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Critique du Jeu de société : Evolution
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Critique du Jeu de société : Evolution

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 28 septembre 2017 à 0900

C'est qui le plus fort, l'hippopotame ou l'éléphant ?

Dans Evolution, les joueurs font évoluer leurs espèces en leur donnant des traits génétiques qui leur permettront de survivre dans un écosystème en perpétuelle transformation. La nourriture est rare et les carnivores rôdent. Vos choix détermineront le sort des espèces du monde : certaines survivront, quelques-unes prospéreront, tandis que d’autres disparaîtront de la surface du globe.

Survivre ou périr !


Comme vous l'aurez compris, Evolution est un jeu centré autour de la sélection naturelle et des mutations génétiques. Et on peut dire qu'il fait des efforts pour coller à son thème, le bougre, puisqu'il en est déjà à sa troisième mue. En effet, il est sorti initialement en 2010 aux USA, sous la forme d’un jeu de carte, avant de muter en 2014 pour devenir un jeu de plateau. En 2017, il s’adapte en français afin de conquérir de nouveaux territoires, et c’est bien sûr de cette édition-là dont nous allons parler aujourd’hui.

Un matériel spartiate, mais efficace

Autant commencer tout de suite par ce qui m'a le moins emballé avec Evolution : le matos. La boîte contient un deck de 129 cartes traits, 24 plateaux en carton représentant chacun une espèce, un stock conséquent de petits tokens figurant de la nourriture, 6 petits sacs tout choupinous pour ranger nos points et... C'est tout. Alors, vous me direz sans doute que je pinaille, mais quand on le compare à d'autres jeux vendus dans la même gamme de prix (je pense notamment au fameux Terra Mystica, livré avec environ un demi-sapin débité en cubes multicolores et une débauche de plateaux) on ne peut s'empêcher de trouver le tout un peu léger.


Le matos du jeu


Tout étalé, ça fait du volume mais dans la boîte, c'est moins impressionnant


Attention, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : la partition livrée est impeccable (tout est propre et bien rangé, le thermoformage est très bien fichu), c'est flashy et coloré à vous en faire saigner des yeux mais on sent qu'on est dans la simplicité et l'efficacité plutôt que dans la débauche de moyens. Mais après tout, est-ce qu'il y a forcément besoin de beaucoup de matos pour s'amuser ? (spoiler : pensez à vos enfants qui s'amusent plus avec la boîte qu'avec le jouet hors de prix que vous avez acheté à Noël)

Des mécaniques simples mais pas simplistes

Les règles du jeu s'apprennent en 5 minutes montre en main, même avec des ados de 12 ou 13 ans. Un joueur commence la partie avec une espèce unique, ainsi que 4 cartes. Chaque espèce dispose de son propre plateau individuel, sur lequel figure deux pistes allant de 1 à 6 : la taille (qui sert à se protéger des prédateurs, ceux-ci ne pouvant s'attaquer qu'à une espèce plus petite qu'eux) et la population (qui représente le nombre de fois où votre espèce pourra se faire estourbir avant de disparaître définitivement).

Ensuite, chaque joueur peut jouer autant de cartes qu'il souhaite pour améliorer son cheptel, et donc ses chances de survies. Il peut tout d'abord créer une nouvelle espèce en défaussant une carte. Il prend alors un nouveau plateau, qu'il pose à droite ou à gauche de ceux qu'il a déjà. Il peut également augmenter la taille ou la population d'une espèce, toujours en défaussant une carte. Et enfin (et c'est là où le jeu devient tactique), il peut enfin assigner une carte à une espèce afin de lui ajouter un trait génétique et la faire muter. C'est comme cela que vous pourrez transformer votre paisible tortue (herbivore par défaut, comme toutes les espèces) en un féroce carnivore assoifé de sang.


En voilà, un beau combo...


Un exemple de combo sympathique entre deux espèces


Ah oui, une petite chose importante que j'allais oublier : au début de chaque tour, les joueurs doivent sacrifier une carte de leur main afin de matérialiser le stock de nourriture commun des herbivores. Chaque carte comporte un chiffre compris entre -4 et +8, et la nature est bien faite puisque les cartes les plus puissantes ont (en général) un chiffre plutôt élevé. Il n'y aura pas de seconde chance ni d'autre possibilité d'augmenter la quantité de nourriture une fois que les cartes auront été révélées. Du coup, cela peut créer de sacrés dilemnes. Est-ce que je garde cette carte de la mort qui tue pour mon gentil poney carnivore, ce qui va m'obliger à mettre une carte pourrie au milieu en priant pour que les autres soient moins radins, ou est-ce que je joue la sécurité ?

"C'est qui le plus fort, l'hippopotame ou l'éléphant ?"

Car soyons clair : à Evolution, les erreurs d'appréciation se paient cash. Ceux qui ne pourront pas manger mourront, sans autre forme de procès.

​Le premier joueur fait manger une de ses espèces, puis c'est au joueur suivant et ainsi de suite jusqu'à ce que toutes les espèces soit rassasiées ou que plus personne ne puisse manger. Un herbivore mange en prenant un token nourriture dans le stock, qu'il pose sur son plateau de jeu. Si une espèce a une population de 4, il faudra la faire manger sur 4 tours successifs afin de la rassasier complètement.


Les token nourriture. Il y en a beaucoup, mais rarement assez.


Les tokens nourriture. Il y en a beaucoup mais rarement assez...


Les carnivores fonctionnent différemment : ils ne peuvent pas puiser dans le stock commun, mais ils doivent attaquer comme des gros fourbes une espèce plus petite qu'eux. Notez qu'un carnivore peut manger un autre carnivore, et en pratique cela arrive souvent vu que ces petits coquins semblent avoir du mal à se partager les places du haut dans la chaîne alimentaire.

C'est lors de cette phase que les traits permettront (ou pas...) à vos différentes espèces de survivre jusqu'au prochain tour. Certains traits permettent de manger plusieurs ressources d'un seul coup, ce qui est vital puisqu'en général il n'y a pas assez de nourriture pour tout le monde. D'autres permettent de se protéger plus ou moins efficacement des prédateurs, et d'autres enfin permettent de créer des combos surpuissants entre plusieurs espèces. Ce qui risque de vous transformer, du coup, en véritable appeau à claques pour vos petits camarades qui n'apprécieront pas franchement votre domination sans partage sur le jeu.

Une fois que tout le monde est rassasié, ou que plus personne ne peut manger, c'est la fin du tour. Les espèces qui n'ont pas pu manger sont donc retirées du jeu, ou leur population est réduite en fonction du nombre de nourritures qu'elles ont réussi à ingurgiter : si vous aviez une espèce avec une population de 4 mais qu'elle n'a pu se nourrir que 2 fois, alors sa population retombe à 2.

A la fin de la phase de nourriture, le premier joueur change, on redistribue les cartes à chacun (3 carte plus une par espèce encore vivante) et on continue jusqu'à l'épuisement du deck  (ou le ragequit d'un mauvais joueur, coucou ma chérie). Le score final de chaque joueur est constitué par l'ensemble des tokens nourriture qu'il est arrivé à manger pendant la partie.

Un titre avec une bonne rejouabilité

Un bon point pour finir : les stratégies et les combos changent vraiment de parties en parties. Déjà parce qu'on a pas forcément les bonnes cartes au bon moment, et qu'il vaut mieux composer avec ce qu'on a plutôt que de rester passif. Mais aussi et surtout parce qu'on identifie de nouvelles synergies à force de connaître les cartes. Les carnivores intelligents, qui m'ont servi à rouler sur mes camarades pendant les deux ou trois premières parties, se sont rapidement cassés les dents sur une double charnière de petits mammifères se protègeant mutuellement par des cris d'alertes. Assez récemment, j'ai essayé un combo  à base de charognards et de carnivores travaillant en coopération, ce qui m'a permis de ramasser discrètement moultes jetons nourritures sans attirer l'attention. A la fin, cela m'a permis de gagner assez largement, alors que je donnais l'impression d'être à la traîne toute la partie et donc de ne pas constituer un danger (gniark gniark).

La conclusion de

Quand on sort un jeu qui a pour thème la sélection naturelle, on s'attend à trouver des mécaniques plutôt compétitives. Et là, clairement, Evolution délivre la marchandise. Il évite la surenchère de règles pour offrir un jeu fun qui se prend en mains en 5 minutes à peine, mais qui nécessite quand même quelques parties pour livrer toutes ses subtilités. Le jeu pousse le joueur à chercher sans cesse de nouvelles synergies entre ses espèces, et à trouver comment contourner les bonnes idées des autres. On passe assez régulièrement, en deux ou trois tours à peine, du statut de roi de la savane à celui - beaucoup moins enviable - de garde-manger à patte pour les prédateurs de passage.

Du coup, si votre truc c'est plutôt l'optimisation au micro-poil de votre pré carré avec peu d'interactions avec les autres joueurs (coucou, Agricola), alors vos premiers contacts avec Evolution risquent d'être plutôt douloureux. Mais si vous êtes adaptatif, prévoyant et fourbe juste ce qu'il faut (une petite pointe de chance peut aider aussi) alors vous allez beaucoup vous amuser. Vos adversaires un peu moins, mais après tout seuls les plus forts sont appelés à survivre...

Que faut-il en retenir ?

  • Fluide
  • Nerveux
  • Les règles s'apprennent en 5 minutes, mais ce n'est pas au détriment de la profondeur tactique
  • Bonne rejouabilité
  • Jouable sans problème ni baisse de rythme à 6 (c'est assez rare pour être signalé)
  • La mécanique se prête bien au suivi du jeu dans le temps (extensions)

Que faut-il oublier ?

  • Plutôt cher pour le matos dans la boîte
  • Très compétitif, il faut aimer ce style de jeu

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