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John Doe, un cadavre plutôt en forme

Publié il y a 9 ans par Nicolas L.

Entretien avec Emmanuel Gharbi, des éditions John Doe

S’il y a bien une maison d’édition française consacrée au jeu de rôle qui le vent en poupe en cette année 2007, on peut dire sans hésiter que c’est John Doe. En effet, avec la parution de Patient 13 à la fin du mois de mai, ce ne sera pas moins de quatre jeux, ou systèmes de jeu, qui seront arrivés sur les étals de vos boutiques favorites au cours de ces derniers mois. Et si l’on s’en réfère à l’enthousiasme démontré par le sympathique Emmanuel Gharbi lors de ce bref entretien, on peut affirmer que la source n’est pas prête de se tarir.

SFU: Bonjour Manu, Final Frontier est ton deuxième jeu commercialisé et le premier édité chez John Doe, qui est en quelque sorte ton petit bébé… Pourquoi avoir choisi ce jeu, somme toute assez référentiel, au public très ciblé, comme produit de lancement de la gamme des jeux John Doe ? Emmanuel Gharbi: Avec Le Grümph, mon associé et ami, on a débord décidé de créer John Doe pour se faire plaisir. Final Frontier était un projet auquel je tenais beaucoup, un truc très personnel et il a tout de suite figuré dans notre planning, aux côtés du dK System. Il correspondait exactement à ce qu'on avait en tête : des jeux courts, pour les trentenaires que nous sommes, offrant du matériel prêt à jouer et un concept carré. Le format des jeux John Doe fait qu'ils n'ont pas besoin d'exploser les ventes pour être rentables : le risque était donc limité. FF rencontre son public et j'ai des retours sur son côté sympa et vite mis en pratique : c'est exactement ce que j'espérais, alors je suis comblé. SFU: On devine en toi un fan de Star Trek, Babylon 5, et autres Serenity… te considères-tu comme un geek ? C’est la question people du jour… EG: Sans doute. Je suis effectivement fan de SF, mais aussi de comics, de BD, de cinoche fantastique... J'adore Star Trek et ses déclinaisons, films ou séries. J'ai aussi des souvenirs émus de Cosmos 99. Après tout dépend de ce que tu appelles geek. Disons que j'en ai le côté passionné sans le coté obsessionnel. Je ne suis pas un collectionneur acharné, je ne me déguise pas en pyjama bleu pour aller dans les conventions de fans, j'ai d'autres passions et loisirs. Mais je baigne depuis tout gosse dans cette culture là, c'est incontestable. Pas étonnant qu'on finisse par faire du JDR ;) SFU: Qui a eu l’idée géniale, qui me fait beaucoup penser à un principe de jeu de plateau, du système de dérive des énergies sur le tableau de commande ? Inspiration puisée quelque part ou idée soudaine ? EG: C'est arrivé de manière collégiale, le côté "magie de l'instant". On a passé une soirée avec Antoine Bauza et Pierrick May à créer le système de combat spatial, avec en tête qu'il soit le plus "cinématique" possible, qu'il sollicite tous les joueurs et qu'il soit fun. Dés le départ, on voulait deux choses : une table d'effets spéciaux - histoire que les bonshommes en rouge tombent en hurlant sur la passerelle - et la possibilité pour le mécanicien de se la jouer Scotty en redirigeant l'énergie à bord. Les idées ont fusé et le système est né comme ça, autour d'une pizza. Mais je pense que l'idée de transformer la fiche de vaisseau en une sorte de plateau de jeu doit beaucoup à Antoine, quoi qu'il en soit. La conception de jeux de plateau fait partie de ses nombreux talents et on reconnait là sa patte. SFU: Le soap-slot, initiative intéressante à mon goût, gênent beaucoup mes joueurs novices, qui voient en ce système une très contraignante obligation de se mettre en avant, de pousser le RP dans ses retranchements. Que répondrais-tu si tu devais les rassurer ? EG: Comme tu l'as sans doute remarqué, il n'y a pas non plus de passage "c'est quoi le jdr" dans nos bouquins. Parce que si le jeu derrière n'est pas taillé pour l'initiation, ça sert pas à grand chose. Oui, FF est plutôt orienté joueur confirmé. Ceci dit, faut surtout pas s'inquiéter et prendre les soap plots comme des carcans. Ils sont au contraire là pour aider le joueur à mettre en avant quelques points très saillants de son perso. C'est toujours le cas dans les séries télé : un perso est défini avant tout par ces éléments qu'on va suivre au fil des épisodes. Un tel réussira t-il à vaincre son problème d'alcool, ou à se débarrasser de ces cauchemars récurrents où il revit un drame ancien ? Le joueur voit, de manière ludique, ces éléments progresser. Ce n'est qu'un artifice pour qu'il se fasse plaisir et en rajoute dans le cliché. Je pense qu'il faut dire à tes joueurs que ça leur permet de se lancer dans le roleplay de manière simple, sur un thème unique qu'ils pourront maîtriser facilement. Mais si un joueur est mal à l'aise avec l'idée de faire évoluer ses plots, on les laisse simplement tomber. Ils ne sont là que pour ajouter de la couleur. SFU: L’humour et le ton potache, très esprit cartoon et comics, est un aspect récurrent des créations John Doe. Allez-vous continuer dans ce sens avec les prochaines parutions, avez-vous décidé d’en faire une image de marque ? EG: Non :) Désolé ! Les prochaines sorties seront plus sombres. Plagues dK, de Benoit Attinost, est un univers de survival-fantasy, où les aventuriers tentent de survivre face à des hordes de mort-vivants dans un monde qui se meurt. Et Patient 13, signé Yno, est un huis clos horrifique particulièrement noir et dérangeant, très inspiré par Lynch, Cronenberg ou Clive Barker... Les deux sont prévus pour la GenCon.
Le livre de règle du dK System et Final Frontier

SFU: Question piège. Pourquoi ne pas avoir choisi le dK pour Final Frontier ? Tu peux buzzer en touche si tu veux ;) EG: Ca ne collait pas, tout simplement. Pour FF on voulait un système encore plus simple ! Nombre limité de compétences, pas de caractéristiques fixes, quelques gimmicks, et c'est tout. Le dK aurait été finalement trop lourd pour l'idée qu'on se faisait du jeu. On aurait pu faire une version super light, tu me diras. Mais les jeux ont aussi été développés en parallèle et pour tenir les délais, on a pas forcément eu le temps de s'imprégner du boulot de l'autre. Ceci dit, il y a des convergences : les points d'équipage ressemblent un peu aux dés de krasse, avec une composante d'entraide complémentaire. Ca marche de manière assez identique et je comprend qu'on puisse se poser la question. SFU: Un écran ? Des suppléments de contexte ? En bref, comptes-tu prochainement développer la gamme Final Frontier ? EG: On reste très pragmatique : nos jeux sont prévus pour etre jouables sans rien d'autre que le livre de base et on essaie d'en donner le maximum dans le format choisi. Le suivi papier n'est donc pas prévu. Si je me rends compte qu'une attente existe, on avisera à ce moment là, on ne se ferme aucune porte. C'est vraiment le parti pris de la gamme. SFU: Le monde de Final Frontier est très proche de celui de Star Trek, la série originelle, tant et si bien qu’il peut contribuer à dire que ton univers finalement n’en est pas un. Et t’accuser de sombrer dans la facilité. Que réponds-tu à ceux qui mettent en avant cette critique ? EG: J'en sais rien... Honnêtement, c'est un hommage parodique, donc il y a énormément de points communs, de clins d'oeil et de références. C'est totalement assumé, dès l'intro du bouquin. Je n'ai aucune prétention de révolutionner quoi que ce soit. Je pense que si on veut retrouver le feeling Star Trek de manière décomplexée, sans vouloir coller au canon et donc ingurgiter des tonnes de continuité, FF est un bon choix. Il y avait une saveur - en tout cas l'idée que je m'en faisais - que je voulais retrouver et que je n'ai pas forcément trouvé dans des produits officiels. Après, savoir si la parodie est trop proche du modèle est une question que je me suis pas posé. J'avais juste envie de jouer avec certains travers des séries que j'aime. SFU: Personnellement, j’adore tes univers, j’adore Exil, j’adore Final Frontier, qui représente finalement deux facettes de ta personnalité. Que prépares-tu pour la suite ? EG: Je bosse sur un gros projet, Hellywood, à paraître chez John Doe. Le jeu tourne déjà dans les conventions depuis pas mal de temps (petit clin d'oeil à nos amis de la CJDRA dont on vient de fêter la 7ème et malheureusement dernière édition) et on cravache pour le finaliser. C'est un hommage - encore un ! - cette fois au polar hardboiled. J'adore les romans de Hammett, de Chandler, d'Ed Mc Bain, de James Ellroy ou de Dennis Lehane. J'adore les films noirs, les trognes de Bogart ou de Cagney. Il y aura tout ça dans Hellywood. On y jouera des durs à cuire, en marge de la loi, dans une ville américaine imaginaire des années 40. Le tout relevé d'une dose de fantastique démoniaque. L'idée c'est vraiment le croisement entre "Le Dahlia Noir" et "Angel Heart". J'espère réussir à faire un jeu dur, sans concession, où on ne sauve pas le monde, juste sa peau, et où il n'y a pas de véritables héros.
Patient 13 et Plagues dK

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