée et privée de folie que l’on ne sait jamais si l’on a affaire à un film sérieux ou à une comédie horrifique. Il en résulte une impression bancale, une sensation de flottement. Cet aspect rend encore plus ridicule les approches psychologiques foireuses des personnages et le manque de charisme de Alexander Brickel, qui interprète très mollement le jeune Dougie (rien que le prénom est annonciateur de réjouissances…). Mélangeant torchons et serviettes, le cinéaste n’arrive donc ni à nous faire peur, ni à nous faire rire.
Le film réserve cependant quelques bons moments. En plus de la fameuse scène du bal costumée décrite plus haut, j’ai bien aimé l’approche effectuée sur le personnage du tueur. Comme Jason ou Tommy, il ne parle pas, mais contrairement au monolithisme de ces icônes du genre, il s’exprime par signes courts et explicites. Un peu comme si Silent Bob avait pété un fusible. Cet artifice lui donne plus de personnalité, établit une complicité en l’enfant et lui, et l’impact de ses actes n’en est que plus efficace. Mais c’est hélas à peu près tout ce qu’il y a à signaler, ce qui fait que j’ai trouvé ce film franchement mauvais.

La conclusion de

Au Service de Satan part d’une idée de base plutôt originale et met en scène un tueur assez charismatique, mais le film tarde trop à se fixer un style pour réellement convaincre. Le manque de crédibilité des personnages est aussi l’un des gros points noirs de ce film qui essaie d’enchaîner des séquences drôles qui ne le sont que rarement et qui manque aussi particulièrement d’effets chocs. Une œuvre qui fut loin de m’enthousiasmer…

Que faut-il en retenir ?

  • Idée de base originale
  • Un tueur assez sympa

Que faut-il oublier ?

  • Bourré d’incohérences dans les situations et le profil psychologique des personnages
  • Manque d’effets chocs

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