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Critique du jeu de société : Lords of Hellas [2018], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 13 juin 2019 à 09h00

Les ch'tis à Mykonos

Courant 2017. Des créateurs de jeu de société polonais discutent dans un bar, à côté d’une bouteille de Vodka plutôt vide que pleine (vraisemblablement à l’inverse des personnes en question) :

- Tu te rappelles, c’était cool, quand même, quand on regardait Ulysse 31 à la télé. On en fait plus des dessins animés comme ça…
- C’est vrai, tiens. Tu sais quoi, faudrait en faire un jeu de société.
- Eh mais t’as raison ! Un truc avec des grecs qui se tapent dessus à coup de blaster.
- Par contre, il faudrait rajouter des monstres. Des gros monstres, genre la méduse ben en fait elle ressemble au docteur Octopus avec des serpents biomécaniques partout !
- Et tout ça dans une ambiance dark et hyper sérieuse, bien entendu. Tu vois, genre les films de SF avec Vin Diesel.
- Du coup, c’est obligé, il faudrait aussi des tas de figurines de soldats, pour faire des énoooooormes batailles à 20 ou 30 comme dans Risk ! Ça claquerait, hein ?
- C’est sûr… Mais pour que ça soit vraiment génial, il faudrait aussi pouvoir construire des trucs. C’est cool de construire des trucs ! Je veux des grosses ‘gurines de 10 centimètres de haut à assembler morceau par morceau, en mode « on construit les 7 merveilles du monde de la Grèce » !
- On tient un concept, mon pote ! Allez, encore un verre et on se lance.

Le dialogue ci-dessus est bien entendu une reconstitution, et on ne peut pas garantir que la genèse de Lords of Hellas, le titre dont nous allons parler aujourd’hui, se soit exactement passée comme ça… Mais il a quand même probablement fallu une belle dose d’alcool pour accoucher d’un concept aussi barré. Car oui, Lords of Hellas, c’est avant tout un jeu avec des grecs dans l’espace.

Vous pouvez me dire que je survends. Après tout, ce type d’univers n’est pas si atypique : Assassin’s Creed Odyssey comporte par exemple des éléments de SF, sans parler de licences comme The Next Penelope : Race to Odysseus ou Ulysse 31. Mais clairement, aucun prédécesseur n’avait osé pousser le concept aussi loin. Lords of Hellas pose les bases de son univers avec un sérieux et un premier degré absolument jouissifs, ce qui donne une forte identité au titre…

Le résultat est de très bonne facture, et sans surprise il a su se constituer une belle base de fan depuis sa sortie en septembre dernier. D’autant que l’originalité du titre ne se limite pas à sa direction artistique : le gameplay est également atypique, avec des partis-pris inhabituels pour un jeu expert. Vous avez envie d’en un plus ? Alors suivez le guide, car c’est ici qu’on en parle.

Niveau matos, le verdict est mitigé

Pour parler quantitatif, on ne peut pas dire que les auteurs aient lésiné sur le matériel puisque la boîte contient 90 figurines, 137 cartes et un énorme plateau qui nécessitera une belle table de jeu. Il y en a beaucoup, et pour le coup il y en a même un peu trop puisque l’ensemble a du mal à tenir dans le carton. Certaines parties des monuments – les grandes figurines – doivent être démontées puis installées d’une manière bien précise, sinon l’ensemble ne ferme pas. En pratique, le rangement vire donc souvent au casse-tête, ce qui est toujours agréable quand la partie a fini bien tard et qu’on a plus qu’une envie, celle d'aller se coucher. Plus gênant : si vous avez la bonne idée de constituer un sachet par joueur, il vous faudra tout bourrer dans le fond car il n’y a pas d’emplacement assez large pour accueillir tout ça.

Niveau qualité de moulage, il y a à boire et à manger (pour filer la métaphore de la Vodka). Le jeu contient par exemple une soixantaine de mini-figurines en 20mm représentant des hoplites. Elles sont plutôt réussies, en revanche elles sont parfois victimes du « syndrome de la demi-molle ». Leurs lances en plastiques sont en effet très fines : elles ont tendance à se déformer lors du stockage, ce qui fait qu’elles présentent des angles nettement moins conquérants que ce qui était prévu au départ.

Les monuments sont absolument magnifiques quand ils sont posés sur table et examinés avec suffisamment de recul. De près, cependant, le résultat est nettement moins flamboyant. Ces figurines sont séparées en plusieurs morceaux, avec des lignes d’assemblages aussi visibles que disgracieuses. Les défauts de moulage sont nombreux et il y a de tout : cintrage, criques, bavures et retassures (ça va rappeler des souvenirs aux ingés mécas de passage). C’est dommage, car pour le reste elles sont pleines de détail et disposent d’une pose très dynamique. Et puis, encore une fois, elles en imposent une fois sur table . Pour finir, les monstres et les héros sont nettement plus réussis, leur taille plus réduite leur permettant sans doute d’échapper à tous ces petits problèmes de finition.

Le manuel est plutôt court vu la complexité du jeu. C’est peut-être moi, mais j’ai eu un mal fou à rentrer dedans… Il a fallu au moins deux lectures pour comprendre comment les mécaniques s’articulent. La situation s’arrange au cours de la première partie, mais je vous conseille d’attendre un peu avant de vous faire un avis définitif sur le titre : les débuts peuvent être un peu laborieux.

Petite originalité pour finir : Lords of Hellas est livré avec un second manuel dédié exclusivement au mode solo. Les auteurs ont fait les choses en grand, puisqu’on parle carrément d’une campagne complète nécessitant de nombreuses heures de jeu. Le thème lorgne cette fois-ci du côté de 300 – avouez que ça manquait – et vous propose de combattre les Perses de l’espace. C’est un ajout bienvenu qui dope la durée de vie du titre. Sans aller jusqu’à dire qu’il justifie à lui seul l’achat du titre, il s’agit d’un des meilleurs modes solo auquel j’ai été confronté, et il mérite clairement le détour. Pour la petite histoire, il a été sous-traité à un auteur tiers qui s’est focalisé spécifiquement dessus.

Vous prendrez bien une petite raclette après votre choucroute ?

Niveau description des mécaniques, on ne va pas trop rentrer dans le détail histoire de ne pas larguer tout le monde en cours de route… En effet, Lords of Hellas est un jeu très riche qui mélange allégrement du contrôle de territoire, de l’affrontement contre les monstres mythologiques et du micro-management de héros.

Dans les grandes lignes, une partie de Lords of Hellas se découle en une succession de manches, dans laquelle chacun va réaliser successivement autant d’actions standard qu’il le souhaite avant de finir par une action spéciale. Les actions classiques sont au nombre de 4 :

  • Utiliser un ou plusieurs objets en sa possession ;
  • Déplacer des hoplites de son choix de 1 région ;
  • Déplacer son héros ;
  • Envoyer un prêtre disponible prier sur un monument, ce qui permet d’augmenter les stats de son champion.

Chaque personnage dispose en effet de 3 caractéristiques : le leadership, tout d’abord, détermine le nombre d'hoplites que le joueur peut déplacer lors d’une action unique. La force conditionne (pour faire simple) la difficulté des combats contre les monstres. La vitesse, enfin, indique le nombre de régions qu’un héros peut traverser en un seul déplacement.

Les actions spéciales, quant à elles, sont au nombre de 7 :

  • Recruter 2 hoplites dans chaque ville que l’on contrôle ;
  • Déplacer tout ou partie des hoplites contenus sur une même case vers une case adjacente ;
  • Partir à la chasse au monstre ;
  • Se reposer, ce qui permet notamment de soigner les blessures reçues à la chasse
  • Construire un temple sur une région que l’on contrôle ;
  • Lorsque l’on possède le pion gloire d’une région, éjecter toutes les unités ennemies qui se trouvent sur la même région que votre héros, et recruter des troupes fraiches au passage ;
  • Construire une étape d’un monument.

La manche prend fin immédiatement lorsqu’un joueur, n’importe lequel, décide de construire une étape de monument. Ce dernier gagne un prêtre par temple qu’il contrôle, et toutes les actions redeviennent disponibles. Car vous l’aurez compris, chaque action spéciale ne peut être réalisée qu’une fois par manche et par joueur. Imaginons par exemple que vous partez à la chasse au Cerbère. Le combat se déroule mal : vous infligez énormément de dégât à la bête sans parvenir à la tuer. C’est dommage pour vous, car vous ne pourrez pas retourner l’affronter avant la manche suivante. C’est donc probablement un petit copain qui viendra finir le travail et vous voler la victoire…

La carte est divisée en 5 territoires, eux-mêmes subdivisées en 4 ou 5 régions. Un combat s’engage dès qu’une région contient des hoplites appartenant à deux joueurs différents. Le déroulé d’un combat est assez simple : chaque joueur compte le nombre d’unité sur le territoire disputé, applique éventuellement les bonus passifs de ses équipements et ajoute (s’il le souhaite) une carte d’attaque histoire d’ajouter une pincée d’aléatoire. On ne le fait pas toujours, les cartes d’attaque les plus puissantes nécessitant en effet de sacrifier quelques unités lors de leur activation. Celui qui a le plus grand nombre d’unités gagne le combat. Le perdant ne perd qu’un seul hoplite, mais il doit déplacer les survivants vers une région adjacente vide ou sous son contrôle. S’il n’y en a pas, tout ce petit monde est purement et simplement retiré du plateau. En cas d’égalité, il y a prime à la défense.

A noter qu’un héros peut traverser et même s’arrêter sur une case contenant des soldats ennemis sans déclencher d’affrontement. Et ça vaut mieux, dans la mesure où le héros n’arrête pas de traverser la carte dans tous les sens, que ce soit pour valider des quêtes (celles-ci rapportant des bonus assez intéressants) ou éradiquer des créatures mythologiques. Le combat de monstres, parlons-en, tiens, car il utilise un système assez particulier et qui ne ressemble pas au reste du jeu. Le combat en lui-même se décompose en une succession de rounds entre l’attaquant et la créature. Le joueur actif commence par piocher autant de cartes d’attaque que son score de force, et il les ajoute à sa main. Chaque monstre nécessite une succession d’attaques bien précises pour être vaincu (par exemple : deux attaques à la masse, une à l’épée et deux à l’arc). Si le joueur ne peut pas réaliser au moins une blessure, le combat s’arrête immédiatement. Et si le monstre survit, il contre-attaque. Le joueur situé à la droite de l’attaquant pioche deux cartes dans un deck spécial, et il sélectionne celle de son choix (une mécanique qui met de la bonne ambiance autour de la table). L’attaquant doit alors défausser un certain nombre de cartes d’attaques afin de la parer. Plus la contre-attaque est puissante, plus il faut casquer. Si le joueur actif ne peut ou ne veut pas le faire – après tout, certaines cartes ne sont pas si méchantes – on applique son effet. Parfois, cela inflige des blessures (le héros actif voit une de ses caractéristiques passer à 1 tant qu’il ne s’est pas soigné), parfois cela met fin immédiatement au combat. Et on recommence jusqu’à ce que le monstre soit vaincu ou que le joueur ne puisse plus rien faire. Dans ce cas, l’attaquant malheureux prend une blessure en plus, ne remerciez pas le jeu c’est cadeau.

Pour inciter les joueurs à aller au combat le plus rapidement possible, Lords of Hellas accorde une récompense à celui qui verse le premier sang. En effet, chaque monstre dispose de deux emplacements de blessure spécifiques. Le premier rapporte un artefact au joueur qui inflige le dégât et le second offre un prêtre. Certes, un combat arrêté en cours de route rapportera au minimum une blessure, mais le jeu en vaut largement la chandelle.

La partie s’arrête lorsqu’un des joueurs remplit l’une des conditions suivantes :

  • Il a tué 3 monstres ;
  • Il contrôle 5 régions comprenant des temples ;
  • Il contrôle intégralement 2 territoires.

Il existe une dernière condition de victoire qui s’active lorsqu’un joueur achève un monument. Au bout de trois tours, celui qui contrôle la région contenant le monument en question est proclamé vainqueur, et c’est d’ailleurs rarement celui qui déclenche la fin de partie.

Ca a l’air compliqué, mais en fait c’est tout simple

Premier constat, la mécanique de Lords of Hellas n’est pas aussi compliquée qu’elle en a l’air. 4 actions « préparatoires » que l’on réalise au début de son tour, plus 7 actions faisables une seule fois par manche. Rien d’insurmontable, et tout se met en place de manière assez fluide passé les deux ou trois premiers tours. En revanche, le jeu peut faire peur lors de la lecture des règles : les différentes actions ne fonctionnent pas toutes de la même manière, et on peine à saisir le fil conducteur derrière le système de jeu.

Deuxième constat, le jeu est fortement asymétrique. Chaque joueur incarne en effet un héros mythologique, celui-ci disposant de pouvoirs très utiles mais qui orienteront fortement sa stratégie en cours de jeu. C’est moyen-bof pour la rejouabilité, même si en pratique ce n’est pas rédhibitoire pour autant puisque la victoire s’obtient justement en allant dans des directions que les autres n’anticiperont pas. En effet, Lords of Hellas est basé en pratique sur une sorte « d’équilibre de la terreur ». Les conditions de victoire étant les mêmes pour tout le monde, il faut être capable d’identifier en permanence ceux qui sont susceptibles de gagner dans les deux ou trois tours qui viennent afin de les contrer. De ce fait, il est absolument nécessaire de savoir avancer ses pions discrètement. Imaginons par exemple que vous avez quasiment unifié deux provinces sous votre contrôle. Il ne vous reste qu’un ou deux territoires à conquérir, et c’est la victoire ! Dans ce cas, vous avez tout intérêt à faire diversion, typiquement en partant à l’assaut des temples à proximité. Première bonne raison à cela : si vos adversaires se rendent compte que vous êtes près de la victoire, vous pouvez être certain qu’ils vont venir vous piquer une ou deux provinces et mettre plein d’unités dessus, histoire d’être bien sûr que vous ne puissiez plus gagner. Et croyez-moi, c’est rageant… Deuxième bonne raison : en cas de besoin, vous pourrez facilement basculer sur un plan B – la prise de contrôle des temples bien entendu.

Ce type de mécanique, tout en bluff et en coups-fourrés, peut être assez frustrante, surtout lors de vos premières parties.  Vous commencez à faire votre jeu, tout tranquille dans votre coin, et pif pouf la partie se termine abruptement car un adversaire a rushé une condition de victoire et vous ne l’avez pas vu venir. En contrepartie, elle est hyper gratifiante à jouer : on a vraiment le sentiment d’avoir été plus intelligent que ses adversaires.

Le principal défaut de Lords of Hellas, à mon sens, est que le titre pêche par un certain manque d’unité dans les mécaniques. On a l’impression que les auteurs ont rajoutés pleins de pans de gameplay en cours de route, sans forcément trop se préoccuper de la cohérence de l’ensemble. L’exemple le plus caricatural est la chasse, qui se résout au moyen de séances de pioche de cartes parfois interminables. J’ai vu des chasses durer entre 5 et 10 minutes, pendant lesquelles les autres se sont contenté de regarder le plateau en se curant les dents. Mouais…

La place importante laissée au hasard est assez inhabituelle pour un jeu expert, même si en pratique cela fonctionne vraiment bien. Le fait de permettre au(x) premier(s) qui vont aller taper un monstre de revenir avec des artefacts et des prêtres est une excellente idée. Cela blesse juste assez le monstre pour que tout un chacun puisse se dire « allez, sur un coup de chance je peux me le faire ». Et le hasard est suffisamment présent pour que n’importe quel combat puisse foirer, même si le joueur en question était plutôt bien équipé.

L’équilibrage, pour finir, est absolument impeccable. C’est en général le gros défaut de ce type de mécanique, où le nombre de possibilités très élevé créée énormément d’interactions. La mécanique aboutit de plus à une sorte d’auto-équilibrage du jeu : celui qui prend de l’avance se retrouve sous le feu croisé de ses adversaires et rentre très rapidement dans le rang.

En résumé, si vous êtes un joueur expert à la recherche d’une mécanique qui vous fera sortir de votre zone de confort, si vous êtes suffisamment patient pour vous investir sur quelques parties avant de profiter pleinement du titre, et surtout si une certaine dose de hasard ne vous fait pas peur, alors vous pouvez foncer ! Lords of Hellas est un excellent jeu. Ca fait quelques conditions, c’est sûr, et c’est pour cela que le titre ne conviendra pas à tout le monde.

Le résumé du patron

Public cible : 14+
Les illustrations du jeu peuvent être violentes, suffisamment en tout cas pour déconseiller la boîte aux plus jeune. Mais comme souvent sur les jeux experts, c’est la complexité des mécaniques et la durée des partie qui justifient pleinement la classification 14+

Nombre de joueur :
Le jeu peut se jouer à deux, mais ce n’est pas dans cette configuration où il est le plus intéressant. C’est à partir de 4 que la compétition devient la plus acharnée, et que le jeu devient le plus intéressant. Divine surprise : la boîte est livrée avec un mode solo de haute tenue, une véritable campagne scénarisée qui déboîte. Vous mangez du Sins of the Solar Empire au petit déjeuné et souhaitez vous lancer dans le jeu de plateau ? ne chercez pas, vous avez trouvé votre bonheur !

Durée de partie : environ 2h
La durée des parties dépend énormément des joueurs autour de la table.

Interaction : compétitive
En théorie : 4 joueurs, 4 conditions de victoires différentes et donc chacun la sienne. En pratique, il faut obligatoirement faire un peu de tout, histoire de barrer la route à ses petits camarades et d’avancer gentiment masqué. L’affrontement est souvent bref, typiquement quand quelqu’un détecte qu’un comparse est proche de la victoire.

Rejouabilité : très bonne
Le hasard est très présent à Lords of Hellas, ce qui est assez inhabituel dans un jeu expert. Cela amène de fait une excellente rejouabilité, renforcée par la variété apportée par les différents héros.

Courbe de progression : importante
Ne jugez pas le titre sur votre première partie : il faut un peu de temps pour bien intégrer les mécaniques, et être suffisamment à l’aise pour prendre de la hauteur. A partir de la deuxième, tout roule et chacun peut commencer à se focaliser sur les stratégies. En revanche, pas facile de ne sortir la boîte qu’une fois de temps en temps… Il vous faudra à chaque fois vous replonger dans les règles. Le moindre point de détail oublié peut changer considérablement l’équilibrage, ainsi que votre appréciation du jeu.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Lords of Hellas [2018]

Gaetan G.
85

Lords of Hellas, c’est avant tout le jeu avec des grecs dans l’espace. Ce pitch gentiment crétin est traité avec un premier degré et un sérieux imperturbable, ce qui suffit en soi à le rendre éminemment sympathique. Malgré son thème digne d’une série B, il ne s'agit pas d'un titre bourrin et il vous faudra pas mal de finesse pour l’emporter.  Le système de jeu est plutôt riche, puisqu’il vous propose pêlemêle du contrôle de territoire, de l’affrontement contre les monstres mythologiques et du micro-management de héros. Mais ce qui fait tout le sel du jeu, et toute sa difficulté, c’est l’existence de multiples conditions de victoire. Elles nécessitent toutes de la planification et une construction très progressive de son jeu. Comme il n’est pas possible de résister à une alliance de ses adversaires, tout l’art va consister à mener sa barque avec prudence, en détournant l’attention des petits copains vers un autre endroit – ou vers un autre joueur.

La mécanique fonctionne bien, même s'il faut un peu de temps pour rentrer dedans. En revanche, l'ensemble manque parfois un peu de cohérence. La chasse au monstre, par exemple, fonctionne complètement différemment du reste, avec un système de pioche de carte qui fait énormément appel au hasard et qui plombe le rythme des parties. Après, ce n'est pas un gros défaut : le titre reste de très haute tenue et mérite sincèrement d'être découvert. Les joueurs experts à la recherche d’une mécanique originale peuvent foncer sans problème, à condition toutefois d’être prêt à sortir de leur zone de confort et d’accepter une bonne dose d'aléatoire.

On a aimé

  • Un jeu avec des grecs dans l'espace. How it could possibly go wrong ?
  • Les figurines des monuments, qui en imposent sur la table de jeu
  • Un système tout en finesse, dans lequel il faut progresser doucement vers la victoire sans prendre l'avantage sur ses camarades
  • Matériel pléthorique, même si le prix est ajusté en conséquence
  • Un jeu expert qui fait largement appel à la chance, c'est plutôt atypique et original
  • Un mode solo exceptionnel qui mérite clairement le détour !
  • Durée des parties plutôt courte, vu la complexité du bouzin

On a moins bien aimé

  • Finition des monuments à revoir
  • Manque de cohésion du gameplay. La chasse, notamment, fonctionne vraiment differemment du reste
  • Pas facile de rentrer dedans... Il fait bien une ou deux parties pour commencer à prendre ses marques
  • Pas donné (entre 90 et 120€ dans toutes les bonnes crémeries)

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