75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°3 : Un peu de fantasy ! Désactivez votre Adblock pour notre domaine et nous revivrons comme par magie !
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : Camille redouble
Camille redouble >

Critique du Film : Camille redouble

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 1 octobre 2012 à 0953

Camille s'est mariée...

Réalisatrice très peu prolifique (seulement cinq longs-métrages en un peu moins de vingt ans), Noémie Lvovsky fait parti de ces cinéastes qui ont su développer, tout au long de leur carrière et au fil d'histoires différentes, une manière de faire assez remarquable. L'intérêt de ses diverses réalisations ne se trouve en effet pas réellement dans ce qui fait le coeur de ses histoire, mais plutôt dans la manière dont celles-ci sont racontées ; ainsi, si les sujets choisis sont en général simples, leurs traitements se caractérisent par une grande subtilité et une belle sincérité, ce qui tend à conférer à chacune de ses oeuvres une véritable authenticité. De fait, voir Lvovsky revenir pour la cinquième fois dans un long-métrage partant sur un postulat fantastique était de prime abord bien alléchant, laissant espérer la possiblité de voir enfin  la forme bénéficier d'un fond beaucoup plus ambitieux.

Le risque était cependant bel et bien présent de se heurter à la comparaison avec des ainés glorieux. Cette idée de personnage revenant dans son propre passé pour revivre une partie de sa vie n'est en effet pas toute neuve, et a d'ores et déjà connu quelques incarnation prestigieuses (notamment Peggy Sue s'est mariée de Francis Ford Coppola). Il était donc important de se démarquer de ces modèles qui auraient pu être encombrant, ce que Noémie Lvovsky fait habilement en refusant toute forme de consentualisme ou d'happy end. Dans Camille redouble, les choses sont écrites, et malgré les efforts (logiques) du personnage principal pour les modifier, rien ne viendra altérer le courant de ce qui est d'ores et déjà prévu. Ce faisant, le film acquiert une dimension douce-amère lui conférant une identité, une légitimité (même Peggy Sue réussit à modifier son avenir) ainsi qu'une saveur qui lui est propre.

Le propos du film se trouve donc ailleurs, loin des mécanismes scénaristiques habituels dans ce genre de production. Il s'agit ainsi d'un long-métrage jouant la carte de la nostalgie vis à vis d'une époque heureuse - et révolue - que le personnage principal va avoir la chance de revivre une nouvelle fois. Le risque, finalement, aurait pu être de voir le film sombrer dans un côté réactionnaire du plus mauvais effet, une tendance trop fréquente dans le cinéma français consistant à penser que "c'était mieux avant". Mais heureusement, Noémie Lvovsky évite ce travers en se concentrant sur ce qui fait le coeur de son histoire : des situations décalées, dans lesquelle alternent sans arrêt des sensations et des thématiques contraires, empêchant le spectateur de savoir exactement sur quel pied danser.

Le film fonctionne ainsi sur un double traitement permettant de faire cohabiter deux genres différents, d'un côté la comédie, née du simple postulat voyant une quadra retourner sur les bancs du lycée, de l'autre le drame ancré dans le fait que le personnage principal connaît les conséquences de tous ses actes. Par un savant mélange des deux, Noémie Lvovsky réalise donc une comédie douce-amère où les situations bénéficient toujours de plusieurs niveaux de lecture. Camille redouble est, par exemple ,un long-métrage sur le grand amour et sur les âmes soeurs, mais dans lequel il n'existe aucun espoir quand à l'issue heureuse des relations amoureuses ; en mêlant optimisme et désenchantement, le film finit par dégager une atmosphère poétique vraiment plaisante, lui conférant un charme unique.

La chose est d'autant plus prégnante qu'elle s'appuie sur une idée de mise en scène aussi simple qu'efficace : conserver les mêmes acteurs pour interpréter les mêmes personnages, sans aucun artifice de maquillage ou de rajeunissement. Le décalage provoqué par le fait de voir deux comédiens quadragénaires interpréter des lycéens en pleine puberté porte ainsi ses fruits très régulièrement (Samir Guesmi s'en donne a coeur joie dans le registre), notamment via le décalage né avec le reste du casting, qu'il s'agisse des professeurs (Denis Podalydès, Mathieu Amalric, Anne Alvaro), des autres élèves (Vincent Lacoste et Anthony Sonigo, tout droit sortis des Beaux Gosses) ou des parents (Yolande Moreau, toute en retenue, et Michel Vuillermoz sont tour à tour touchants et hilarants).

Alors finalement, qu'est ce qui pêche dans Camille redouble ? Et bien une nouvelle fois chez Noémie Lvovsky, la forme l'emporte sur le fond. En effet, si le scénario est bien construit, riche et possède des dialogues très bien écrits, l'histoire racontée reste très classique et n'apporte strictement rien au genre. Ainsi, la partie fantastique s'avère totalement sous-traitée, expédiée en un simple malaise qui permet le voyage dans le temps ; l'absence d'explications, inhérente au genre (donc pas génante du tout) fonctionne donc sur des mécanismes très classiques qui souffrent d'un déficit en originalité, ainsi que d'un manque d'ambition flagrant. Conséquence : en dépit de ses nombreuses qualités, il manque finalement au film le petit truc qui aurait pu en faire un chef d'oeuvre. Dommage.

La conclusion de

Avec Camille Redouble, Noémie Lvovsky confirme - si besoin en était - son talent de metteur en scène et sa faculté à raconter avec une grande sincérité des histoires simples et touchantes. Là où son film aurait aisément pu s'engoncer dans un état d'esprit réactionnaire, sa propension à fuir les clichés et les figures imposées lui confère au contraire un parfum de nostalgie et une atmosphère poétique en tout point remarquables. Il est simplement dommage que l'histoire racontée ne soit pas plus ambitieuse, ne proposant finalement rien de particulièrement nouveau au regard de ce qu'ont déjà pu apporter d'autres oeuvres portant sur un sujet similaire. En dehors de cela, avouons qu'il est difficile de rester insensible au charme qui se dégage de ce long-métrage éminemment sympathique.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film nostalgique plein de poésie,
  • De belles idées de mises en scène,
  • Des comédiens remarquables,
  • Un scénario qui évite les clichés,
  • Le travail sur les dialogues.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire pas fondamentalement originale.

Acheter Camille redouble en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Camille redouble sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+