La Belle et la bête : la comédie musicale

Publié il y a 2 ans par Jonathan C.

La Belle et la bête : la comédie musicale : Le film de Disney adapté en musical de Broadway

Le film de Disney adapté en musical de Broadway

Depuis 2013, c’est la déferlante La Belle et la Bête en France. Entre la ressortie en 3D au cinéma du légendaire film d’animation de Disney, la ressortie en copie restaurée du chef d’œuvre de Jean Cocteau (évènement accompagné d’une exposition à la Cinémathèque), la sortie de l’adaptation (moins convaincante) de Christophe Gans avec Vincent Cassel et Léa Seydoux et l’adaptation en comédie musicale estampillée Broadway de La Belle et la Bête de Disney, le conte mythique devenu universel est plus que jamais sur le devant de la scène et sur tous les fronts.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est donc la version française de l’adaptation américaine de La Belle et la Bête de Disney en comédie musicale de Broadway. La phrase n’est pas claire, alors voici quelques explications. C’est en 1994, au Palace Theatre de Broadway, qu’a lieu la première représentation de l’adaptation en comédie musicale de La Belle et la Bête de Kirk Wise et Gary Trousdale. Depuis, le musical La Belle et la Bête a rencontré un grand succès partout dans le monde à travers 21 pays et a été adapté en 8 langues. En 2013, la France reprend à son tour ce musical de Broadway pour des représentations supervisées par Stage Entertainment au théâtre de Mogador, avec Manon Taris (qui tenait déjà le rôle-titre dans la comédie musicale Le Petit Prince pour la tournée asiatique, ainsi que celui de Cosette dans Les Misérables de Claude-Michel Schonberg) dans le rôle de la Belle et Yoni Amar (vu dans Merlin l’Enchanteur au Palais des Congrés, Hair au Trianon, Les Misérables au théâtre Beaulieu de Lausanne et Sister Act au théâtre Mogador) dans le rôle de la Bête. En 2014, Yoni Amar est remplacé par Vincent Niclo (remarqué dans les comédies musicales Titanic à l’Opéra Royal de Wallonie et l’Opéra d’Avignon, West Side Story à la Halle aux Grains à Toulouse, Roméo et Juliette, Tristan et Iseut et Autant en emporte le vent, mais aussi et surtout dans les Chœurs de l'Armée rouge) pour 25 nouvelles représentations, un changement d’acteur qui change forcément le spectacle. Nous avons pu assister à la Première de Vincent Niclo dans le rôle de la Bête.

 

Il s’agit donc bien de l’adaptation du film de Disney (qui s’éloignait déjà grandement du conte originel), et le show s’ouvre d’ailleurs sur le fabuleux thème composé par le grand Alan Menken. L’histoire est la même dans ses grandes lignes, on retrouve toutes les scènes-clé, et quel plaisir de découvrir les incarnations en chair et en os des célèbres personnages du dessin-animé, d’autant plus que certaines de ces représentations « humaines » sont particulièrement réussies (mention à un Gaston parfait, incarnation saisissante du personnage animé chez Disney). Mais par rapport au long-métrage de 85 minutes, cette version comédie musicale de 2h30 apporte aussi forcément quelques nouveautés, des surprises, des dialogues réadaptés ou inventés, des chansons inédites, de nouveaux gags (même si certains gags gras n’étaient pas indispensables dans les rajouts), et une nouvelle vision des personnages, surtout celui de la Bête, d’une étonnante finesse psychologique et plus développé que dans le film d’animation de Disney. Ici, l’histoire d’amour prend vie par bribes devant nos yeux (à l’inverse de La Belle et la Bête de Christophe Gans, avec sa romance artificielle et expédiée), grâce notamment à une interprétation subtile de Manon Taris et de Vincent Niclo, à une écriture à la fois aiguisée et aérienne et à une mise en scène inventive et virtuose.

Mais, comédie musicale de Broadway oblige, c’est l’humour et la légèreté qui priment ici, le show étant en grande partie assuré par les nombreux sidekicks avec un plaisir communicatif à coups de bons mots, de jeux de mots (Big Ben et Lumière peuvent s’en donner à cœur joie), de cascades (Lefou s’éclate, au propre comme au figuré), d’échanges de répliques piquantes (excellente répartie entre les personnages), de numéros ludiques et de complicité pétillante entre ces énergumènes touchants, le tout dans un timing comique réglé au millimètre (tout s’enchaine à la perfection, c’est fluide et ça va vite). Au-delà de la beauté déjà connue de l’histoire d’amour centrale, Big Ben (David Eguren), Lumière (Dan Menasche), Madame Samovar (Leovanie Raud), Plumette (Alix Briseis), Madame Grande Bouche (Gabriella Zanchi), Gaston (Alexis Loizon) et Lefou (Alexandre Faitrouni) lui apportent une dynamique emballante et sont pour beaucoup dans le plaisir éprouvé devant ce spectacle sans aucune fausse note ou l’on ne voit pas passer le temps.

Le résultat sur la superbe scène du théâtre Mogador est tout simplement stupéfiant. Dans des décors à la fois rudimentaires et sophistiqués qui s’emboitent, se chevauchent et défilent devant nos yeux par d’ingénieuses transitions (les basculements de décors et changements d’éclairage en temps réels sont impressionnants) et une mise en scène ample et ambitieuse (la gestion de la lumière et des effets est éblouissante), la troupe d’acteurs fanfaronne, chante et danse au fil de numéros variés, minutieusement chorégraphiés et spectaculaires qui s’inspirent directement du classique de Disney. L’ensemble est éclatant de couleurs, visuellement réjouissant et grisant. La profondeur et l’espace sont intelligemment exploités de façon à donner l’impression qu’il n’y a pas de limites géographiques sur la scène, alors que tout se déroule sur une dizaine de mètres au carré (ce qu’on oublie totalement). Il y a ici une sensation de relief saisissante, bien plus convaincante que la conversion 3D du film de Disney. Il se passe parfois tellement de chose en même temps qu’on ne sait plus quoi regarder dans la scène (à ce titre, le premier numéro musical est presque déstabilisant) et qu’on loupe forcément quelque chose : un détail dans le décor, un effet discret, la mimique d’un figurant, une pirouette d’un acteur, un accessoire rigolo…Du coup, le spectacle pourra se revoir avec plaisir, tant qu’il reste à l’affiche.

Si la première partie (avant l’entracte) propose quelques numéros flamboyants (mention à deux morceaux de bravoure 100% Broadway à couper le souffle : le show de Gaston dans la taverne et celui de Lumière pour le diner) menés à une cadence affolante, la deuxième est plus axée sur l’émotion et donc un peu moins rythmée, quoique toujours très captivante et esthétiquement superbe. La première partie est plus légère, pétillante, virevoltante, puis le lyrisme prend place dans le second acte. On se croirait presque dans un film de Vincente Minnelli ou de Stanley Donen. Un regret : on ne voit pas l’orchestre (alors qu’il y a bien un chef d’orchestre).

Grâce à des effets spéciaux, costumes et maquillages soignés mais surtout grâce à beaucoup d’idées dans la mise en scène, ce spectacle parvient à rester crédible même dans sa représentation live des objets enchantés, qui sont de vrais personnages à part entière et qui volent même souvent la vedette au couple romantique en tête d'affiche. Il fallait beaucoup d’audace et d’imagination pour donner vie à Lumière, Big Ben, Madame Samovar ou bien entendu la Bête, et pour mettre en scène des numéros musicaux démentiels ou les objets s’animent, dansent, voltigent et interagissent entre eux dans le décor surréaliste d’un château féérique. Le musical parvient ainsi à conserver toute la magie et l’émotion du film de Disney et même à retrouver une part de poésie du film de Jean Cocteau, voire même une certaine noirceur (notamment les passages ténébreux dans la forêt avec l'attaque des loups, superbement retranscrits dans cette adaptation live).  
Après les adaptations en musical de Cabaret, Zorro, Mamma Mia !, Sister Act et Le Roi Lion (déjà adapté d’un musical de Broadway lui-même adapté du film d’animation de Disney), Stage Entertainment confirme qu’il est un gage de qualité en la matière. Le spectacle est rodé jusque dans les moindres détails et le travail scenographique est impressionnant. Le musical est introduit par la voix en off de Catherine Deneuve, choix bien vu puisque l’actrice est une habituée des contes et des comédies musicales. Bref, si vous appréciez l'histoire, Disney et les comédies musicales, vous ne pouvez pas passer à côté du musical made in France de La Belle et la Bête avec Manon Taris et Vincent Niclo ; ça se joue et ça se vit actuellement au théâtre Mogador du 20 mars jusqu'au 3 mai.

 

Voici notre courte interview des deux acteurs principaux du show, Marion Taris (la Belle) et Vincent Niclo (la Bête) :

Et quelques photos-souvenirs après le spectacle :

ci-dessus : Vincent Niclo pose avec Lara Fabian

ci-dessus : Vincent Niclo et Manon Taris

reportage de Jonathan C.

Diaporama d'images : La Belle et la Bête [1991]

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