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Critique du roman : L'oeil du monde #1 [1995], par Gil P.

Avis critique rédigé par Gil P. le mercredi 18 juillet 2012 à 21h54

Les yeux usés du lecteur

Robert Jordan a écrit une bonne partie de la saga La Roue du Temps, initialement prévue en six volumes et qui s’est ensuite incrémentalement agrandie vers un projet à 12 volumes, qui en fera en fait 14 mais c’est une autre histoire. Occupons-nous déjà de ce premier volume L’Œil du Monde initié en 1986 et publié en 2000, d’abord publié en France dans une édition de poche un peu je m’en foutiste et qui a pourtant connu un franc succès chez nous. Le travail bâclé était principalement issu d’une traduction trop approximative, même si je peux ajouter que couper les livres pour les vendre dans des formats qui ne sont pas ceux d’origines m’horripile largement autant sinon plus. On se rappelle de l’affaire Robin Hobb sur ce sujet et son L'Assassin Royal découpé y compris dans la version grand format histoire de coûter un peu plus au lecteur français.

Bragelonne qui édite désormais La Roue du Temps a fait le double pari de revoir la traduction intégralement (ce n’est pas juste un petit correctif mais une nouvelle traduction) et de publier l’intégrale en format d’origine. Ce qui fait pour les livres de l’histoire principale (hors préquelle) des monuments de 850 pages environ. Si on en reste à une analyse technique, c’est une édition de très bonne facture, bon papier (souvent les pavés sont édités dans un papier annuaire assez désagréable), bel ouvrage un peu comme toujours avec Bragelonne et dans une traduction très agréable à lire (je n’ai pas lu l’édition « originale en français » - juste quelques passages pour voir la différence mais c’est clairement mieux). Un glossaire des personnages, lieux et spécificités agrémente astucieusement l’ouvrage qui offre 845 pages d’histoire pour ce premier opus.

Bon mais L’œil du Monde alors c’est bien ? Hé bien oui et non. D’abord personne (même les critiques originales du livre dans la presse américaine) ne peut s’empêcher de comparer avec le Seigneur des Anneaux et pourtant c’est très différent. En cause un univers et un bestiaire un peu proche, un groupe de « péquenots » (c’est le terme même de l’auteur) qui joue les Hobbits, un champion qui rappelle un peu trop Grands-Pas et du coup on se sent proche de l’univers mais on voit un peu arriver les virages avec trop d’avance et Jordan ne nous épargne aucun passage obligé dans ce premier tome. D’autant que côté littérature le roman ne soutient pas la comparaison avec son modèle. Là où J.R.R. Tolkien offre des tonnes de détails dans un naturalisme facile à lire et agréable, notamment dans son traité sur le tabac, Robert Jordan est plutôt du style besogneux, il tient à nous asséner régulièrement des monceaux de détails mais dans un style lourd dans ces moments. Les cinquante premières pages sont d’ailleurs une torture qui m’ont fait me demander si j’allais continuer. Car grouper une présentation de personnage dynamique (l’action commence dès la première page) avec une foule de détails pour la plupart inutiles sensé nous rendre plus réaliste l’ensemble alors qu’on ne connait encore rien de l’univers ni des personnages, c’est un peu gonflé. Ensuite tout au long du livre quelques passages de ce style étayent mon propos, n’excédant toutefois jamais la dizaine de pages.

Reste que dans l’action Jordan est aussi efficace que les grands, de plus ces détails, barbants, nous font vraiment entrer dans son univers tel qu’il le voit et cela finit par séduire. Les personnages sont attachants à leur manière, l’équipe de jeune tout aussi amateurs que l’auteur parait parfois à la lecture.

Pour une premier livre, c’est un peu en-dessous des univers plus passionnants de Raymond E. Feist, mais on fait aller et l’histoire finit par donner une envie irrépressible de lire la suite, vite. C’est d’autant plus étrange qu’entre les passages décourageants et la taille totale du roman, il m’aura fallu pas loin de 3 mois pour compléter la lecture (ok je lis lentement, je relis beaucoup quand j’aime les passages et je n’y passe pas mes journées, mais quand même c’est carrément long).

La conclusion de à propos du Roman : L'oeil du monde #1 [1995]

Gil P.
52

Des longueurs de détails, une histoire franchement pas originale dans ses rebondissements et un bestiaire un peu trop connu n’empêchent pas cet Œil du Monde de se lire longuement mais surement. Il reste à voir si le reste de l’œuvre améliore l’ensemble, ce premier livre reste assez moyen tout en étant clairement pas repoussant au point d’en arrêter la lecture.

Que faut-il en retenir ?

  • des personnages sympathiques une action prenante (quand il y en a) quelques bonnes idées

Que faut-il oublier ?

  • des longueurs de détails un style un peu amateur des enchainements courus d'avance

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