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Critique du Film : Horsehead
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Critique du Film : Horsehead

Avis critique rédigé par Richard B. le mardi 9 septembre 2014 à 1535

Jessica face à sa fièvre de cheval...

Horsehead

La première réaction qui se confirme après vision du premier long-métrage de Romain Basset - outre, " Fichtre que c'est beau visuellement ! " - c'est pourquoi avoir donc changé le titre de Fièvre en Horsehead ? Un titre d'origine mille fois plus approprié au film, en place d'avoir privilégié le nom d'un personnage certes sacrément charismatique, mais dont la présence apparaît comme secondaire. Titre qui joue sur une aura certaine qui pourrait conduire quelques spectateurs à être déçus par son manque de présence à l'écran ou en rapport à son importance à l'histoire. Reste qu'il est certain, quitte à se répéter, que la créature réalisée par Jacques-Olivier Molon et son équipe se trouve être saisissante et singulière et fait que chaque apparition de celle-ci reste dans nos mémoires.

L'histoire, n'est donc pas celle d'un croquemitaine qui chasse de jeunes adultes dans les rêves (ce film s'appelle les griffes de la nuit), mais celle de Jessica, charmante blonde en quête d'identité.  Sujette à des cauchemars depuis son enfance, elle s'est donc tournée vers des études de psychologie en rêve afin de mieux appréhender les siens. En retournant au foyer familial -suite au décès récent de sa grand-mère -, Jessica va profiter des lieux pour employer sa connaissance en matière de rêves - d'autant que ses cauchemars ont amplifié - et tenter de donner une bonne fois pour toutes des réponses à toutes ses questions.

On ne voudrait pas évoquer les conditions de tournage réduites à peau de chagrin, de même que le budget ridicule de Horsehead, tant et si bien que ce dernier apparait comme une vraie proposition cinématographique ambitieuse et de belle ampleur. Car oui, malgré la limite budgétaire le film de Romain Basset n'a strictement rien à envier à toute production contemporaine et pourrait même donner quelques leçons en terme d'écriture (le scénario coécrit avec Karim Chériguène ne ressemble à rien d'autre), montage et approche visuelle. Et concernant justement le visuel, on peut féliciter le réalisateur pour ses choix, mais encore plus son directeur de la photographie Vincent Vieillard-Baron qui s'offre là une très belle carte de visite. Bref, on est tombé amoureux de quasiment chaque plan, hormis peut-être quelques insertions de paysages ou de ciel ne semblant pas toujours en adéquation avec le reste qualitativement. Les images oniriques regorgent d'inventivités tout en étant de glorieux hommages au cinéma d'Argento, Bava, Franju ou encore Fulci (à ce titre on ne s’étonnera donc pas de la présence de Catriona MacColl). L'ambiance sonore est tout aussi remarquable, surtout pour ce qui constitue la partie des bruitages, puisque musicalement celle-ci est globalement fonctionnelle et moderne, mais manque à mon goût quelque peu d'âme, et n'arrive en cela pas à compenser quelques éléments de faiblesses issus du scénario (ou des coupes de celui-ci) en terme d'émotion.

Horsehead

En effet, un des reproches qui pourrait être fait à Horsehead se véhiculerait autour du manque de présentation du personnage de Jessica dans son quotidien ou lorsqu'elle se trouve en état "normal" permettant de créer un meilleur lien émotionnel entre elle et le spectateur. Reproche que l'on pourrait aussi faire à la mère de l'héroïne, puisque celle des rêves (donc l'image que ce fait Jessica de sa mère) prédomine celle de la réalité. Toujours en terme de scénario, il est aussi possible de reprocher une révélation qui arrive tardivement et qui peut se montrer en défaveur du comportement de l'héroïne, surtout aux yeux des spectatrices (pour les autres, ils pourront y voir un cliché du cinéma de genre). Après les reproches, surtout que le scénario regorge d'idées, on saluera en particulier tout le travail effectué pour expliquer la fabrication des rêves et ce qu'ils peuvent exprimer ou, comment ils sont perçus par Jessica. En second lieu, s'il est vrai qu'on regrette l'apport émotionnel autour des personnages (excepté celui de Jim), l'histoire arrive à nous tenir en haleine grâce à son intrigue générale, puisqu'à l'instar de son héroïne, le spectateur, lui aussi, tentera de reconstruire le puzzle autour du passé familial à travers le prisme des rêves.

On ne peut pas parler de Horsehead sans évoquer aussi le travail de David Scherer qui comme à son accoutumé accomplit des merveilles à l'égale de la séquence de crucifixion perçue déjà dans la bande-annonce et qui ne manque pas d'impact. Tout comme on ne pourra passer sous silence les prestations de Murray Head, Gala Besson ou encore Vernon Dobtcheff qui même en ayant des rôles secondaires arrivent à faire acte d'une véritable présence. Lilly-Fleur Pointeaux assume plutôt très  bien un rôle réclamant à être de tous les plans à l'exception de 2/3 scènes. Quant à Catriona MacColl, elle démontre son expérience acquise dans le genre. On sera beaucoup plus mitigé par la performance de Fu'ad Aït Aattou qui ne semble pas physiquement en adéquation avec le rôle, mais aussi, qui a une tendance à surjouer (la voix grave et démoniaque qui le double n'arrangeant pas vraiment la chose).

Horsehead

Il me reste à parler de la réalisation, dont le plus beau compliment qui puisse se faire est que Romain Basset a su tirer le maximum de ses équipes, livrer un film qui a fière allure, même s’il y a des imperfections dues certainement à des coupes de scénario ou quelques petites erreurs de premier film. Il y a un paquet d'images que l'on pourrait qualifier d'iconiques, tout de moins mémorables, il y a des passages oniriques qui sont dignes des plus grands films en la matière. Il est clair que le réalisateur à une véritable passion des loups, les passages où ils apparaissent sont parmi les plus beaux du film. Bon, il est avouable qu'on regrettera simplement que le réalisateur n'ait pas signé plus de plans larges, surtout au regard de la beauté des lieux, mais son avenir se montre prometteur et potentiellement brillant.

La conclusion de

Certains pourront trouver contestable le fait que le film soit tourné en anglais alors qu'il s'agit d'un film français (même si clairement on devine que c'est pour des raisons de vente internationale), tout autant on regrettera quelques manques en terme de narrations et d'émotions , reste que Horsehead brille de mille feux grâce à une expérience visuelle et sonore digne des meilleurs films du genre, un casting globalement réjouissant et une multitude d'idées en terme de scénario, de symboliques, mais aussi de mise en scène.  Imparfait mais plus encore fascinant.

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