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Critique du Film : Norway of Life
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Critique du Film : Norway of Life

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 17 mars 2007 à 1357

Voyage en terre froide

Andreas a tout pour être un homme comblé. Il a un boulot de tout repos, des collègues d’une amabilité sans faille, une (ou plusieurs) amante de bonne compagnie et plutôt jolie. Bref, Andreas connaît une existence sereine. Seulement, il y a quelque chose qui cloche… quelque chose de bizarre… Comment cela se fait-il que toute la nourriture soit si fade ? Et les odeurs, où sont passées les odeurs ? Et comment cela se fait-il que l’on ne voie pas un seul enfant dans les rues? Et d’ailleurs, comment suis-je arrivé ici ? Je me rappelle… en bus, et un type bizarre m’attendait à la station… mais pourquoi ? Obsédé par ces questionnements, Andreas part alors à la recherche de la vérité…


Les plus de trente ans (euh… même de quarante) se rappellent sûrement la série Le Prisonnier, avec Patrick McGoohan, dans laquelle le héros se retrouve coincé dans un étrange Village où il fait bon vivre, mais où l’on a perdu son libre arbitre et sa liberté de circulation. Norway of Life (Den Brysomme Mannen en norvégien, ce qui veut dire Un Homme Dérangeant, Perturbateur…) est bâti sur le même canevas, l’aspect onirique et l’habillage ironique en plus. Oui, onirique car, désolé pour les pragmatiques en herbe, les actes d’Andreas dans ce monde froid et empli de condescendance n’apporteront aucune confirmation (ou dénégation) sur les théories que le spectateur se sera construits en cours de métrage.
Oh ! On devine un peu – en raison de quelques indices disséminés de ci, de là - qu’il s’agit d’une sorte de Purgatoire de luxe, où l’homme se retrouve privé de tout ce qui en fait un être de sensations (goût, affection, odorat, relations conflictuelles et affectives) et par conséquent un individu réactif à son environnement. Mal à l’aise dans cette ville aseptisée, Andreas va désespérer de ne pas y trouver de faiblesses. Ne sachant trop pourquoi il est le seul (en fait, pas tout à fait) à ressentir ce malaise, il se retrouve perdu, en manque de repères. Victime de la pression de cet environnement, ce n’est donc pas le libre-arbitre qui l’entraîne à agir, mais son désespoir de ne pas se sentir ‘’vivant’’. De la même manière que John Murdoch dans Dark City, Andreas est donc en réalité une autre victime de Cité, mais doté d’un psyché plus perceptible, le transformant en une menace pour l’équilibre de la communauté.
Andreas va donc tenter de se supprimer. L’acte ultime pour se prouver que l’on EST est bien d’y mettre un terme, afin d’affirmer sa liberté individuelle. Et c’est cet échec qui va entraîner Andreas dans la voie de la digression sociale. En voulant en savoir plus sur sa condition, il se frotte au ‘’divin’’ qui gère le lieu, représenté par d’étranges individus circulant dans de ridicules petites voitures de fonction. Le clin d’œil au nationalisme est flagrant, mais au-delà de ça, il faut voir également une allégorie de l’une des caractéristiques du comportement humain : sa capacité à se masquer la réalité si elle peut porter préjudice à sa sécurité ou son confort. Oui, son confort, car Norway of Life est également une énorme farce adressée à la société de consommation, avec ces citoyens ne causant que de leur dernier achat ou de la couleur du papier peint.
En me lisant plus haut, vous auriez pu penser : Oh, la, la, c’est vachement cérébral comme truc, qu’est-ce que ça doit être chiant !! Rassurez-vous, ce n’est pas du tout le cas. Car le film de Jens Lien est avant tout une comédie. Une grosse farce remplie d’humour noir dont l’aspect comique s’appuie sur l’illogisme des situations et la prestation hors norme d’un comédien extraordinaire, une sorte de Pierre Richard nordique qui exprime sa stupéfaction de manière retenue et digne, même dans les pires situations (la séquence ou il passe sous une succession de rames de métro est tout simplement désopilante). Et au final, en plus de réfléchir sur notre condition, on rie beaucoup. Surtout des malheurs de ce sympathique personnage dégageant une grande sensibilité égaré au milieu de véritables « spectres privés de distanciation ».
Au niveau de la réalisation, Jens Lien démontre qu’il n’y a pas besoin de millions de dollars pour construire une histoire qui tienne la distance. Pour bâtir son film, il n’a pas utilisé des images numériques, ni usé d’extraordinaires et coûteux décors. Il a juste profité des décors naturels, issus de son environnement, et a mis en place une photographie à base de couleurs froides. Le tout appuyé par une musique (reprise d’un hit du groupe de métal Kamelot), épurée au maximum et reconstituée par quelques violons. Il est ressort une espèce de confort feutré mais terriblement « morne » et ordonné, comme si l’on se retrouvait projeté dans la matérialisation des pages d’un catalogue Ikea ou d’un magazine Habitat. Un choix artistique très sobre qui ajoute à la désagréable sensation de déshumanisation.

La conclusion de

Quelqu’un a dit : émotion est synonyme de vie, un autre : il ne peut avoir de sentiments sans émotion. En suivant cette logique psychanalytique, on pourrait affirmer que Andreas est tout simplement mort, et que cette mort ne se contente pas de détruire les chairs, mais aussi les sens. Accepter cela entraîne à dire que Norway of Life porte un message excessivement pessimiste, amplifié par une fin terriblement fataliste. Oui, c’est certainement vrai. Mais ce contenter de cette analyse aurait pour conséquence d’oublier injustement que ce film est également, et surtout, une farce philosophique très drôle, remplie de séquences hilarantes basées sur une très habile mise en place d’un comique de situation. Au final, deux niveaux de lecture diamétralement opposés. Tiens, si j’osais, je dirais que Norway of Life est une succulente omelette norvégienne émotionnelle...

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario linéaire mais captivant
  • Beaucoup d’humour
  • Un comédien de talent
  • Musique excellente
  • Une ambiance unique

Que faut-il oublier ?

  • Un film assez hermétique

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