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Critique du Jeu de cartes : Al cabohne
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Critique du Jeu de cartes : Al cabohne

Avis critique rédigé par Amaury L. le mercredi 27 avril 2011 à 1141

Une mafia bien haricotée...

Don Corlebohne attend patiemment, assis dans son confortable fauteuil violet, le cigare cubain tenu dans sa main gauche dont l'index perclus de rhumatismes courbe l'échine. Il interpelle un de ses accesseurs et lui demande, avec le regard froid qui le caractérise, « dis-moi mon garçon, aujourd'hui, j'ai bien touché plus de flouz que Al Cabohne, n'est-ce-pas ? »

Une boîte jaune d'or...

Al cabohne contient cent vingt cartes représentant principalement des « familles » de haricots. Les illustrations signées Björn Pertoft conservent l'esprit humoristique que son aîné, Bohnanza. Pour une dizaine d'euros, le matériel offert demeure sympathique.

La Mafia sort le matos...

Avec des règles un peu mafieuses...

Les règles s'inspirent énormément de Bohnanza (voir la critique du jeu) mais diffèrent par quelques réglages permettant la pratique à un ou deux joueurs. Le but du jeu reste d'être le plus riche à la fin de la partie.

Le jeu comporte six phases qui se déroule toujours dans le même ordre. Un joueur fictif s'installe autour de la table, la Mafia. On commence par planter ou pas les haricots donnés par son adversaire lors de la phase Cultiver des haricots. Si on ne garde pas les semis, on les défausse dans la pile adéquate. Ensuite, la Mafia prélève son « impôt » si jamais vous cultivez des familles de haricots identiques (une carte par famille identique à chaque tour!). Comme dans Bohnanza, il est interdit de modifier l'ordre dans lequel on reçoit les cartes, on doit obligatoirement planter sa première carte Haricot, éventuellement une seconde. On révèle ensuite les trois premières cartes Haricot de la pile et on décide soit de les planter, soit de les donner à son adversaire. Attention, lors de la révélation des cartes, si un boss de la mafia cultive le même type de haricot, on doit lui donner. On termine son tour en tirant deux cartes Haricot de la pile.

Le jeu en solitaire garde les mêmes principes en ajoutant un troisième boss (deux seulement à deux joueurs) et en occultant la phase Don de haricot à l'adversaire.

La Familia, cé importanté...

Où la Mafia joue son rôle...

Al cabohne est un jeu complètement autonome qui reprend l'univers loufoque de Bohnanza, des haricots doués d'intelligence. Le succès commercial incita l'auteur talentueux, Uwe Rosenberg à imaginer des extensions et des variations indépendantes afin d'entretenir la pérennité temporelle de ce dernier. Depuis 1997, chaque année voit apparaître un nouveau produit reprenant la thématique de ces haricots indisciplinés. Al cabohne est né durant l'année 2000 et offre la possibilité de jouer en solitaire ou à deux joueurs (pas plus) à une version légèrement retravaillée de Bohnanza. En incluant un troisième joueur fictif, la Mafia, l'auteur relève partiellement le défi de gommer un des défauts majeurs de l'aîné, des parties à deux joueurs totalement inintéressantes.

L'ensemble tourne de manière satisfaisante et on prend plaisir à pratiquer cette version en couple de Bohnanza. Malheureusement, le marchandage et les échanges verbaux ont complètement disparu dans le transfert, seule la mécanique principale (l'obligation de planter son premier haricot) a survécu, ce qui demeure décevant. La mafia ne parvient pas à se substituer positivement au plaisir d'une interaction continue et captivante entre les agriculteurs planteurs. Le hasard s'invite davantage et décide indirectement des actions entreprises par les joueurs. Avec de la pratique, on se sert de son expérience pour minimiser cet impact, sans jamais toutefois retrouver le charme de Bohnanza. Cependant, il reste préférable à deux joueurs de choisir Al cabohne. Pas complètement un haricot dans l'eau !

La version en solitaire ne verse pas dans l'ineptie et se joue agréablement, un ton en dessous qu'une partie à deux joueurs tout de même. Le hasard devient votre principal adversaire et vous essaierez de le domestiquer grâce à votre sensibilité aux arts divinatoires et votre expérience.

Ma qué, ki cé le boss ici ?

La conclusion de

Surfant sur le succès commercial de Bohnanza, l'auteur délivre un jeu autonome et incompatible avec son aîné qui a la particularité intéressante de se jouer en solitaire ou à deux joueurs. L'ensemble donne satisfaction même si on ne retrouve pas la saveur excitante des échanges verbaux, d'une interaction omniprésente comme Bohnanza en génère. Toutefois, il gomme partiellement un des défauts majeurs de son grand frère, des parties à deux joueurs insipides et reste pour les accrocs, un bonne adaptation dans un format de voyage. Une Mafia un peu hasardeuse cependant !

Que faut-il en retenir ?

  • Meilleur que Bohnanza à deux joueurs.
  • Mécanique solide.
  • Jeu en solitaire.

Que faut-il oublier ?

  • Plus d'échanges verbaux.
  • Hasard important.

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