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Critique du film : La Cabane dans les bois [2012], par Jonathan C.

Avis critique rédigé par Jonathan C. le samedi 21 avril 2012 à 00h38

Cabin fever

affiche Cabin in the woods

Critique garantie sans spoilers

« Vous croyez connaitre l’histoire. Vous pensez déjà connaitre la fin », prévient l’affiche française. L’histoire que vous croyez déjà connaitre est composée de : la vierge coincée (Kristen Connolly, qui obtient là son premier grand rôle au cinéma après des apparitions mineures dans Phénomènes, Les Noces rebelles, Appelez-moi Dave ou Confessions d’une accro du shopping), le beau gosse meneur type quaterback (le Chris Hemsworth d’avant Thor), la bimbo blonde crédule (la néo-zélandaise Anna Hutchison dans son premier rôle au cinéma), l’intellectuel timide (Jesse Williams, le Dr. Jackson Avery dans la sixième saison de Grey’s anatomy) et le sidekick geek fumeur de joints (Fran Kranz, Topher Brink dans Dollhouse, vu aussi dans Les Associés, Rise, Le Village et Donnie Darko). Ces cinq jeunes, que vous avez l'impression de connaitre depuis un bail puisque vous les avez croisé dans bien d'autres films, ont l’idée démodée d’aller passer un séjour dans une cabane dans les bois, près d’un lac. Mais ils vont réveiller les forces du Mal en fouillant dans la cave.

Non non, ce n’est pas le reboot de Evil Dead (ça c’est pour plus tard), c’est juste le « scénario » prévu par une organisation, qui a attiré ces jeunes dans ce piège afin d’en faire les marionnettes d’un jeu sadique consistant à les plonger dans un film d’horreur live dont ils seront non pas les héros mais les victimes. Dans une salle de contrôle, Sitterson (Richard Jenkins) et Hadley (Bradley Whitford), techniciens en charge de l’opération, observent de près les comportements des infortunés candidats et orientent chacune de leur réaction de façon à ce qu’ils agissent tels les stéréotypes d’un film d’horreur lambda. C’est dans la cave que les jeunes victimes choisissent, sans le savoir, la façon dont ils vont mourir, tandis que Sitterson et Hadley lancent des paris au sein des locaux sur quel type de monstruosité les jeunes vont tomber, comme à la loterie. Pour cette fois, ça sera donc les zombies, et des vrais de vrais. Complètement dépassés par ce qui leur arrive et manipulés à leur insu, les pauvres cobayes tentent de fuir et se rendent compte qu’ils sont enfermés dans un vaste studio plus vrai que nature et truffé de caméras ; c’est un peu une version horrifique de The Truman Show, en fait. Bref, tandis que les personnages archétypaux se font traquer et massacrer dans la grande tradition du genre, tout va bien dans les bureaux de l’agence, les responsables Sitterson et Hadley sont satisfaits du spectacle et le programme se déroule comme prévu…jusqu’à l’imprévu…

Richard Jenkins

Imprévisible, voilà qui définit bien cette étonnante Cabane dans les bois dont le concept, qui peut paraitre tortueux et casse-gueule sur le papier, se révèle très clair à l’écran, d’autant plus qu’aux explications (notamment par le biais des personnages du nouvel agent de sécurité Brian White et de l’employée Amy Acker qui lui explique le fonctionnement) s’ajoute la démonstration en direct. On devine rapidement que La Cabane dans les bois ne sera pas un film d’horreur comme les autres, puisqu’il ne s’ouvre pas sur les jeunes en route pour leur chalet et futur tombeau, mais sur deux employés de bureau qui discutent de tout et de rien (notamment de leur boulot) dans des couloirs aseptisés et sur lesquels surgit brutalement le titre du film. Tout le décorum du film d’horreur classique (tendance eighies) est là, du redneck inquiétant (cette bonne trogne de Tim De Zarn, vu dans un paquet de films et séries parmi lesquels Fight club, Spider-Man, Die Hard 4, Intraçable, The Artist ou Massacre à la tronçonneuse : Au commencement) d’une station-service archaïque au fantôme d’une mystérieuse fille (Jodelle Ferland, la fillette de Silent hill et Tideland) en passant par des zombies maléfiques tout droit sortis d’un Evil Dead ou le passé sordide d’une famille décédée, le tout sur une bande-son tonique très connotée teen movie. D’où cette impression de déjà vu sur laquelle jouent volontiers Joss Whedon et son réalisateur Drew Goddard (scénariste et/ou producteur de Buffy contre les Vampires, Angel, Alias et Lost, il réalise ici son premier long métrage, après avoir écrit Cloverfield, toujours pour J.J. Abrams), comme l'avait fait récemment Eli Craig avec son Tucker & Dale fightent le mal. L'entreprise de destruction nihiliste des codes du cinéma d'horreur et du teen movie était cependant bien plus jusqu'au-boutiste dans l'hallucinant Detention de Joseph Kahn. Mais La Cabane dans les bois, c’est globalement : comment passer du déjà vu au jamais vu.

les djeuns de Cabin in the woods

Le controversé Joss Whedon, qui vient de conquérir le film de super-héros avec ses Avengers, est décidément un type très malin. Avec La Cabane dans les bois, dont il est scénariste et producteur, il peut aussi bien séduire le public habitué au cinéma d'horreur/épouvante que les spectateurs qui en ont marre de tous ces films d'horreur interchangeables et ultra-violents. Dans tous les cas, La Cabane dans les bois surprendra son monde, les blasés, les fidèles, les cyniques ou les novices. L'idée de Joss Whedon est en effet de trousser un vrai film d'horreur à sensations fortes tout en détruisant les codes de tout ce qui a déjà été fait dans le domaine. En bref, construire un film d'horreur original sur les débris du genre. Rendre hommage aux films dont il se moque ici. A ce petit jeu, Joss Whedon et Drew Goddard s'en donnent à cœur joie et prennent un immense plaisir à exploiter leur concept sadique jusque dans ses derniers retranchements. En plus de son caractère très (vidéo)ludique (les personnages font des choix qui influeront sur le cours de l'aventure, trouvent des armes pour se défendre, découvrent des passages secrets et évoluent jusqu'au boss de fin), le film se situe aussi dans cette lignée de thrillers/survivals high-tech surfant sur le principe de téléréalité et d'interaction absolue entre les candidats et le public, par exemple Battle Royale, TV Show, The Tournament, Le Prix du Danger, Running man ou Hunger Games, et dans un autre contexte l'allemand L’Expérience (et son remake américain). Le voyeurisme est donc exploitée (cf. les écrans de contrôle qui ne loupent pas une miette des comportements des cobayes, ou l’étrange trou dans le mur de la chambre), reflétant le désir malsain du spectateur à l’affut du sexe et de la violence. La Cabane dans les bois joue sur les attentes et les fantasmes du spectateur, ce qui fait un peu partie de la touche Whedon.

Mais le principe de la téléréalité, abordé ici avec beaucoup d'humour via les personnages de Richard Jenkins et Bradley Whitford (qui organisent illégalement des paris ou se moquent de leurs victimes comme s’ils étaient en train de regarder un nanar), est finalement écarté (on ne verra d'ailleurs jamais les spectateurs), notamment lorsque la situation dérape. C'est là que La Cabane dans les bois devient réellement intéressant et excitant, lorsqu’il prend une direction plus dingue et inattendue, lorsque même le récit semble échapper à tout contrôle et vire au cauchemar délirant au cours d'une dernière demi-heure aussi folle qu'improbable, carnage fantasmatique (un vrai fantasme de geeks) inédit au cinéma et évoquant une sorte de Styx (le fleuve des Enfers) du film d’horreur et de son vaste bestiaire. Ca devient la foire aux monstres (parmi lesquels traine l’indispensable Richard Cetrone), la fête foraine, le freaks show. Ils sont rares, ces moments ou, devant un film récent, on peut se dire "Wow, j'ai jamais vu ça dans un autre film !". Le final exaltant de La Cabane dans les bois est de ceux-là, alors qu'il se compose paradoxalement d'éléments sortis d'autres films. Cerise(s) sur le gâteau, une apparition-surprise énorme (et très symbolique par rapport au contexte) que je préfère taire ici, et du Nine Inch Nails sur le générique de fin.

Fran Kranz

Si Joss Whedon et Drew Goddard tournent en dérision les clichés du film d'horreur au point de saccager leur intrigue (dont on se fout pas mal, en fin de compte), ils ne méprisent pas pour autant le genre. D'abord parce qu'un film comme La Cabane dans les bois témoigne d'une solide connaissance du genre, de ses artifices, de ses figures de style, de son mécanisme et de ses codes, ainsi qu’une vraie maitrise de son esthétique, le chef opérateur étant d’ailleurs celui de Evil Dead 2, des Scream ou de Jusqu'en enfer. Ensuite parce que Whedon et Goddard multiplient les clins d'œil aux petits classiques du genre (le film dans le film, c'est d'abord Evil Dead avec un peu de Suspiria), notamment dans une dernière partie savoureuse ou l'on s'amusera, à l'occasion des multiples revisionnages (car c'est un film qui pourra s'apprécier sur plusieurs visionnages), à guetter la petite référence, surtout dans certains plans larges dantesques incroyablement fous et détaillés. Enfin, La Cabane dans les bois verse clairement dans l'horreur graphique, assumant pleinement le genre : si le film reste sage pendant un moment, hormis quelques mises à mort jouissives dés l'intervention des zombies (mais, de par le nombre réduits de "candidats involontaires", il y a très peu de victimes pendant une bonne heure), sa dernière partie, décidément surprenante, va déverser un flot de sang et de monstruosités au cours d'un carnage d'anthologie qui cumule plus de morts et plus de freaks que dans n'importe quel autre film d'horreur de ces dernières années. C’est dans ce dernier tiers que La Cabane dans les bois fait définitivement dans le fantastique pur, la fantaisie, le chaos et le surréalisme. Avec un budget confortable de 30 millions de dollars (de quoi faire des effets spéciaux de qualité), la production peut se permettre de se lâcher complètement, et ça fait plaisir à voir.

La Cabane dans les bois est donc un vrai film d'horreur pop-corn, gore, généreux, méchant, riche en rebondissements (de surprise en surprise), en détails macabres (la déco intérieur du chalet en regorge), en plans coquins sur l’agréable plastique des actrices (Anna Hutchison n'est pas farouche) et en effets spéciaux de préférence à l'ancienne plutôt que numériques (« Notre règle a été : si on peut le faire en vrai, alors on le fait »). Mais un film d'horreur tellement second degré et décalé qu'il s'agit plutôt d'une comédie horrifique, cet équilibre entre horreur et humour (très noir) se traduisant d'ailleurs dans la construction narrative du récit, qui alterne entre les "victimes" du scénario (le film d'horreur dans le film d'horreur) et les « puppet masters » en cravate observant et orientant la tuerie dans de pures scènes comiques (ce n'est pas un hasard si Whedon a opté pour des acteurs comme Richard Jenkins ou Bradley Whitford, des acteurs de théâtre et seconds rôles de prestige habitués à la comédie) ; cette combinaison horreur/humour atteint son paroxysme lorsque les deux cotés se rejoignent dans la demi-heure finale, aussi féroce que jubilatoire. Le film ne fait d'ailleurs jamais vraiment peur (puisque toutes les scènes censées faire peur sont tournées en dérision, comme dans une parodie), et on s'amuse plus qu'on ne flippe dans ce rollercoaster fun et fou étonnement riche en gags (cf. l’hilarant « film » du Japon dans la salle de classe, ou le délire téléphonique avec le redneck de la station-service).

Kristen Connolly

Pourtant, malgré son originalité, La Cabane dans les bois n'est pas si différent des néo-films d'horreur dans son traitement, et c'est d'ailleurs là ou le bat blesse : La Cabane dans les bois est cynique, beaucoup trop ! Joss Whedon se plaint que, dans les films d’horreur actuels, « les meurtres soient de plus en plus répugnants, les jeunes victimes de plus en plus facilement sacrifiées », et que les auteurs consacrent « de plus en plus d’attention et de soin aux instruments de torture et de moins en moins aux dialogues ». Malgré toutes ces bonnes intentions, et bien qu’on ne puisse pas lui donner tort, son La Cabane dans les bois ne diffère pas tant que ça de tous ces films, le comble étant qu’il est produit par Lionsgate, à qui l’on doit les Saw, See no Evil ou Hostel. Comme dans un Vendredi 13 ou un Saw, les personnages ne sont ici que des victimes anonymes dont la fonction principale est de mourir dans d'atroces souffrances, le plus souvent punies pour un quelconque pêché (drogue, sexe, etc.). Le concept de mise en abime ne change finalement pas grand-chose pour eux. Joss Whedon et Drew Goddard semblent s'incarner dans les deux personnages des puppet masters, Sitterson et Hadley (Richard Jenkins et Bradley Whitford) : des blasés tellement cyniques et bosseurs qu'ils ne ressentent plus rien pour les gens qu'ils font tuer. Les deux personnages, très drôles, en sont au point de faire leur job d’une façon tellement banale et détachée que c’en devient inquiétant. Whedon parle de ce tandem comme d'une « sorte de doublure du spectateur », mais il s’agit plutôt d’une doublure du réalisateur. Whedon déclare que ces deux larrons représentent tout ce contre quoi il s’élève en tant que cinéaste : « Le besoin de blesser de plus en plus les personnages à l’écran, de les faire se comporter de façon stupide et de n’avoir pour unique objectif que la mort, au détriment du suspense qui y conduit » : il faut préciser que toutes ces tares s’appliquent à La Cabane dans les bois, et que Whedon et Goddard s’incarnent malgré eux en Sitterson et Hadley. Comme Joss Whedon et Drew Goddard, Sitterson et Hadley transforment leurs personnages en de vulgaires stéréotypes afin de les faire crever tels quels, certes pas forcément dans l'ordre préétabli habituel, et mettent véritablement en scène ces mises à mort de la façon la plus spectaculaire possible afin de combler un public assoiffé de sang. Le décor du chalet n'est d'ailleurs rien d'autre qu'un vaste studio de cinéma, bourré de caméras, de trucages et d'effets spéciaux (on peut même y modifier la température ou l'éclairage), entièrement commandé par Sitterson et Hadley. Avec du recul, on peut constater que la démarche de Whedon et Goddard, qui reconnaissent que leur objectif principal était de faire un film « amusant »,  est exactement la même que celle de Wes Craven sur les Scream, qui étaient également écris par un auteur/créateur de série télé (Kevin Williamson) et dont le premier opus était beaucoup plus efficace dans l'épouvante, même au second degré. Scream était plus novateur pour l'époque que ne l'est La Cabane dans les bois de nos jours, mais le propos est exactement le même.

Richard Jenkins et Bradley Whitford

Difficile ainsi de s'impliquer dans une intrigue ou tous les personnages sont soit cons, soit puants de cynisme. Ils auront beau en baver, broyés qu'ils sont dans le mécanisme sadique du film d'horreur, les personnages ici ne sont absolument pas attachants, malgré la bonne bouille de Kristen Connolly (premier plan sur son personnage : en petite culotte), les répliques tordantes de Fran Kranz (qui ressemble ici à Rhys Ifans et dont le personnage se révèle être un peu plus qu’un vulgaire sidekick) ou les dialogues savoureux entre Richard Jenkins et Bradley Whitford. Afin d'évaluer le traitement réservé aux personnages-stéréotypes, il suffit de prendre le cas du drogué de service et geek paranoïaque, dont l'effet des joints qu'il enchaine lui permettra de voir venir le traquenard et d'anticiper. Le statut type quaterback du personnage de Chris Hemsworth lui permettra de plaquer des zombies, tandis que la blondasse sexy ira par défi jusqu’à embrasser fougueusement un loup empaillé (une des scènes les plus bizarres et absurdes du film). Comme s’ils étaient les responsables dans la salle de contrôle, Joss Whedon et Drew Goddard font faire tout et n’importe quoi à leurs personnages. Mais en fin de compte, peu importe quel stéréotype chaque personnage incarne, puisque son sort est scellé d'avance. Les mises à mort sont rigolardes (le coup de la moto est à hurler de rire) et sont plus traitées en gags qu’en drames, si bien que quand un personnage meurt on se marre et c’est tout. Il y avait pourtant de quoi faire quelque chose de dramatiquement intéressant, avec ces jeunes qui se rendent compte qu’ils ne sont que les stéréotypes d’un film d’horreur et que leur unique fonction n’est pas de survivre mais de mourir, essayant alors vainement d’échapper à leur condition de cliché vivant. Les auteurs sont donc excessivement méchants avec des personnages qui semblent tous avoir mérité leur triste sort. Un peu d’empathie n’aurait pas fait de mal (au propre comme au figuré).

Anna Hutchison

De par la structure narrative adoptée, la réalisation est inventive et le récit joyeusement bordélique, passant avec panache (beaucoup d’idées de montage) de la salle de contrôle high-tech à la maison rustique dans les bois (il n’y a quasiment que ces deux décors au cours du film), des discussions cyniques ou banales au carnage en studio. Cette alternance, toute en ruptures de ton décalées, instaure un rythme particulier, une sorte de monotonie mouvante traversée de poussées d’adrénaline, jusqu’au délire final qui s’éloigne complètement du film d’horreur traditionnel et des conventions du genre, tout en gardant une belle tenue esthétique. Le parfum de mystère (un brin de Twilight Zone) autour de l'intrigue fait son effet, et le spectateur se prendra facilement au jeu, à défaut de ressentir des émotions pour les personnages. Spectacle consacré à la destruction d’une jeunesse fantasmée qui n’existe que dans les films et à la fascination morbide (c'est du voyeurisme) du public pour les meurtres atroces, La Cabane dans les bois questionne le désir primitif du spectateur pour le film d’horreur (« Pourquoi aime-t-on les films d’horreur ? », s’interroge Whedon) et respecte autant le genre que son public (beaucoup moins ses personnages, par contre), mais il tombe aussi dans les excès qu’il dénonce. Difficile de parler plus en profondeur d'un tel film sans spoiler, puisqu'il repose grandement sur l'effet de surprise et le crescendo dans la folie.

affiche Cabin

La conclusion de à propos du Film : La Cabane dans les bois [2012]

Jonathan C.
70

Exploitant un concept excitant quoique pas forcément nouveau, Joss Whedon et Drew Goddard abordent le film d’horreur avec dérision pour mieux en exploser toutes les conventions dans une dernière partie démente et pour le coup complètement inédite. Cette spirale, faite de cruauté, d’humour noir, d’imagination débridée et d'effets spéciaux saisissants, n’est pas sans évoquer le traitement des Scream de Wes Craven. C’est à la fois un vrai film d’horreur et une satire du genre, un film conceptuel de petit malin et une réflexion élaborée sur ce qu'il est, comme si le film s'auto-analysait et développait une critique de lui-même, comme si La Cabane dans les bois était aussi bien le modèle que son reflet dans le miroir. Il y a là plusieurs films d’horreur dans un seul film d’horreur, ou plutôt dans une comédie horrifique. Mais c'est aussi tellement cynique que les personnages y sont finalement aussi déshumanisés et instrumentalisés que dans les films d’horreur ciblés. On ne ressent rien pour eux, pas plus quand ils vivent que quand ils meurent. Whedon et Goddard auront beau dénoncer le sadisme et la gratuité inhérents aux films d’horreur contemporains, ils l’exploitent grandement dans cette attraction live certes diablement fun et jouissive, mais par conséquent dénuée d’émotion.

Que faut-il en retenir ?

  • Un concept ingénieux et excitant
  • Un humour ravageur
  • Un climax dantesque et généreux
  • Une réalisation inspirée

Que faut-il oublier ?

  • Trop cynique pour créer la moindre empathie
  • Des contradictions entre les intentions et l'exécution

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