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Critique du Film : Fido
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Critique du Film : Fido

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 5 avril 2007 à 1516

Le meilleur ami de son maître… le zombie républicain

L’intrigue se déroule dans une période indéterminée, qui semblerait se situer dans les années 50. Au cours de sa révolution orbitale, la Terre a traversé la trajectoire d’une pluie d’astéroïde qui a entraîné un étrange et terrible phénomène : le réveil des morts fraîchement défunts. S’en est suivie une guerre terrible jusqu’à ce que les armées de morts-vivants puissent être repoussés dans des No Man’s Land et qu’un société de haute technologie, la ZomCon, ait réussi à trouver un moyen de contrôler leurs pulsions cannibales et meurtrières. Aujourd’hui, la paix est revenue dans les zones urbaines, les humains ont repris leurs habitudes et nombreux sont ceux qui possèdent un - voire plusieurs pour les plus fortunés - domestique zombie, contrôlé grâce à un collier électronique qu’il portent en permanence.


Fido raconte la vie d’une famille bourgeoise américaine typique, engoncée dans un puritanisme et un formalisme exacerbé. Une famille aisée qui ne vit que pour s’assurer le bon regard des autres, une famille coincée ; dans ses préjugés, et par ses « obligations » civiles. Avec un père angoissé pour son avenir, une mère au foyer qui s’ennuie à mourir, et un fils en manque total d’affection, cette famille est le parfait échantillon représentatif de cette société renfermée sur elle-même, vivant confortablement sous la protection des forces armées. Des forces de l’ordre qui maintiennent en dehors des frontières de la civilisation toutes ces hordes de zombies incontrôlables et sanguinaires. Il n’est pas donc besoin d’être omniscient pour deviner où veut en venir le cinéaste…
Le film parle également de l’exploitation de l’homme par l’homme. Dans les années 50, les artistes engagés dans la voie de la critique sociale pointaient du doigt la société en construisant des œuvres mettant en scène des robots domestiques, véritables métaphores des minorités opprimés et des esclaves salariaux. En 2007, Andrew Currie remplace ces robots qui n’interpellent plus personne par des zombies, les créatures à la mode. Fido le mort-vivant, c’est un peu l’esclave de Racines ou cet oncle Tom crépissant dans sa cabane. Un être qui sous le contrôle d’un collier qui n’est pas sans rappeler celui des négriers africains, a perdu toute dignité… et même son appétit.
Le fait de faire évoluer les protagonistes dans une copie de cette société extrémiste qui prônait le maccarthisme, le civil act et l’isolationnisme est bien plus qu’un simple clin d’œil à la situation actuelle de la politique américaine envers les pays arabes, ses voisins (le Mexique), et même ses banlieues. Cependant, pourquoi n’avoir pas plutôt choisi notre époque, également riche en ségrégations ? Le message n’en aurait pas été plus net ?... Peut-être parce que les années 50 sont gravées dans l’esprit des gens à la manière d’un aguichant cliché fleur-bleue : l’époque du respect des valeurs familiales et républicaines, de l’american way of life, des drive-in, des jupes à franges, des nœuds dans les cheveux et des socquettes, et aussi l’ère de la découverte émerveillée de cette société de consommation qui a ouvert la voie aux activités de loisir. En bref, une esthétique « rose bonbon » idéalisée permettant au réalisateur de travailler encore plus les contrastes, en usant d’ironie.
Et croyez-moi, Andrew Currie ne s’en lasse pas. En fait, Fido peut se concevoir comme une comédie de mœurs à la Payton Place dans laquelle le cinéaste glisse délicatement, à petite dose, de nombreux éléments empruntés à Pleasantville, les films de John Waters (période Seventies), Edward aux mains d'argent et bien sûr, les films de zombies de George Romero. Il en ressort une légèreté de ton, un humour de situation qui fait presque mouche à tous les coups. En douceur, car Fido est tout sauf un film rentre-dedans. Andrew Currie évite à tout prix la provocation, préférant souvent utilisé les sous-entendus (comme lorsque la ménagère drague le zombie, nettement plus attentionné que son mari névrotique), même si cela entraîne parfois quelques longueurs. Il ne déborde pas non plus dans les effets sanguinolents, quand bien même ’il ne les rejette pas (La dernière partie du film qui voit les zombies envahirent une partie des zones humaines, est traitée de manière très sobre). On sent que le cinéaste veut impérativement éviter que son oeuvre soit cataloguée comme un pur film gore.
Néanmoins, à la vue de cette légèreté de traitement, il est sûr que beaucoup de spectateurs et de critiques vont trouver qu’Andrew Currie ne va pas au bout de ses idées, par manque de cran essentiellement. Peut-être, je ne sais pas… Peut-être, tout simplement, que le cinéaste ne se sent pas l’âme d’un activiste, et qu’il aime se contenter de réveiller un peu les consciences, en jetant quelques petits cailloux dans la mare. Personnellement, cela ne me gène guère, à partir du moment où je trouve le résultat plaisant et original. Ce qui est présentement le cas. Personnellement, je reprocherais plutôt au film la présence de quelques incohérences dans le scénario et un dénouement un peu trop expédié, qui jure avec le rythme lancinant du reste du métrage. Cela m’a plus gêné que ce soi-disant manque d’ardeur dans le traitement du sujet.
Je ne voudrais pas finir cette chronique sans parler de la distribution. Son indiscutable qualité apporte grandement à la réussite du film. Tous sont parfaits, et pourtant la palme revient sans équivoque à une géniale Carrie-Ann Moss. La jeune femme est étonnante dans ce rôle de ménagère en tablier à fleur se désespérant de sa solitude et trouvant en son esclave zombie (cela aurait être un jardinier ou un livreur de pizza, mais cela aurait moins sympa) un être réceptif à ses désirs. Au final, une Desperate Housewive nettement plus décapante que celles s’affichant dans une célèbre série télévisée du même nom.

La conclusion de

Après le désopilant Shaun of the Dead, voici la deuxième comédie de zombies new look, loin des farces potaches des Return of the Living Dead et autres Troma movies. Cette fois-ci, l’humour britannique cède la place à un traitement nettement plus riche, plus subtil, et porteur de nettement plus d’idées que la sympathique comédie bon enfant de Edgar Wright. Car Fido, malgré que Andrew Currie, trop modeste, affirme le contraire, est une œuvre sacrément intelligente, une sorte de satire sociale très acide, maquillée sous une bonne couche d’absurde et de sauce ketchup.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario original et intelligent
  • Atmosphère délirante
  • Un humour qui fait mouche
  • Interprétation de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Quelques incohérences
  • Une fin expédiée
  • Certains vont lui reprocher un manque de… mordant

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