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Critique du Roman : Evadés de l'enfer !
Evadés de l'enfer ! >

Critique du Roman : Evadés de l'enfer !

Avis critique rédigé par Nicolas W. le dimanche 12 septembre 2010 à 2242

Une évasion d'enfer !

"Quand il a voulu déchiffrer cette phrase de loin, il a senti la panique l'envahir, certain pendant quelques instants d'avoir sous les yeux le slogan : Arbeit macht frei. Plus possible de se tromper, désormais. Tandis que le ferry s'introduit dans le port où résonne le cliquetis des mécanismes et des chaînes en action, tandis que les battants de fer se rabattent lentement puis se referment avec un boum grave, Matthew découvre un message tout aussi terrifiant : Abandonner tout espoir."

Ils s'appellent Matthew, Seven, Belle et Eli. Quatre êtres humains que rien ne semble pouvoir rapprocher. Excepté la mort. En passant de vie à trépas, ils ne s'attendaient certainement pas à se retrouver sur un ferry naviguant sur le Styx, en route vers un Manhattan en déliquescence. Pourtant, ces compères ne peuvent prétendre à la sainteté, bien au contraire. Au bout de la route, c'est l'Enfer qui les attend, un enfer qui ressemble beaucoup à une mauvaise copie de notre monde. Mais peu importe. Cette équipe rassemblée par le destin va chambouler tous les codes du domaine de Lucifer en amenant la destruction au cœur du royaume infernal.

L'écossais Hal Duncan avait fait très grand bruit lors de la publication de son livre de toutes les heures. Avec Vélum (critiqué ici) et sa suite Encre, il avait su imposer un style étonnant et révéler un talent inouï. Repris à l'époque par Denoël Lunes D'encre, c'est par Folio SF que l'on retrouve l'écrivain avec un court roman de quelques 200 pages, Evadés de l'enfer !. Après s'être attaqué aux mythes et aux légendes dans son premier roman et avoir déjà à l'époque confronté anges et démons, il renouvelle l'expérience dans une nouvelle direction beaucoup plus portée sur l'action. Direction les enfers...

Le récit enchevêtre les destins de quatre personnalités, chacune ayant commis un crime passible de l'amener dans le monde d'en bas. Ainsi, on retrouve de courts paragraphes qui traitent du point de vue de chaque individu, tantôt à la première personne du singulier qu'à la seconde (comme dans le début de Warchild). Bon, il faut dire que nous ne sommes pas dans le niveau de complexité de Vélum, autant au niveau de la construction que de la profondeur des personnages. Ceux-ci restent avant tout des clichés entre la pute qui se rebelle et le tueur calculateur. On peut arguer que l'on aurait aimé, par exemple que l'auteur s'en tienne plus à ce qu'il construit pour Matthew, en ne révélant pas tout sur lui d'emblée et faisant de lui un des plus intéressants du groupe. On pourra aussi préciser que Lucifer s'affirme comme une grosse réussite avec un sens de l'humour noir des plus exquis. Mais l'intérêt de l'aventure ne se situe pas dans la profondeur des protagonistes, aussi charismatiques et attachants soient-ils. Non, ce qui fait l'intérêt d'Evadés de l'enfer !, c'est son rythme.

Le roman apparait comme une pause récréative dans l'œuvre de l'écossais. Une sorte de petit plaisir où Hal Duncan s'amuse et accouche d'un texte purement jouissif. Mené tambour battant et ne laissant que peu de temps pour respirer, le lecteur enchaîne la mort des personnages, la visite de l'enfer made in Duncan et l'évasion sanglante et pleine de fureur des prisonniers. Le tout porté par la plume efficace et toujours aussi maîtrisée de l'auteur, celle-là même qui nous avait déjà tant séduits. Mais cela pourrait être bien léger si l'imagination toute empreinte de modernisme n'imprimait pas sa patte sur le récit. Nous entrons dans une vision sombre et troublante de Manhattan où chaque catégorie de pêcheur se retrouve tourmentée d'une façon différente. En vivant le quotidien de la ville pour les plus chanceux d'abord mais en étant enfermé pour la plupart. Les suicidés enfermés dans leur carcan et les dissimulant au reste des habitants, faisant d'eux des oubliés. Ou encore les meurtriers, torturés et enfermés dans des pièces aussi étroites que des cercueils. Pour Hal Duncan, il n'y a pas vraiment de raison de forcer le trait sur des bêtes sanguinaires ou des horreurs quand l'amplification de notre propre réalité suffit amplement. Entre les flics corrompus et les médecins obsessifs, nulle nécessité de démon. Tout semble se rapprocher de notre modernité, condamnant et écrasant l'individu dans la multitude et sous les rouages de la société.

Ce côté moderne et contemporain de l'Enfer peut aussi avoir un côté sacrément humoristique et jouissif. Comme voir les équipes de sécurité du monde souterrain équipées comme le SWAT et provoquer des monstrueuses scènes de gunfights avec les fuyards, ou encore voir Lucifer brandir une épée qui tient plus du lance-roquettes que de l'arme blanche. Tout est fait ici pour mettre en place une équipée sauvage et explosive qui ne laissera pas le lecteur sur sa faim. On peut regretter toute de même le manque de folie imaginative auquel nous avait habitués Vélum... Il semble que Hal Duncan n'ait plus eu l'envie de se lâcher de ce côté. Mais toujours est-il qu'on sent tout du long que l'écossais s'amuse comme un fou avec sa version de l'Enfer, du Paradis et de Lucifer. Ce dernier n'étant naturellement pas comme on l'attend. Car malgré tout, l'écrivain ne peut s'empêcher de piquer au vif le concept de Dieu omniscient et bienfaisant tout en brisant la frontière si facile de bien et de mal. On n'en attendait pas moins de sa part.

"Tu t'extirpes de ton siège, tu passes à l'arrière en écartant Seven, tu fourres l'épée de feu dans les mains de Matthew et un flingue dans celles d'Eli, puis tu ouvres d'un coup de pied la portière arrière. Tu dis : " Et maintenant, si on faisait rôtir le serviteur saint et vertueux du Seigneur Tout-puissant ? Ca vous branche ?"

Remerciements à Amandine V. pour la relecture

La conclusion de

Evadés de l'enfer ! permet à Hal Duncan de souffler après son monstrueux diptyque. Jouissif, fun et rondement mené, ce court roman va droit au but sans jamais laisser le temps au lecteur de s'ennuyer. Revenant dans son thème de prédilection avec l'enfer, les anges et le paradis, l'écossais se fait plaisir et nous avec. Un livre bien écrit et des plus divertissants. Il serait bien dommage de ne pas en profiter.

Que faut-il en retenir ?

  • La vision de l'enfer
  • Un rythme infernal
  • Un style fluide et de qualité
  • Lucifer

Que faut-il oublier ?

  • Le manque de profondeur des personnages
  • Un imaginaire qui manque de folie

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