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Critique du film : Invasion Los Angeles [1988], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 10 octobre 2005 à 10h33

On nous ment, on nous spolie … ©Arlette

John Nada, un jeune chômeur, débarque à Los Angeles, espérant y trouver un emploi. Embauché comme ouvrier, il fait la connaissance de Frank qui lui propose de venir se loger à Justice City, une cité d’urgence créée à la périphérie de la ville. Installé précairement, il voit à la télévision une émission pirate mettant en garde l’humanité contre une invasion extra-terrestre et découvre non loin de là un étrange entrepôt. Une nuit, le bidonville est pris d’assaut par la police et le lendemain matin John Nada trouve une caisse originaire de l’entrepôt mystérieux et contenant un stock de lunettes de soleil. Enfilant une paire, il découvre alors que le monde n’est pas tel que le croit, mais en fait peuplé d’étranges créatures aliens nous contrôlant par l’intermédiaire de multiples messages subliminaux.
Invasion Los Angeles est le film politique d’un John Carpenter révolté. Après les multiples échecs commerciaux (mais certainement pas artistiques !) de The Thing, Starman et Jack Burton, Big John est au bout du rouleau et au bord du gouffre financier après avoir perdu le peu de crédit qu’il possédait à Hollywood. Il entrevoit alors la création de Invasion Los Angeles (quel titre horrible et réducteur !) comme un exutoire, voir même un règlement de compte, en bon fan de western qu’il est.
Le choix d’avoir choisi un exclu – Nada est un mot espagnol qui se traduit littéralement par ‘’rien’’ – comme personnage principal, et ce malgré la pression du studio, n’est pas un hasard. Comme lui, John Nada ne fait plus parti du système et comme lui, il va crier son indignation contre l’etablishment. John Nada lutte contre des extra-terrestres, symboles du système capitaliste et des conservateurs, et John Carpenter se bat contre les exécutifs des Majors qui veulent régir ses choix artistiques, en d’autres mots, sa vie.
Film atypique, Invasion Los Angeles est une œuvre pessimiste et cynique, avec un héros banal, sans charisme ni avenir, qui ne trouve comme solution à ses problèmes que l’option ‘’tirer dans le tas’’. Plus que réactionnaire, le traitement est complètement nihiliste, la fin ouverte ne donne d’ailleurs pas d’indication sur l’avenir de l’humanité (comme The Thing) après que la vérité ait été révélée aux yeux de tout le monde.
Les yeux, voilà la clé. John Carpenter enfonce le clou en mettant en cause la véracité de ce que l’on voit – et par là même, la justification du cinéma qu’il aime tant – comme l’avait fait précédemment Don Siegel dans l’Invasion des Profanateurs ou plus récemment Crichton avec l’excellent et méconnu Looker. Il nous pose la question : si l’on peut plus croire en ce que l’on voit, où pouvons-nous trouver la vérité ? Il y a là certainement une mise en garde contre la manipulation des masses par les médias, notamment la télévision.
En utilisant ce sujet encore plus d’actualité aujourd’hui avec l’utilisation (abusive ?) du virtuel, véritable matérialisation du faux, le cinéaste pousse son coup de gueule et nous offre un film d’action qui débourre grave. Car, il faut également le signaler, malgré son budget riquiqui (3 misérables millions de dollars), les délais de tournage anémiques et le moral à plat de Big John, Invasion Los Angeles est une excitante série B d’action qui ne sombre jamais dans le ridicule. Le public ne se trompera pas, car le film connut un franc succès à sa sortie, et plébliscitera l’audace du cinéaste, lequel se réconciliera avec son art. Si le titre originale est ‘’They Live !’’ qui sonne comme une alarme, un cri de panique, le mot de la fin serait plutôt un ‘’I’m Alive !’’ rageur d’un Carpenter qui n’a pas dit son dernier mot.

La conclusion de à propos du Film : Invasion Los Angeles [1988]

Nicolas L.
77

Invasion Los Angeles est avant toutes choses une agréable série B remplie d’action, d’humour et de vilains extra-terrestres. Cependant, si l’on a envie de lire un peu plus profondément dans le cœur de l’œuvre, on trouvera une profonde critique sociale, peut-être la plus forte de la filmographie de Carpenter, qui dénonce les dérives manipulatrices d’un système omnipotent et régulateur. Un sujet qui n’a jamais été autant d’actualité.

Que faut-il en retenir ?

  • Sujet intéressant.
  • Réalisation efficace et ‘’punchy’’
  • Un Carpenter retrouvé.

Que faut-il oublier ?

  • L’aspect téléfilm (manque d’argent)
  • Certains acteurs un peu léger
  • Très basique au premier regard.

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