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Critique du Film : Get Out
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Critique du Film : Get Out

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 1 juin 2017 à 09:00

A cure for life...

Ces dernières années, la société de production Blum House a permis un véritable retour du cinéma d'horreur dans les salles obscures. Si cette exploitation du genre s'est parfois faite autour de longs-métrages opportunistes (les sagas Paranormal Activity ou The Purge) et/ou très médiocres (citons, à titre d'exemple, Lazarus Effect, The Green Inferno ou encore Ouija), elle aura également permis à nombre de films de qualité d'exister (citons, parmis les plus réussis, Sinister, Les dossiers Warren, The Mirror ou le critiqué mais tout de même intéressant The lords of Salem). Aujourd'hui, les productions de Jason Blum retiennent donc souvent notre attention, non pas parce qu'il s'agit d'un "label de qualité" (les écarts qualitatifs entre les films sont énormes), mais parce que chaque oeuvre produite peut potentiellement être une belle réussite.

C'est d'ailleurs le cas de Get Out, succès surprise de ce début d'année (plus de 175 millions de dollars de recettes, soit prêt de 40 fois son budget initial) qui débarque en France auréolé de très bons échos. Ecrit et réalisé par un metteur en scène issu de la comédie (Jordan Peele, dont c'est le premier film), mettant en scène des comédiens peu connus du grand public, il propose un film d'horreur teinté de considérations politiques autour des notions de racisme aux Etats-Unis. Un programme dont l'intention rappelle les grandes heures du cinéma de genre (à l'époque où le genre était notamment utilisé comme outil de dénonciation par des cinéastes engagés comme George A. Romero, David Cronenberg ou John Carpenter), et dont le pitch, plutôt mystérieux, avait tôt fait de nous mettre l'eau à la bouche.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Get Out n'a pas volé son succès au box-office. Jordan Peele s'impose comme un artiste à suivre tant son travail sur ce premier film impose immédiatement le respect. Scénario, mise en scène, direction d'acteurs, tout s'imbrique parfaitement pour faire de Get Out tant un film fantastique divertissant qu'un pamphlet politique pertinent. Par bien des aspects, le long-métrage rappelle ce que John Carpenter avait fait dans les années 80 avec Invasion Los Angeles, à savoir une agréable série B remplie d’humour et de vilains antagonistes qui développe, de façon sous-jacente, une critique sociale acerbe (qui dénonce ici, et avec originalité, le racisme latent de la société américaine).

Preuve de sa grande richesse, Get Out se bonifie au fil des différents visionnages. La première vision joue en effet sur une construction en puzzle autour des éléments étranges entourant l'arrivée des deux protagonistes ; du fait des situations bizarres et des décalages absurdes, le spectateurs comprend instinctivement qu'il se passe quelque chose mais sans en saisir toute la portée (qui ne sera bien évidemment révélée que dans l'acte final). Revoir le long-métrage en ayant connaissance de tous les éléments d'intrigues permet de mieux voir tous les messages et les petites subtilités, de comprendre la véritable teneur de certains dialogues et d'apporter un éclairage nouveau sur l'histoire. Get Out est un film riche dont le décryptage est tout simplement passionnant.

Il faut bien avouer qu'à ce niveau, le scénario est impeccablement écrit. Si l'histoire générale est finalement plus un prétexte qu'autre chose (un peu à la manière du récent A cure for life), tous les rouages du script ont une utilité. Vous pouvez tourner les choses dans le sens que vous souhaitez, vous ne trouverez pas d'incohérences dans la mécanique du film : chaque scène à son intérêt, chaque dialogue à un sens (soit pour faire avancer l'histoire, soit dans sa dimension critique), et ce des scènes majeures au moindre petit détail à priori gratuit et anecdotique. Même si l'on pourra ne pas être convaincu par les raisons qui poussent les protagonistes à agir, il ne s'agit au bout du compte que d'un détail, le coeur et l'intérêt du film se situant finalement ailleurs.

Get Out n'est toutefois pas dénué de défauts. Au rang des principales faiblesses du film, on notera le fait qu'il ne fasse jamais peur, et même, par extension, qu'il soit assez léger en terme de suspense. Il ne s'agit toutefois pas tant d'un échec que d'une conséquence des partis-pris de réalisation de Jordan Peele. En effet, Get Out possède intrinsèquement un ton et un rythme de comédie, en l'occurence de comédie satirique remplie d'humour noir (sans mauvais jeu de mots). La mise en scène joue donc la carte du décalage et de l'absurdité, ce qui confère au film une identité de ton appréciable, certes, mais à comme résultat de désamorcer quasi-immédiatement forme d'angoisse (les interventions du meilleur ami du héros, par exemple, flinguent toutes les montées de suspens).

Que faut-il en retenir ?

  • Politiquement pertinent et original,
  • Un scénario très bien ficelé,
  • Un humour satirique absolument délicieux,
  • Des comédiens parfaits,
  • Un film qui se bonifie à la deuxième vision.

Que faut-il oublier ?

  • Un suspens qui ne prend pas,
  • Une histoire prétexte,
  • Un parti-pris rythmique discutable.
70

Get Out est une oeuvre très intéressante : le scénario est solide, le ton du film est original, le côté politique/satirique est très réussi et le spectateur est constamment amené hors de sa zone de confort. Petit plus non négligeable, le film demande une deuxième vision pour bien saisir toutes ses petites subtilités disséminées ici est là. Bref, ce premier long-métrage de Jordan Peele est une belle réussite qui laisse espérer le meilleur pour le reste de sa carrière. Beaucoup de qualités, donc, mais qui ne font tout de même pas oublier que Get Out n'est pas un film d'horreur réussi : niveau suspens, on reste en effet assez largement sur notre faim. Certes, l'intérêt du film se situe ailleurs, mais quelques frissons auraient malgré tout apporté un gros plus supplémentaire.

Critique de publiée le 1er juin 2017.

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