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Critique du Film : L'Attaque des crabes géants
L'Attaque des crabes géants >

Critique du Film : L'Attaque des crabes géants

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 2 juillet 2007 à 1506

L’île des crabes intellos

Sans réponse d’une expédition scientifique, le gouvernement envoie sur une île volcanique une équipe de renfort composée de chercheurs et de militaires. Les nouveaux arrivants trouvent l’île désertée de toute population. Les mouettes et les crabes semblent en effet les uniques créatures vivantes établies sur cette île étrange…


Les années 50, le maccarthisme, la guerre froide… et la peur du nucléaire, résultante du traumatisme post-Hiroshima. En cette période, les Japonais ont leur Godzilla, métaphore monstrueuse de la bombe atomique, et les américains toute une tripotée d’animaux mutants, en général monstrueux. De cette période fertile en séries B, il en ressortit quelques films géniaux devenus aujourd’hui des classiques, comme Des Monstres Attaquent la Ville ou Tarantula! D’autres, moins réussis - les plus nombreux - sont tombés dans l’oubli. Enfin, certains étaient si étranges et/ou ratés qu’ils se sont vus attribuer avec les années l’étiquette de véritable film culte.

L’Attaque des Crabes Géants fait parti de cette dernière catégorie. Dans cette pure série B, Roger Corman – un habitué du genre – nous raconte une histoire incroyable, complètement dingue. Jugez plutôt : suite à des explosions nucléaires, certains crabes de l’île ont atteint une taille incroyable et sont devenus, bien entendu, un danger pour l’homme. Jusque là, rien de bien extraordinaire, me diriez-vous. Oui, mais que me répondriez-vous si je vous disais qu’en plus de devenir géants, ces crabes ont acquis un don de télépathie via les objets métalliques (si, si !) et une conscience collective bâtie avec les pensées de tous les humains qu’ils ont dévorés ! Incroyable, n’est-ce pas ? A croire, que du coté de l’AIP, en ces temps pourtant si conventionnels, on ne carburait pas qu’à l’eau fraîche (notamment le scénariste Charles B. Griffith, qui n’en est pas à son premier coup d’essai)…

Le plus hallucinant dans tout ça au yeux du spectateur du 21ème siècle, c’est la manière dont Roger Corman appréhende son œuvre. Comme dans la quasi-totalité des métrages sortis à l’époque, on peut remarquer une absence totale de second degré. On s’acharne en effet à nous faire croire à cette histoire abracadabrante de crabes géants psycho pompeurs. La narration est hyper sérieuse, le ton solennel et les lignes de dialogue d’une naïveté sidérante. Cela donne aujourd’hui (et peut-être déjà à l’époque !) une impression surréaliste, à la limite du conte moderne. Cela n’est pas désagréable, juste étrange, voire amusant, et en totale opposition avec les styles de traitement adoptés dans le cinéma d’aujourd’hui, qui assume moins ses conneries et les désamorce avec des gags ou un traitement décalé.

Au niveau technique, la réalisation de Roger Corman est sans fioriture, très classique, avec énormément de séquences en champ contre champ, notamment dans les phases dialoguées. La montée en « suspense » se fait par l’intermédiaire d’évènements hors cadre, signalés par des effets sonores, des envolées musicales et les regards étonnés des personnages qui portent hors du champ de la caméra. On y trouve que peu de panoramiques et encore moins de travelling. Bref, une technique de réalisation d’école, une mise en forme descendant directement des années Universal (1930-1940) et encore très couramment utilisées dans les films d’épouvante des années 50 et 60.

L’interprétation, comme souvent dans ce genre de films classiques, est assez correcte. Le surjeu est bien entendu souvent de mise, notamment durant les scènes d’action, mais cela apporte un cachet sympathique, un charme désuet. Personnellement, je me régale à chaque fois que je contemple ces ravissantes jeunes femmes hurler de terreur devant des attaques de prothèses en plastique pendant que leur chevalier servant se dresse courageusement, fier comme Artaban, afin de protéger sa dulcinée. Bon, quelque fois, cela va un peu loin dans le n’importe quoi, comme lorsque – dans ce film – la starlette Pamela Duncan s’évanoui brusquement, sans aucune raison, juste pour avoir entendu un crrr crrr venu du buisson voisin. Fou rire garanti 100% naturel !

Dans l’Attaque des Crabes Géants, ces situations ne sont d’ailleurs pas les seules à être ridicules. Par exemple, un grand moment de joie inonde l’existence du spectateur lorsque la jeune et jolie Martha décide d’explorer les fonds marins baignant l’île. Mise en valeur dans sa charmante petite tenue de plongée cintrée, la courageuse scientifique fait alors deux pas à partir de la plage, s’immerge et… se retrouve dans un aquarium du Maryland ! A deux mètres de fond, la plongeuse va rencontrer en vrac un copieux échantillon d’une faune marine issue des quatre coins de la planète. Le Nirvana du commandant Cousteau, l’Eden du capitaine Némo ! On y voit donc des raies manta, des dauphins, des mérous, et plein d’autres poissons et coquillages d’au moins 50 cm, le tout avec une densité comparable à celle du périphérique aux heures de pointe. Un n’importe quoi qui rappelle les faunes fantaisistes des films de jungle des années 40.

Puis il y a les crabes ! Montés sur roulettes, ils avancent sans bouger aucune de leurs pattes. Ils avancent en grognant ( ?!, ce dimanche, à la plage, j’ai essayé en vain de faire grogner un crabe, j’ai été très déçu de ne pas y arriver), tout en brandissant mollement une pince géante au dessus de leur carapace ornée de deux antennes en caoutchouc et de deux yeux équipés de paupières mécaniques - qui officient à la manière de stores. Pour se fixer un comparatif : je dirais que l’on est très loin du rendu des fourmis mécaniques de Them ! Et c’est le moins que l’on puisse dire... Dans ces conditions, Je ne sais pas s’il est utile que je vous précise qu’il est très difficile pour Roger Corman d’entretenir un quelconque climax tant ces ridicules tourteaux en plastique prêtent à rire. On a parfois l’impression de voir défiler un char de carnaval. Manque plus qu’une brésilienne en string juché dessus, un air de samba et c’est la fête !

Le final est également mémorable. Précipité, hyper mal foutu, monté avec les pieds, cette séquence qui voit l’un des héros se sacrifier en faisant tomber un pylône électrique (sorti d’on ne sait d’où) sur le dernier des crabes géants est l’une des pires qui m’ait été donnée de voir. Du moins dans le cinéma professionnel. Certains de mes amis et de mes collaborateurs sur SFU diraient que c’est un exploit en soi, vu le nombre de merdes que j’ingurgite par semaine. Pour le coup, ils n’auraient pas tort… Roger Corman, je t’aime !..

La conclusion de

L’Attaque des Crabes Géants est une pure série B des années 50. Avec tout ce que cette classification entraîne. Le film est donc bourré de clichés, doté d’une réalisation ultra conventionnelle et d’un scénario basé la peur du nucléaire. Ces aspects ne sont pas pour autant des facteurs entraînant systématiquement la mise en œuvre d’un mauvais film, mais celui de Corman comporte des « tares » supplémentaires, comme des effets spéciaux vraiment mauvais, même pour un film de cette époque. Heureusement, son charme désuet contribue à le rendre agréable à visionner.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario de dingue
  • Un charme désuet
  • Si vous aimez la série B des années 50

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation sans relief
  • Quelques séquences ridicules
  • Effets spéciaux risibles
  • Une fin pourrie

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