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Critique du jeu de société : Villainous : Mauvais jusqu'à l'os, par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 19 mars 2020 à 09h00

Moi je veux Scar et Cruella sinon je boude !

Villainous, sorti il y a un an tout pile pour Cannes 2019, est un jeu qui nous propose d’incarner les méchants emblématiques de Disney. Chaque personnage doit revivre l’intrigue du long-métrage dont il est tiré, mais pas besoin d’être un exégète de la firme : tous les méchants sont en effet livrés avec un petit fascicule très bien fait qui accompagne le joueur en lui expliquant comment il doit procéder.

En plus de ce petit guide, chaque vilain dispose d’un paquet de cartes « méchant », qui lui sont propres et qu’il devra utiliser judicieusement afin d’accomplir son scénario, ainsi que d’un paquet de cartes « fatalités », que les adversaires vont venir jouer de nous mettre des bâtons dans les trous.

Le titre bénéficie d’une direction artistique à tomber, ce qui ne surprendra personne. Il bénéficie également d’une accessibilité extraordinaire : tout a véritablement été fait pour inviter le public le plus large possible autour de la table. Pour les curieux, le test complet est disponible juste ici.

Sans surprise, le titre fait un carton monstrueux depuis sa sortie et tombe régulièrement en rupture de stock. Il existe 3 extensions en VO, et la première– intitulée Mauvais jusqu’à l’os – vient enfin de sortir en VF. Concrètement, elle amène 3 nouveaux méchants à intégrer au jeu de base, pour un prix de vente de 30€ environ. Regardons ce qu’elle apporte au titre.

Hadès

Le premier méchant de cette extension est Hadès, tiré du film Hercules sorti en 1997. C’est un choix plutôt étrange, car le long-métrage en question est franchement moyen et il ne fait pas partie des titres emblématiques de Disney. Hercules est en effet sorti dans la période charnière entre le second âge d’or du studio (La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Le Roi lion) et les ratages en série des années 2000 (dinosaures, Bienvenue chez les Robinsons, la Ferme se Rebelle). Ce méchant n’est ni particulièrement connu, ni particulièrement apprécié. Ce choix donne l’impression que Ravensburger « racle les fonds de tiroirs » pour compléter son roster, alors qu’il s’agit de la première extension sortie en France.

Sur la forme, le bilan est mitigé. Côté pile, les illustrations sont toujours aussi magnifiques : les fans du long-métrage et/ou de Disney seront comblés. Côté face, la figurine est tout simplement hideuse. C’est de mon point de vue la moins réussie de toutes, que l’on se base sur des considérations esthétiques (la figurine est une structure phallique sans grand relief qui ne personnifie pas du tout le personnage) ou techniques (les défauts de coulée sont monstrueux, la figurine est tellement mal moulée qu’elle penche en une sorte d’hommage involontaire à la tour de Pise).

Hadès est plutôt simple à jouer. Il a 5 titans dans son deck : il devra successivement les piocher, les poser sur le lieu situé à gauche de sa zone de jeu et les déplacer case après case jusqu’au lieu le plus à droite. Il gagne s’il parvient à emmener 3 titans à bon port.

Pour l’aider, Hadès dispose d’un char qui lui permet de réaliser une action bonus de son choix à chaque tour. Cet objet ne peut être détruit, contrairement au Diablo de Maléfique par exemple. A part cette carte, le deck comporte essentiellement des alliés et des objets pour se débarrasser des héros. Au passage, les titans sont des alliés comme les autres : ils sont défaussés s’ils participent à un combat, sauf en cas d’utilisation d’un objet particulier disponible en très faible quantité. Les cartes fatalités sont centrées autour des héros emblématiques du film (qui ne pénalisent pas trop Hadès car ils ne recouvrent pas les actions de déplacement) et de cartes gênant le déplacement les titans (en les immobilisant ou en les faisant reculer).

En pratique, le déroulé d’une partie est assez fastidieux : le joueur ne dispose que de deux cases pour le déplacement de ses alliés, et ce sont celles qui rapportent peu de jetons pouvoirs. Or, le déplacement des titans demande au minimum 12 actions de déplacement, et bien plus si vos adversaires jouent les fatalités Kivonbien™. Il en résulte un côté très mécanique, où l’on répète en boucle les mêmes actions de tour en tour. De plus, ce personnage est très dépendant du tirage : il n’est pas possible d’épuiser le deck rapidement pour faire apparaître plus vite les titans et/ou le char De ce fait, bonne chance pour gagner si ces cartes sont concentrées sur la fin de la pile de cartes « méchants ».

La méchante Reine

Pas de débat sur le choix du personnage, il s’agit d’un méchant emblématique de la firme de Mickey. De plus, il occupe une place toute particulière puisque Blanche-Neige et les sept nains est le premier long-métrage produit par papy Walt, dans des circonstances difficiles qui sont aujourd’hui entrées dans la légende.

Sur la forme, le bilan est hélas encore une fois mitigé avec des cartes magnifiques couplées à une figurine là-encore en demi-teinte. Cette fois, le design de ladite figurine n’est pas en cause : la forme générale est vraiment réussie et on identifie le personnage d’un coup d’œil. Mais le bas de la figurine présente des fissurations importantes, au point où j’ai crû dans un premier temps que les vêtements de la méchante reine présentaient un drapé.

La Méchante Reine est vraiment puissante et difficile à arrêter. Elle doit tout d’abord piocher et jouer des ingrédients pour déverrouiller l’accès à la maisonnette des nains, ensuite elle doit éliminer Blanche-Neige en l’empoisonnant. Ce personnage ne peut pas envoyer d’alliés au combat : pour se débarrasser d’un héros, il faut d’abord créer des poisons au moyen d’une action spécifique, puis dépenser une carte « Croque ! » (aucun rapport avec une chaussure et/ou un vénérable auteur de JdR).

Au final, le personnage est plutôt simple à jouer : les points de pouvoirs se récoltent facilement si l’on fait preuve d’un minimum d’habileté, et la présence de héros ralentit très peu la Méchante Reine. En pratique, la partie est une espèce de course de grosbillisme entre Blanche-Neige et sa marâtre. La quantité de carte « croque ! » est très limitée, et il faut soigneusement choisir les héros que l’on va faire passer de vie à trépas. En effet, la plupart de ceux-ci viennent doper la puissance de la princesse et « skaïlle ize zeu limite », comme on dit dans la langue de François Hollande. C’est assez amusant de se représenter Blanche-Neige comme un tank qui vient aggro la méchante.

Le démarrage de ce personnage est très lent, mais il est inarrêtable une fois qu’il est bien lancé. Il est juste possible de le ralentir le temps d’aller chercher soi-même la victoire.

Docteur Facilier

Ce personnage n’est pas un de ceux que l’on aurait mis spontanément dans une première extension. Cependant, il n’est pas dénué d’intérêt : le Docteur Facilier est très caractérisé et il bénéficie d’un univers riche et atypique. De plus, La Princesse et la grenouille, le long-métrage dont il est tiré, bénéficie d’une place vraiment à part parmi les productions de Disney, puisqu’il est considéré comme le chant du cygne de l’animation 2D.

La figurine est réussie : elle symbolise parfaitement son personnage et la petite tête de mort sur le chapeau est vraiment choupinoute. En revanche, elle n’est pas non plus exempte de défauts de coulée : le plan de joint est vraiment raté, donnant un rendu à l’ensemble plus proche du jouet McDo que du produit de luxe. Et c’est bien dommage.

Une fois sur table, le Docteur Facilier se révèle être le personnage le plus complexe et le plus intéressant de cette extension. Il dispose en effet d’un tas de cartes séparé de ses piles de pioche et de défausse : la pile de « l’au-delà ». Certaines cartes « méchants » vont permettre d’y placer des cartes de sa main, tandis que certaines cartes « fatalité » vont venir la remplir de cartes inutiles voire nuisibles. Pour gagner, le Docteur Facilier doit avoir joué trois cartes bien précises : la première est nommée « régner sur la Nouvelle-Orléans » et elle vient se placer dans la pile de « l’au-delà ». La deuxième est nommée « talisman » ; il s’agit d’un objet, qui vient donc se placer dans le bas de la zone de jeu. La troisième et dernière carte s’appelle « divination » : elle permet de prendre les 3 premières cartes de la pile de « l’au-delà » et d’appliquer leur effet. Si « régner sur la Nouvelle-Orléans » se trouve parmi elles, c’est la victoire immédiate !

Contrairement à ses petits camarades, le Docteur Facilier dispose de nombreux objets capables de lui venir en aide. Ces objets vont lui permettre de bénéficier d’actions gratuites, ou d’apurer la pile de « l’au-delà » de toutes ses cartes inutiles. Cependant, ces objets sont statiques : toute la difficulté va donc être d’emmener les héros sur les bons emplacements. 

En pratique, le personnage peut être assez difficile à jouer : la plupart des héros piquent le talisman lorsqu’ils sont joués sur le lieu où il est placé, et il existe de nombreuses cartes « fatalité » capables de retarder voire d’empêcher la victoire du Docteur Facilier. De fait, ce dernier a plutôt intérêt à faire profil bas, histoire de passer sous les radars de ses petits camarades et à ne pas se manger trop de cartes « fatalité ».

La conclusion de à propos du Jeu de société : Villainous : Mauvais jusqu'à l'os

Gaetan G.
75

Mauvais jusqu’à l’os est la première extension de Villainous à sortir dans notre beau pays. Elle contient 3 nouveaux méchants : Hadès, l’opposant d’Hercules, la Méchante Reine de Blanche-Neige et les sept nains et le Docteur Facilier de La Princesse et la grenouille.

Sur le fond, Mauvais jusqu’à l’os fait bien le job : chaque nouveau vilain dispose de sa propre histoire et de son déroulé de partie bien à lui. Il dispose également de ses petites spécificités qui permettent de casser les routines acquises avec la boîte de base. Voilà donc de quoi amener un peu de fraicheur à Villainous, dont le principal défaut reste tout de même la rejouabilité limitée de chaque personnage.

Hélas, quelques menus défauts empêchent de finir extatique (comme dirait Jafar ): la direction artistique des cartes est toujours aussi magnifique, cependant les figurines de ces 3 nouveaux personnages présentent de nombreux défauts de moulage en décalage avec le rendu classieux de l’ensemble. Et puis surtout, la présence d’Hadès peut surprendre : il est issu d’un long-métrage plutôt moyen, loin de faire partie des grands classiques de la firme. Il y avait nettement plus iconique et plus charismatique, surtout quand on pense que c’est la première extension ! Pour ne rien arranger, le personnage se révèle aussi oubliable dans le jeu que dans le dessin animé. A 15 ou 20€, ce serait passé crème. A 30, soit 10€ par personnage additionnel tout de même, ça fait cher l’erreur de casting. Les fans de Villainous craqueront et ils auront bien raison, mais ce n’est pas cette extension qui convaincra les sceptiques.

Au passage,  cette extension a le bon goût d’être autonome : il est tout-à-fait possible d’y jouer si vous ne possédez pas la boîte de base. N’hésitez pas à vous laisser tenter si vous la voyez passer en solde quelque part, ou si vous voulez découvrir Villainous sans y consacrer des fortunes.

On a aimé

  • Extension stand-alone, permet de découvrir le concept "à petit prix"
  • 3 méchants qui ne font pas redite avec ceux de la boîte de base
  • Direction artistique toujours aussi magnifique
  • Le Docteur Facilier, pas si simple que ça à gérer

On a moins bien aimé

  • Hadès, un méchant pas forcément inoubliable. Il y avait sans aucun doute mieux à incorporer
  • Gros défauts de moulage sur les figurines
  • Cher (30€ pour 3 personnages !)

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