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NIFFF 2013 : New Cinéma from Asia, Films of the Third Kind et Ultra Movies

Publié il y a 3 ans par Vincent L.

Mis à jour 12 juillet : 11 films des sélections...

Outre la compétition internationale, le Festival du Film Fantastique de Neuchatel compte trois autres sélections phares : New Cinéma From Asia, Ultra Movies et les Films of The Third Kind. Petite revue des films présentés cette année.

 

Ultras Movies

 

Cheap Thrills
de E.L. Katz


Un jeune père de famille fraichement licencié accepte une série de défis insensés en échange de 250 000$.

Autre film du groupe notamment composé de Ti West et de Adam Wingard présenté au NIFFF (avec You're Next et V/H/S 2), Cheap Thrill est le premier film du producteur E.L. Katz.

Katz livre ici un thriller joyeusement ludique, efficace en terme de rythme et d'humour (noir), dont l'unique défaut, finalement, réside dans son manque d'originalité. Cheap Thrill part en effet d'un postulat vu et revu, reste très classique dans sa structure scénaristique (les défis allant bien évidemment crescendo, rigolo au début, plus graves vers la fin) et, au final, ne propose rien d'un tant soit peu nouveau.

Cette réserve mise à part, le film fonctionne bien. Katz y va à fond dans son propos, n'épargne rien à ses personnages, s'avère souvent cruel dans son aspect psychologique, et, bien entendu, s'affranchi de toute notion morale. L'humour, bien dosé, permet de donner au propos un côté tragicomique appréciable et de proposer une vision cynique de notre société.

Les comédiens, issus de la "famille" West (Sara Paxton, Ethan Embry ou Pat Healy) font correctement leurs jobs. Sans jamais être transcendant, ils servent toutefois bien leurs personnages et le propos du film. Bref, Cheap Thrill est un long-métrage honnête, jamais exceptionnel, mais suffisamment intelligent et abouti pour emporter l'adhésion en dépit de son manque d'originalité. (Vincent L.)

Vincent L. : 6/10

 

 

Frankenstein's army
de Richard Raaphorst


Derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale… Un réalisateur, persuadé que le pire est passé, se sent l’envie de suivre une patrouille d’éclaireurs de l’armée russe. Durant l'espédition, la patroouille reçoit un appel de détresse et se retrouve dans une église abandonnée et des choses vraiment pas catholiques qui sortent du sol : de véritables monstres de guerre, mi-hommes mi-machine, harnachés avec la grosse artillerie nazie, sortis tout droit de l’imagination malade d’un certain Docteur Frankenstein.

Si Frankenstein's army n'est pas à proprement parler un film détestable, il demeure cependant trop inégal pour emporter l'adhésion. Entre un début interminable, une fin grotesque et un parti-pris found-footage absolument catastrophique, le long-métrage ne parvient jamais à réellement convaincre, s'avérant au final plus soporifique qu'effrayant. Le film est cependant sauvé du désastre par son aspect technique (avec notamment un bestiaire de monstres plutôt originaux) ainsi que par sa courte partie centrale, relativement efficace. Les amateurs de jolies créatures pourront apprécier, mais les autres devraient d'ores et déjà passer leur chemin. (Vincent L.)

Richard B. : 4/10
Vincent L. : 4/10

Lire la critique complète du film

 

 

Gallowwalker
de Andrew Goth


Un cow-boy nommé se voit affligé d'une malédiction qui ramènera à la vie tous ceux qu'il a tué et qu'il tuera. Très vite, une armée de victimes menée par Kansa revient du monde des morts et se lance à sa poursuite. Afin d'équilibrer le combat, Kaos engage un jeune guerrier, Fabulos, pour se battre à ses côtés.

A la base, Gallowwalker avait tout pour nous plaire : un western sauce fantastique (chose peu courante), Wesley Snipes en cow-boy vengeur (oui, on l'aime encore beaucoup sur SFU) et une ambiance série B a priori très assumée. Pourtant, au final, on a détesté Gallowwalker. Non pas que le film était mauvais, non, il était tout simplement nul de bout en bout.

Difficile de savoir exactement par où commencer : Wesley Snipes inexpressif qui a l'air de se faire chier autant que le spectateur (mais c'est mieux que les autres acteurs qui jouent comme des pieds), un scénario bordélique qui semble incompréhensible (il faut attendre le dernier quart d'heure pour tout comprendre), une logique esthétique qui ne doit avoir de sens que pour le réalisateur (pourquoi tous les personnages sont-ils affublés de perruques blondes ?), une mise en scène qui essaie d'être tellement cool qu'elle en devient super ringarde, des dialogues écrits avec les pieds. Non, définitivement, la liste est trop longue. On sauvera du truc quelques monstres sympathiques (bien que le film parte dans le too-much à ce niveau là aussi), mais ça reste très léger.

Ni rythmé, ni drôle, ni intéressant, Gallowwalker est une nouvelle tâche dans la filmographie de Wesley Snipes. Dommage, il y avait du potentiel. (Vincent L.)

Richard B. : 2/10
Vincent L. : 1/10

 

 

H.K. Forbidden Super Hero
de Yûichi Fukuda


Après les super-héros américains tels que Daredevil, Batman ou encore Spider-Man, découvrez celui made in Japan : HK ! Attention cependant, ce nouveau héros risque bien d'ébranler la représentation qu'on se fait des justiciers costumés, car ce dernier a pour spécificité de s'habiller léger et surtout de porter des petites culottes sur la tête. En effets, ses super pouvoirs il les obtient grâce aux odeurs vaginales des demoiselles. Mais attention ce super pervers nommé Kyosuke Shikijo à de très bonnes attentions, et ne cherche qu'à promouvoir la justice et de toujours défendre les plus faibles afin de rendre hommage à feu son paternel.

Issu d'un manga de 52 chapitres publié entre 1992 et 1993, écrit et illustré par Keishù Ando, Kyùkyoku!! Hentai Kamen est désormais un film live mis en scène par Yûichi Fukuda, réalisateur qui, jusqu'à maintenant, avait surtout à son actif un grand nombre de séries télévisées. Après un générique poilant reprenant le style des Spider-Man de Sam Raimi (en remplaçant les toiles d'araignées par des petites culottes), et trente premières minutes plutôt bon enfant, H.K. finit par s'essouffler et devenir rébarbatif. Le concept était amusant, voire politiquement incorrect sur le papier, mais très vite, on se rend compte que la production s'est donné quelques limites à ne pas dépasser (aucune nudité par exemple).

Cela ne serait pas forcément gênant si le scénario était rythmé et proposait assez d'idées pour tenir sur son concept de base, or ce n'est pas le cas. Après quelques premières confrontations fétichistes, l'ensemble des situations tournent à la répétition (reproche finalement assez assimilable à d'autres productions japonaises, en particulier à celles de chez Sushi Typhoon).

À la sortie, le constat apparait comme couler de source, H.K. aurait fait un parfait court-métrage, mais sur une durée même courte de quatre-vingt dix minutes, ce dernier ne tient pas la route et provoque plus d'ennui que de fou rire. (Richard B.)

Richard B. : 4/10
Vincent L. : 1,5/10

 

 

The aswang chronicles
de Erik Matti


Makoy rêve de reconquérir Sonia! Cela dit, sont plan n’intégrait pas une attaque de créatures cannibales...

Comme Eric Matti ne s'est pas embêté à faire un vrai film, je ne vais pas non plus m'ennuyer à faire une vraie critique. Faut pas déconner quand même ! (Vincent L.)

Vincent L. : 0,5/10

 

 

 

New cinéma from Asia

 

009 Re : Cyborg 3D
de Kenji Kamiyama


Attention des terroristes attaquent notre planète et c'est la voix de Dieu qui leur en donne la consigne ! Alors que des gratte-ciels sont bombardés de par le monde, neuf héros cybernétiques se rassemblent après 27 ans d'inactivité pour combattre cette nouvelle menace.

Cyborg009, série créée par Shotaro Ishinomori en 1963 sous forme de aanga, puis 1966 dans une première version animées d'une heure, est de retour sous forme d'un long-métrage après une absence de dix ans. En effet, la dernière adaptation du manga était une série de cinquante et un épisodes de Makoto Kawagoe sortie en 2002. Pour l'anecdote de passage, on doit aussi à Shotaro Ishinomori la série culte San Ku Kaï. Pour être honnête, si San Ku Kaï avait marqué ma jeunesse, j'avais un peu oublié ce qu'était la série Cyborg009. Il faut dire que voir un bébé avec tétine au bec, capable de parler et de téléporter des personnes est déjà à la base quelque chose qui ne m'aide pas à entrer dans un univers.

Cette nouvelle visite dans l'univers de Shotaro Ishinomori vu par le réalisateur de Ghost in the Shell : Stand Alone Complex, Kenji Kamiyama, avait cependant de quoi intriguer. Et on pouvait logiquement se demander jusqu'à quel niveau l'univers du réalisateur allait-il influencer celui de Ishinomori.

Bien, en fin de projection, on constate que Cyborg009 est devenu une oeuvre fortement philosophique (à l'instar de Ghost in the shell,. La nouvelle apparentée ne fait donc aucun doute. Et si, au départ, l'analyse autour des croyances ou encore du comportement de quelques nations amuse et ont un certain sens, 009 Re : Cyborg finit pas sombrer dans l'indigestion, dans une sorte de philosophie de comptoir amenant à la fin à une interprétation soit quelque peu crétine, soit partiellement incompréhensible. Sans compter que tout cela est accompagné de blablas souvent vains et rébarbatifs. 009 Re : Cyborg apparaît donc comme un film long, voire interminable, d'autant que l'on n’a aucune affection particulière vis-à-vis des personnages. Il faut dire qu'entre morceaux de bravoure et questionnements, le réalisateur ne trouve pas le moindre temps à développer ses héros.

Tout n'est pas noir pour autant, l'aspect technique de 009 Re : Cyborg est assez exemplaire avec en premier lieu, en pièce centrale, une séquence se déroulant sur Dubaï tout simplement monumentale en terme de spectacle. Graphiquement le film de Kenji Kamiyama a donc de la gueule et, pour le coup, la projection en relief intensifie cette impression, notamment lorsqu'il est question de donner de la profondeur à l'image. Pour autant le papier-cadeau a beau être joli, cela ne changera en rien que l'intérieur reste fortement décevant et surtout peu exaltant. (Richard B.)

Richard B. : 4/10

 

 

Blind Detective
de
Johnny To

Un officier de police est contraint de se retirer en raison de dégâts subis aux yeux. Mais sa rencontre avec une femme flic, convaincue que notre héros a encore sa place au sein des forces de l'ordre, va l'amener à enquêter sur une affaire de hold-up...

Nouveau long-métrage du réalisateur chevronné Johnny To, Blind Detective est un projet ouvertement commercial mettant en vedette l'un des couples glamour du cinéma de Honk-Kong : Andy Lau et Sammy Cheng. Film policier sur fond de comédie policière (ou vice-versa), Blind Detective est une comédie populaire, le terme étant à prendre dans le sens le plus péjoratif du terme (un comme quand on dit, en France, que Rien à déclarer est une "comédie populaire").

Humour au ras des paquerettes, personnages caricaturaux, acteurs déchaînés (Andy Lau est insupportable en mode Louis De Funès), tous les ingrédients sont présents pour faire de Blind Detective un succès dans son pays d'origine, mais également un long-métrage qui ne peut que difficilement s'exporter à l'international (malgré la renommée du réalisateur et du casting).

Il y a pourtant quelques indéniables bonnes choses dans Blind Detective : un personnage principal souvent détestable (pingre, arnaqueur, imbu de lui-même), des séquences de reconstitution de crime inventives, une belle mise en scène mixant des ingrédients hardboiled à la sauce comédie honk-kongaise. Mais ceci est malheureusement noyé sous nombre d'aspects négatifs, et ne parvient jamais vraiment à sauver le long-métrage.

Le principal défaut de Blind Detective réside ainsi dans sa durée. Le scénario - très mince - est etalé plus que de raison, enchainant les péripéties, les fausses pistes et les nombreuses digressions jusqu'à plus soif. Le coup de grâce se situant au moment où l'on comprend que l'acte final n'est pas l'acte final, et que ce que l'on pensait être la fin (ce vers quoi se dirigeait tout le film) ne l'était en fait pas du tout.

Au final, malgré le capital sympathie de l'équipe, et tout le respect que l'on a pour Johnny To, Blind Detective s'avère être un film rébarbatif dans sa construction scénaristique, et profondément ennuyeux dès lors que l'on adhère pas à l'humour chinois dans ce qu'il a de moins subtil. Quand à la partie "romance", c'est bien simple, on y croit pas une seule seconde. (Vincent L.)

Richard B. : 4/10
Vincent L. : 4/10

 

 

Eega
de S.S. Rajamouli


Nani est un jeune homme au grand coeur qui se spécialise dans la fabrication de feux d'artifice. Il vit dans une maison en face de Bindu, une micro artiste. Depuis plus de deux ans, Nani n'a de cesse de montrer son amour pour la belle, cela même si elle feint l'indifférence. Mais Nani n'est pas le seul à avoir un faible pour Bindu. Sudeep, un industriel multi-millionnaire coureur de jupons, aimerait bien avoir sur son carnet de chasse cette dernière. Puis, Sudeep n'est pas le genre de type à s'embarrasser d'une quelconque morale et serait du genre prêt à tout pour obtenir ce qu'il convoite. Ainsi par le passé, cela ne l'a guère gêné de tuer sa femme pour son argent. Un soir Sudeep décide donc de se débarrasser de son rival. Ce qu'il n'avait pas prévu, et n'aurait pas pu deviner, c'est que ce brave Nani, suite à son décès, se réincarne en mouche vengeresse.

On le sait déjà, le cinéma indien n'est pas du genre à avoir peur du kitsch et de la démesure. Il n'a pas peur de jouer de la caricature ou de se transformer en comédie musicale aux moments les plus inopportuns. C'est d'ailleurs ce qui fait à la fois sa faiblesse et son charme. De fait, ce cinéma aime à souvent se réapproprier des films d'action américains tout en l'accommodant de sa propre culture, amenant du coup des oeuvres aussi dingues qu'uniques. Parfois c'est très mauvais (le plus souvent quand ça oeuvre purement dans la comédie sentimentale), puis d'autres fois, c'est réjouissant à l'instar de Voltage alias Ra.one (qui sort en blu-ray et DVD à la fin de ce mois du juillet). Le film de S.S. Rajamouli rentre pleinement dans ce registre. Eega n'a donc pas peur d'être coloré, caricatural, généreux dans ses décors et ses idées de mise en place de la caméra, rempli de bons sentiments et naïf. On est même surpris de voir que le film n'offre qu'un seul intervalle de chant musical (c'est presque pas assez pour une fois). L'idée de la mouche "à merde" qui veut se venger est assumée à 100%, et offre réellement des moments de pur délice, et ce même si le film tire un peu en longueur sur la fin. Autre avantage, les acteurs jouent le jeu sans la moindre honte et Samantha Ruth Prabhu est d'une beauté renversante.

Ce qui est bien avec Bollywood, c'est qu'il s'approprie un type de cinéma (ici le film de vengeance et celui de super-héros) et n'a pas peur de pousser les concepts à des stades qui dépassent l'imagination, ou, du moins, aller là ou d'autres se mettraient des freins par peur du ridicule. Eega va jusqu'au bout de son idée et, du coup, apparaît comme une expérience cinématographique assez unique. Remettez-vous dans la tête le générique du film de Men in Black, et maintenant imaginez-vous ce point de vue ramené dans le cadre d'une intrigue. Il fallait oser le faire non ?

En terme de rendu des effets spéciaux, même dans le cinéma de Bollywood, on a vu mieux. Eega utilise beaucoup de GGI, et la qualité est fortement inégale. Cela a tendance parfois à nous ramener un peu trop vers une impression vidéoludique. Ains, si les intentions de S.S. Rajamouli sont louables en voulant créer les plans de voltiges les plus incommensurables jamais vus sur écran, la technique ne suit pas toujours. (Richard B.)

 

 

Saving Général Yang
de
Ronny Yu

Chargé de défendre la frontière nord de la dynastie des Song, la famille Yang est secrètement rivale avec la famille Pan, pourtant considérée comme alliée. Lors d'un duel d'entrainement, afin de savoir qui mérite la main de la princesse Chai, le septième fils de la famille Yang (qui se battait au nom de son frère) tue accidentellement Pan Bao, fils de Pan Renmei. En parallèle, la dynastie des Liao envoie les guerriers Khitan envahir la dynastie des Song. L'empereur des Song demande donc au général Yang de se battre sur la ligne de front, tandis que Pan Renmei servirait en tant que commandant en chef. Mais durant la première bataille, Pan Renmei, qui ne pardonne pas la mort de son fils, décide de battre en retraire laissant le général Yang et ses hommes, sans l’espérer le moindre appui, faire face à l'envahisseur.

Ce n'est pas la première fois que les exploits de la famille Yang sont portés à l'opéra, à la télévision ou au cinéma. Parmi les différentes versions on notera quelques grands films du genre chez la Shaw brother comme 14 amazones et Les 8 diagrammes de Wu-Lang. Voir le réalisateur de La Mariée aux cheveux blancs ou du Maître d'armes, Ronny Yu, s'accaparer de ce sujet avait tout du film prometteur, et à la vue du résultat, les amateurs de combats épiques ne devraient pas être déçus du voyage. Il est amusant d'ailleurs de voir que chaque version – du moins cinématographique – aime à donner sa propre vision autour le la légende qui entoure cette famille (même si elles ont toutes en commun de montrer la noblesse d'âme et les intrépides guerriers qui composaient le clan Yang). La légende prendra ainsi toujours le pas sur l'histoire réelle. Et Saving General Yang ne manque pas de jouer sur cet aspect, rendant chaque confrontation épique, héroïque, voir poétique de par le traitement de l'image.

Certes, Saving General Yang n'est pas un chef-d'oeuvre du film de Wu Xia (Les 3 royaumes version longue par exemple monte bien plus d'ambition), mais il n'en reste pas moins que, derrière quelques combats traditionnels du genre – mais déjà bien généreux – Ronny Yu nous a préparé quelques surprises dignes de rester dans les mémoires, à l'instar d'une confrontation quasi westernienne de deux archers s'offrant un duel dans un champ de blé. À elle seule cette séquence mérite amplement le détour. Puis, s'il est vrai qu'on n'atteint pas l'ampleur et la rage des quarante-cinq minutes dantesques vue dans un film comme 13 assassins, le film parcelle bien mieux son action, conférant un équilibre qui apparaîtra au final comme bien plus juste que sur le film de Miike. On notera aussi un aspect très légèrement fantastique de par quelques choix, comme la mise en avant prophétique des évènements ou la façon dont certaines morts sont illustrées. La musique de Kenji Kawai (Ghost in the shell, Ring, Seven Swords) participe elle aussi grandement à l'immersion du spectateur en quête d'héroïsme, à travers un rythmique et quelques chants illustrant à la perfection les images.

On aime chaque année à découvrir le film épique du festival, on a encore en mémoire Ironclad il y a deux ans, ou Dragon Gate - La légende des sabres l'année précédente. Pour 2013, nous avons Saving General Yang ! Mission accomplie, en sortie de salle on se sent l'âme héroïque avec une impression d'avoir vécu une quantité de rebondissements. (Richard B.)

Richard B. : 8/10

 

 

The Berlin File
de
Ryoo Seung-Wan

Pyo est la Rolls-Royce des agents secrets nord-corréen. Sa force, son intelligence, son courage et son intégrité sans faille, l'amènent à être envoyé dans les missions les plus périlleuses dont la toute dernière se trouve prendre place dans la ville de Berlin. Cette fois-ci toute l'affaire ne va pas se passer comme prévu et Pyo va être soupçonné par son propre camp de corruption et en parallèle devoir faire avec l'implication d'agents sud-coréens et du Mossad.

Premier film vu de la sélection "New cineme from Asia" de cette année 2013 du NIFFF, The Berlin File nous amène dans un film de type espionnage avec son lot de dangers, d'actions, d'agents doubles, de conflits de nations et autres joyeusetés du genre sous la direction du réalisateur de City of violence ou encore The injust.

Vous l'aurez donc compris, dans The Berlin File, tous les ingrédients du film d'espionnage font acte de présence. Si le film commence avec une première séquence de fusillade assez classique et une présentation des personnages et des enjeux plutôt brouillons, donnant pour impression sur les trente premières minutes que le film ne sera pas une franche réussite, au fur et à mesure de son développement cet avis va complètement changer.

Car si Ryoo Seung-Wan n'arrive pas dès le départ à nous captiver, petit à petit on va se laisser entrainer dans les aventures de l'agent Pyo grâce à la relation qu'il entretient avec sa femme et les séquences d'actions qui seront de plus en plus spectaculaires, renvoyant celles de Jason Bourne et James Bond aux oubliettes. Les cascades, bien que complétèrent surréalistes sonnent vrais et chaque coup porté et douleur entrevus sur l'écran se ressentiront psychologiquement aux spectateurs. Certes la fin pourra paraître comme un poil tirant en longueur et on pourra penser que tout était bien compliqué pour finalement peu de choses, mais en attendant, on est globalement surpris par la tournure de quelques évènements, encore une fois complètement subjugués par les multiples cascades, chorégraphie et lisibilité de l'action et enfin, le principal, émotionnellement le film nous aura touché. Bref, cette première incursion dans le cinéma d'Asie (enfin plus particulièrement de Corée) nous aura bien mis en appétit et si la suite du programme se montre à la hauteur de ce Berlin File, bien autant dire que nous serons aux anges.  (Richard B.)

(En France chez Wild side dernier trimestre 2013)

Richard B. : 7/10

 

 

The Gangster
de
Kongkiat Khomsiri

The Gangster raconte l'histoire de quelques grandes figures du banditisme Thailandais dans les années cinquante et soixante.

Nouveau film du réalisateur de Slice, The Gangster est un film de mafia dans la lignée des Affranchis et de Casino. On y suit plus de dix ans de banditisme thaïlandais, entre "l'âge du couteau" et "l'âge des flingues", dans un pays s'américanisant de plus en plus au fil des années. Khomsiri filme ainsi une histoire fleuve dans laquelle les récits s'entrecroisent : ascension d'un jeune malfrat, mort des maîtres "historiques" de la mafia, luttes de pouvoir entre les différentes familles, etc.

Impeccablement rythmé, entrecoupé de témoignages de personnes qui ont connu cette époque, The Gangsters est clairement un Affranchis version mafia thaïlandaise, donnant à ses diverses figures emblématiques énormément de classe et se concentrant sur les divers éléments marquant qui ont transformé les mentalités et les manières d'agir. En toile de fond, l'évolution du pays est impeccablement décrite et donne un cachet bien particulier au film.

Au final, s'il n'est jamais vraiment original, The Gangster est un film à la Scorsese comme même Scorsese ne sait plus les faire ! Très plaisant ! (Vincent L.)

Richard B. : 6,5/10
Vincent L. : 7/10

 

 

 

Films of the third kind

 

I declare war
de Jason Lapeyre et Robert Wilson


Bienvenue à la guerre ! Des groupes d'enfants séparés en deux camps se livrent des batailles en se prenant dangereusement au sérieux.

I declare war, c'est la Guerre des Boutons mis en scène comme Platoon, à savoir un jeu d'enfant filmé avec tous les codes du film de guerre. Sur ce principe somme toute très simple, Jason Lapeyre et Robert Wilson tiennent leur propos jusqu'au bout pour aboutir à un spectacle plaisant et efficace. Si le manque de profondeur lui confère au final un côté quelque peu répétitif, on reste cependant accroché à ce long-métrage dont la force ludique s'avère parfaitement entretenue par une mise en scène appliquée, ainsi que par un groupe de jeunes comédiens très convaincants. Une excellente surprise à découvrir ! (Vincent L.)

Richard B. : 8/10
Vincent L : 7/10

Lire la critique complète du film

 

 

The philosophers
de John Huddle


Dans une école, un professeur de philosophie soumet ses étudiants à une expérience de fin du monde...

Par certains aspects, The philosophers possède des points communs avec I declare war, notamment en ce que la partie fantastique ne ressort que d'un fantasme/rêve partagé par l'ensemble des protagonistes. The philosophers n'est donc pas un vrai film post-apocalyptique, mais un "et si" où les divers personnages s'imaginent ce qu'ils feraient en cas de fin de monde, et notamment s'ils avaient à faire des choix de vie ou de mort cruciaux.

The philosophers s'articule donc autour de trois scénarios, trois variations sur le même thème : une guerre nucléaire et un bunker pour se protéger, mais avec seulement dix places pour vingt et un candidats. Par cet exercice, il vont tenter de raisonner au mieux pour maximiser leurs chances de survie.

S'il est sur le papier quelque peu intrigant, l'exercice à cependant deux gros côtés casse-gueule : le premier lié à la redondance du dispositif, le second au fait de faire correctement réfléchir les personnages et les spectateurs. Et au final, il apparaît que John Huddle n'a malheureusement pas réussi à contourner ces deux autres difficultés.

Ainsi, parce qu'il duplique trois fois le même dispositif (avec quelques variations, mais mineures), The philosophers finit par tourner en rond. Le premier scénario est intrigant, plutôt réussi même, et parvient sans grand mal à amener le spectateur dans le procédé. Le second commence à souffrir de la répétition, mais possède intrinsèquement quelques bonnes idées qui permettent de le rendre assez distrayant. Le troisième, en revanche, n'apporte rien de fondamentalement nouveau et, en dépit d'un cadre enchanteur plutôt agréable, s'avère très ennuyeux.

Cela est d'autant plus vrai que pour un film qui est censé traité de philosophie, The philosophers est globalement bien crétin. Ca ne saute pas aux yeux de prime abord (le film à un côté branlette, mais dans un premier temps, ça reste sympathique), mais le propos devient franchement con dans le troisième acte, et ce jusqu'à un final complètement débilitant consistant à faire passer coûte que coûte un message bien précis ne laissant aucune place à la réflexion : les émotions valent mieux que la logique, et l'art est supérieur au savoir-faire et à la connaissance. A la rigueur, le postulat peut se défendre, mais pas comme ça. Quelque part, on ne peut pas appeler son film The philosophers et prendre les spectateurs pour des crétins en lui servant un final niais et moralisateur...

Malgré tout, The philosophers reste un long-métrage regardable, bien rythmé et, sur l'ensemble, pas trop ennuyeux. Porté par un excellent casting (mené par la bonne interprétation de James D'Arcy), mis en scène dans de superbes lieux, et malgré tout ludique dans son déroulé, The philosophers est au final un film bancal, mais pas complètement détestable. (Vincent L.)

Vincent L : 5/10

 
(Vincent L.)

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