Je suis fils de la haine et du carnage.
Bientôt, tous le sauront.
Dans un
Hong Kong futuriste,
Patrick Eris nous dépeint un univers cyberpunk très approfondi où internet est devenu au fil du temps
la Trame créée pour lutter contre la naissance d’un état virtuel. Ce sont
Les Builder’s of Anarchy, d’anciens Hackers, qui sont à la racine de cette création. Cette dernière est un gigantesque réseau virtuel où l’interfacé peut facilement surfer comme il l’entend. Ensuite, par le biais d’une enquête policière, l’auteur nous conduit efficacement, accompagné par de multiples personnages attachants, vers une histoire captivante et une intrigue surprenante.
Fils de la Haine est un roman qui se dévore d’un trait.
Tout du moins,
Fils de la Haine peut paraître difficile d’accès au premier abord. Difficile d’accès de part un univers fort recherché où il est ardu d’ingérer tout de suite "les composants" qui font de
Fils de la Haine un excellent roman.
Hong Kong est composé de conglomérats, d'organisations contre le crime comme celle de
Syan Shanda - l’
Organised Crime and Trial Bureau - ou de différentes sociétés dont les descriptions fourmillent de détails. Le lecteur peut facilement se perdre. Cependant il suffit simplement de s’ouvrir à cet univers également pourvu de chiens bioaltérés, d’armes destructives comme le
disrupteur ou le
H&K, de nanomusique, etc. pour que l’engouement littéraire aille crescendo.
Comprenant un prologue, deux parties et un épilogue, ce roman fait de plus référence à de nombreuses œuvres coréennes et chinoises. Que se soit films ou mangas,
Patrick Eris connaît sur le bout des doigts l’atmosphère spécifique d’une ambiance à la
John Woo ou à la
Tsui Hark. Certains passages évoquent des scènes d’action dignes d’un film coréen ou des scènes de baston digne d'un
Il était une fois en Chine. Egalement nous pouvons remarquer des ressemblances au dessin animé
Ghost in the Shell très présentes en fin de roman.
De plus, chaque partie de
Fils de la Haine débute par un extrait d’une chanson d'un groupe de musique tel que
Nine Inch Nails, du génie
Trent Reznor, d’
Einstürzende Neubauten, du prolixe
Blixa Bargeld tout en passant par
Morgoth, issu initialement de la scène
Death Métal. Il n'est pas habituel de retrouver des citations de ces excellents groupes précurseurs du mouvement musical
Industriel ou continuateur, comme le cas de
Morgoth, néanmoins cela est tout à fait adapté ; le choix des différents extraits se prêtant très bien au thème abordé dans
Fils de la Haine.
Toutefois revenons-en aux personnages. Tout d’abord nous allons faire la connaissance de l’émérite
Syan Shanda, au trait dur de la peuplade Mongole, et de sa coéquipière, la petite fleur fragile,
Jiki. Tous deux vont être indirectement précipités au centre d’une énigme des plus sordides. Depuis quelques temps, à
Hong Kong, sévit un être, un monstre ou pire encore, massacrant une quantité considérable de personnes et de manière abominable. Cette créature mystérieuse déclenche une véritable apocalypse sur son passage. Malgré cela
Syan Shanda ne l’entend pas de cette oreille. Il fait partie de
l’Organised Crime and Trial Bureau aprés tout et, en compagnie de
Jiki, son prolongement sur
la Trame, ils vont tout faire pour débusquer la dangereuse créature.
Jiki, par le biais de
la Trame dans la réalité profonde et
Syan Shanda sur le terrain dans la basse réalité. Il seront également aidés par un être hors du commun que
Jiki rencontrera par le biais de
la Trame.
Néanmoins, l’action ne se déroule pas tout le temps à
Hong Kong. Grâce à des interludes, où l’on découvre comment
la Trame a été créé, par qui et à cause de quoi, nous pouvons évoluer en situation de flash back à
Moscou ou à
Saint Petersburg en rencontrant le Kalkar
Oleg. Ces interludes qui sont en alternence avec l’enquête menée par
Sayn Shanda et
Jiki étoffent notre lecture tout en l’auréolant d’une présence réaliste. N’oublions pas également les quelques passages où la narration se fait par le biais des yeux des victimes de la créature ; moments de frayeurs sans nom.
Je suis fils de la haine et du carnage.
Maintenant, ils ne peuvent plus l’ignorer.