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Critique du jeu de cartes : GOSU [2010], par Benoît F.

Avis critique rédigé par Benoît F. le samedi 9 octobre 2010 à 12h25

King of the Combo

Gosu (du coréen : 고수) est un mot provenant du dialecte de la province du Gyeongsang. Il se traduit littéralement par « chef ». Merci à Wikipédia pour cette parenthèse culturelle.

Revenons-en à la sphère ludique. Gosu est une première sur plusieurs points: il s’agit du premier jeu produit par l’éditeur français Moonster Games et la première œuvre ludique issue du cerveau d’un jeune homme d’origine japonaise, Kim Satô. Le bougre, âgé de 15 ans, entame une carrière d’auteur de jeu de la plus belle des manières et semble voué à un avenir prometteur dans le domaine.

 

GOBLIN STORIES

Il était une fois au pays des gentils gobelins multicolores…non, reprenons. Le grand empire Gosu vacille et les clans gobelins ne nourrissent qu’une seule envie : se la mettre sur la face dans les règles de l’art, pour peu qu’un gobelin soit apte à saisir toute la quintessence d’un concept artistique. Bref, Les cinq clans sont sur le pied de guerre : les Anciens Gobans compulsent leurs parchemins secrets ; les Gobelins Alpha aiguisent leurs grosses lames préférées ; les Sombres Gobelins révisent leurs grimoires de magie très très noire ; les Méka-Gobelins huilent leurs machines aux allures de Robocop ; pour finir les Gobelins de Feu vont acheter des allumettes à l’échoppe du coin.

Tout ce petit monde est en ébullition, une grande bataille se dessine et c’est elle qui décidera de l’avenir de la race.

 

GOBS A LA CARTE

Arrêtons-nous un instant sur le contenant. Celui-ci s’illustre par son format et son design plutôt inhabituel. Cette petite boîte rectangulaire aux lignes épurées semble avoir été conçue afin de ressortir du lot de formats classiques jonchant les étales de vos boutiques préférées. La couleur choisie entretient cet aspect "dépouillé" et totalement dévolu à un design savamment maîtrisé. Le facing de la boîte frappe par son originalité, se payant le luxe d’omettre le nom du jeu que l’on retrouve sur les tranches. A l’ouverture du contenant, l’heureux propriétaire est en droit de se demander « mais pourquoi une si grande boîte pour une centaine de cartes, quelques pions en carton et un livret de règles ? ». Pour mieux y ranger tes extensions mon enfant ! En effet, l’éditeur, conscient du devenir de son jeu, a anticipé cet aspect souvent problématique dans le domaine du jeu de cartes voué à des ajouts récurrents. Signalons également que Gosu n’est pas un jeu à collectionner ; la boîte de base vous garantira des heures de jeu sans avoir à vous ruiner dans un système d’échange et de collection.

Venons-en aux illustrations. Les travaux de Bertrand Benoît et de Romain Gaschet affichent la volonté de l’éditeur de proposer des produits auréolés d’un esthétisme travaillé et connu de tous les amateurs d’heroic fantasy. Le résultat est plus que convaincant et les joueurs se délecteront devant de splendides Sombres Gobelins et de musculeux Gobelins Alpha. On notera que les textes des cartes, tout comme les symboles d’activation, sont un tantinet trop petits limitant ainsi la lisibilité du jeu. Cela pourra poser quelques désagréments aux adversaires reluquant vos cartes du coin de l’œil. Cependant, ce défaut typographique aura tendance à s’estomper au fur et à mesure des parties grâce à la connaissance des effets de carte que les joueurs accumuleront.

Pour finir, on peut dire du livret de règles qu’il est parfaitement lisible et fidèle à l’esprit Moonster Games genre « çà roxe du poney ». Non pas que l’éditeur est quoique ce soit contre ces gentilles petites bêtes à poils, il s’agit juste d’une expression qui sous-entend que vous n’êtes pas là pour collectionner du Bella Sarah. Ce livret de règles jouit d’une présentation claire et parsemée d’exemples rendant aisée l’apprentissage du jeu.

 

« IN THE ARMY NOW »

Gosu est, avant tout, un jeu d’affrontement et de gestion de main. Par ce terme plus ou moins barbare, on désigne votre faculté à exploiter, au mieux, les cartes que vous tenez en main. Il s’agira donc d’optimiser leur pose. Une partie de Gosu comprend plusieurs manches, appelées rondes, au cours desquelles il faudra accumuler trois points de victoire pour pouvoir l’emporter.

On distingue trois types de cartes déclinés en cinq couleurs et correspondant aux clans gobelins :
- Les Bakutos (niveau 1) forment la piétaille de votre armée ;
- Les Héros (niveau 2) sont des guerriers à qui on ne la fait pas ;
- Les Ozekis (niveau 3) sont les généraux qui commandent à tous.

Afin de constituer votre armée, car c’est là votre but, vous serez soumis à des règles de pose qui diffèrent en fonction du niveau des gobelins. Par exemple, vous ne pouvez jouer plus de Héros ou d’Ozekis que de Bakutos, ces derniers formant la base de votre armée. D’autre part, il est permis de transgresser les règles de pose en utilisant le principe de mutation qui permet, en défaussant des cartes de votre main, de remplacer un gobelin par un autre déjà en jeu.

Les joueurs ne peuvent accomplir qu’une seule action par tour, à savoir :
- Poser un gobelin en jeu ;
- Muter un gobelin ;
- Dépenser un jeton d’activation pour piocher une carte ;
- Dépenser vos deux jetons d’activation pour piocher trois cartes ;
- Placer un jeton d’activation afin de déclencher le pouvoir d’un gobelin ;
- Passer votre tour.

Si tous les joueurs passent, la manche se termine et la grande bataille a lieu. A l’issue de cet affrontement, un point de victoire est accordé au joueur ayant réuni l’armée la plus forte en termes de valeur militaire : les Bakutos valent deux points, les Héros trois points et les Ozekis cinq points. En cas d’égalité, le jeton Avantage départage les joueurs et vous apprendrez rapidement que la détention de ce jeton confère un véritable avantage tactique tout au long de la partie. Dès qu’un joueur atteint trois points de victoire, il est déclaré vainqueur. Si ce n’est pas le cas, on entame une nouvelle manche tout en conservant son armée en place ainsi que les cartes déjà en main ; pas de pioche entre deux manches ; Dura lex sed lex.

 

GOBLIN CONNECTION

L’éditeur et l’auteur de Gosu ne s’en cachent pas : le lien de parenté avec le célèbre jeu de cartes Magic, l'assemblée est évident. On retrouve dans le jeu de Moonster Games un condensé des qualités ludiques du jeu de Richard Garfield tout en évitant de tomber dans les travers du jeu de cartes à collectionner. Cet aspect fait de Gosu un produit voué aux joueurs désireux de retrouver des sensations jadis ressenties sur Magic, l'assemblée sans avoir à se ruiner dans l’achat d’extensions à n’en plus finir. Avec Gosu, on se délectera des nombreuses combinaisons de cartes possibles et la réalisation d’un enchaînement d’effets sur trois à quatre cartes vous procurera une satisfaction non dissimulée. Malgré son côté opportuniste, Gosu s’apprivoise de manière empirique : la connaissance des cartes sera évidemment un atout non négligeable et les premières parties pourront nourrir un éphémère sentiment de frustration chez les joueurs. Pourtant, l’apprentissage des règles se veut très simple et s’effectuera en douceur grâce aux nombreux exemples présentés dans le livret de règles. En plus de sa facilité d’accès, Gosu s’illustre par sa grande richesse combinatoire et une durée de vie particulièrement conséquente.

Les Bakutos - niveau 1

Malgré un aspect graphique véritablement convaincant mis en avant par le talent des illustrateurs, le thème demeure en retrait face aux mécanismes de jeu. On se retrouve dans le cas d’un Dominion ou tout bonnement de Magic, l'assemblée, jeux dans lesquels l’optimisation des coups fait figure de premier commandement et finit par prendre le dessus sur un thème faisant office de décorum. Cependant, on constate rapidement que cet état de fait est totalement assumé et que les rouages mécaniques forment la base solide sur laquelle repose Gosu.

Les Héros - niveau 2


Concernant le nombre de joueurs (de deux à quatre), on s’aperçoit que les configurations à trois et quatre tendent à rallonger considérablement la durée des parties. Cependant, l’éditeur propose des variantes sur son site officiel et notamment une très bonne version à quatre joueurs et en équipe (deux contre deux). On notera également que certaines cartes possèdent des capacités se renforçant en fonction du nombre de participants, leur pouvoir ayant beaucoup moins d’impact dans une partie à deux joueurs. Par exemple, Meow du clan des Méka-gobelins permet de piocher un certain nombre de cartes lorsque la défausse est mélangée ; pour cela il faut que la pioche soit épuisée ce qui arrive plus rarement dans les parties à deux joueurs.

On pourra reprocher à Gosu le manque de maîtrise que les joueurs ont sur la pioche. Ce sentiment se confirme lors des premières parties mais s’estompe à mesure que l’on pratique le jeu. Là encore, l’éditeur réagit en proposant une variante "draft" permettant de sélectionner, en partie, sa main de départ. Une méthode idéale pour qui refuse les aléas d’une pioche initiale parfois capricieuse.

Les Ozekis - niveau 3

La conclusion de à propos du Jeu de cartes : GOSU [2010]

Benoît F.
93

Quelle belle réussite pour le jeune Kim Satô et l’éditeur Moonster Games ! Gosu est un jeu abouti et se suffisant à lui-même. En aucun cas il ne s’agit d’un ersatz de Magic : L’Assemblée. Auteur et éditeur ont su tirer la substantifique moelle du jeu de Richard Garfield tout en imposant leur marque de fabrique. La boîte de base promet un grand nombre d’heures de jeu mais on parle d’ores et déjà d’une extension intitulée « le traité de Kamakor » prévue pour le premier trimestre 2011. L’annonce fait également allusion à la présence d’un clan non gobelin au sein de cette première extension… De même, l’éditeur présente Gosu comme le premier élément d’un univers qui sera développé sur d’autres formats, jeux et bande dessinée (comics). La politique de gamme de Moonster Games s’affiche clairement en posant le monde de Gosu comme pierre angulaire de leur production à venir.

Que faut-il en retenir ?

  • Les illustrations
  • La richesse tactique
  • La durée de vie
  • Les variantes proposées sur le site officiel

Que faut-il oublier ?

  • La transparence (assumée) du thème
  • Le texte des cartes un poil trop petit

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