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Critique du Jeu Vidéo : Shadow of the Colossus
Shadow of the Colossus >

Critique du Jeu Vidéo : Shadow of the Colossus

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 15 septembre 2018 à 0900

Un jeu colossal !

Testé sur PS3. Il ne s'agit pas seulement d'une critique du jeu à sa sortie en 2006 mais de sa version HD sortie fin 2011.

Comment un jeu d'aventure qui propose un vaste monde vide et seulement 16 ennemis à abattre peut-il être considéré comme une œuvre culte dont la résonance va au-delà du jeu vidéo ? Une question légitime pour tous ceux n'ayant jamais touché à Shadow of the Colossus et dont ce test va modestement tenter d'apporter quelques éléments de réponses.

Pour toute œuvre culte, il faut d'abord un artiste et une grand équipe derrière. Shadow of the Colossus fut dirigée par Fumito Ueda, qui était responsable d'Ico sorti en 2001 au Japon (2002 chez nous) dont le succès fut surtout critique et même un peu élitiste étant donné que seuls les joueurs passionnés avaient pu goûter à cette belle aventure. Sony, l'éditeur où Ueda dirigeait la Team Ico au sein du Studio Japan, décida d’emblée de mettre en avant cette nouvelle aventure afin de ne pas réitérer l'erreur. La Team Ico eut aussi toute latitude pour réaliser un projet aussi profond qu'Ico mais finalement bien plus épique et ambitieux. Un jeu d'aventure vous faisant parcourir un vaste lieu ouvert où vous devrez affronter d'immenses colosses tout en gardant cette ambiance particulière qui différencie les jeux de Fumito Ueda du reste de l'industrie. Un réalisateur épaulé encore une fois par l'expérimenté Kenji Kaido à la production tandis que la musique bénéficie du savoir faire de Kow Otani afin de mieux souligner ces sentiments de solitude comme de grandeur du jeu. A sa sortie en 2005 au Japon et aux États-Unis, puis en 2006 en Europe, le titre est plébiscité par la critique et se vend raisonnablement bien. Le statut d'œuvre culte arrive aussi rapidement expliquant son portage HD en 2011 aux côtés d'Ico par le studio Américain Bluepoint Games spécialiste du procédé. Un portage sur PS4 voit aussi le jour en 2018.

Shadow of the Colossus conte l'histoire de Wander, un jeune homme seul et déterminé qui décide de braver tous les dangers, comme les interdits, dans le seul but de ressusciter sa bien-aimée. Il arrive dans une terre désolée sur son cheval Agro et dépose la dépouille de sa bien-aimée dans un étrange temple où une divinité accepte de redonner vie à la jeune femme si notre héros réussit à défaire au combat les 16 colosses qui peuplent cette terre. Sachant qu'il y aura évidemment des répercussions suite à cette décision, notre héros accepte les conditions de la divinité et va devoir se déplacer dans les quatre coins de cette contrée afin de combattre d'énormes créatures. Le jeu alterne donc les phases où la divinité nous présente sous forme d'énigme notre prochain adversaire, le déplacement sur Agro pour arriver à son « repaire » et le combat épique qui s'en suit. Comme pour Ico, ne vous attendez pas à un scénario long et prenant avec énormément de dialogues. La Team Ico a complètement compris ce qu'était un jeu vidéo et se base plus sur le ressenti et les émotions du joueur plutôt que de le plonger dans une histoire très balisée. La force du titre est donc de ressentir cette adrénaline qui monte petit à petit quand on arrive dans l'antre du colosse avant d'entamer un combat épique qui fait frissonner. Cela alterne avec les moments calmes où l'on chevauche dans cette terre aussi vide que sublime. Mais le plus fort reste ce petit sentiment de malaise quand on voit la créature chuter après le moment grandiose où l'on porte le coup fatal. L'impression d'éliminer des créatures majestueuses pour des raisons très égoïstes...

Cette prouesse tient beacoup de l'excellente direction artistique mise en place par la Team Ico. Évidemment, la cohérence artistique avec Ico joue beaucoup même si Shadow of the Colossus se veut plus sombre. Les colosses inquiétant, souvent dans des zones hostiles, apportent une ambiance plus lourde qui contraste avec cette grande plaine centrale ensoleillée qui offre des panoramas de toute beauté. Les meilleurs moments dans le titre sont sans conteste ceux où l'on découvre le colosse qui se dresse en face de nous, parfois de véritables montagnes mobiles ou des animaux gigantesques. Chacun des 16 colosses possède un design franchement réussi avec un mélange d'éléments organiques et d'armure ou de pierre. Tous ont la particularité d'avoir un regard aussi perçant qu'inexpressif les rendant étrange et assez innocent nous faisant vraiment endosser le rôle de l’agresseur. Effectivement, tous les colosses ne se montrent pas agressifs et ils ne font que réagir à notre présence leur voulant clairement du mal. C'est rare un jeu vidéo où terrasser des boss nous remet en question d'où l’aspect atypique et visionnaire de ce titre.

Le défi des développeurs a aussi été de créer un monde ouvert et des créatures gigantesques sur la PS2 faisant de ce titre une énorme prouesse technique pour cette console alors en fin de vie. Avec les deux premiers God Of War et Final Fantasy XII, Shadow of the Colossus fait partie des pépites qui nous firent patienter tranquillement avant l'arrivée de la PS3. L'animation des monstres est parfaite tant on sent la lourdeur de leur déplacement et la puissance de leurs attaques. Qu'ils se déplacent sans nous voir ou qu'ils nous attaquent, on a vraiment l'impression de faire face à une créature ayant ses mécaniques de défense comme d'attaque. Qu'ils soient éloignés ou qu'ils tentent de nous déloger alors qu'on grimpe dessus, les colosses sont impressionnant de réalisme et on apprécie encore plus de devoir les affronter. Une véritable leçon d'animation. L'autre pari est évidemment cette immense monde créé par la Team Ico qui doit être parcouru par le joueur plus par la beauté du voyage que parce qu'il y a quelque chose dans ces étendues finalement désertiques. Cela démontre encore le côté atypique du jeu qui propose volontairement ces phases de voyage dans des lieux sublimes qui mettra de côté beaucoup de joueurs avides d'actions ou de cinématiques répétées. Shadow of the Colossus n'est pas un open-world façon GTA mais un titre qui nous fait vivre tout un panel d'émotions et dont l'aspect contemplatif fonctionne vraiment grâce à ce lieu immense à parcourir où l'on oscille entre plaine battue par les vents, ruines, montagnes, forêts et lacs mystérieux...

Pour autant, il ne faut pas croire que les développeurs se sont contentés de mettre un joli environnement et des gros ennemis bien animés pour nous plonger dans ce titre ambitieux. Shadow of the Colossus est aussi une grande leçon de mise en scène et de la prise en compte du jeu vidéo comme un art narratif propre, bien différents des autres. Évidemment, le média emprunte beaucoup au cinéma mais l'histoire et ce qui fait la saveur du titre ne pourrait pas faire un grand film. Les allers-retours, les voyages silencieux et la répétition d'un même schéma fonctionnent très bien ici car les développeurs ont su ménager un rythme sur plusieurs heures. La caméra éloignée du personnage permet aussi au joueur d'être le réalisateur de son aventure avec le choix des panoramas lors des voyages ou des plans lorsqu'on est face aux colosses. Les développeurs guident aussi le joueur quand ce dernier explore la tanière du boss avec l'excitation de l'apercevoir quand enfin se déclenche la cinématique montrant la majesté de l'ennemi à abattre. A cela s'ajoute la musique de Kow Otani qui se veut bien plus orchestrale et grandiose que celle d'Ico, ce qui fonctionne parfaitement. Chevaucher un serpent volant filant à pleine vitesse sur une musique plus qu'épique a son petit effet. Tout a vraiment été mis en œuvre pour que les combats soient les plus épiques possibles et chaque colosse est unique donnant aux joueurs de véritables sensations. Et que dire du final aussi grandiose qu'émouvant bien qu'un peu précipité...

Les émotions et la grandeur de Shadow of the Colossus se mesurent aussi grâce à un gameplay aussi accessible que réussi. L'inspiration première à laquelle on pense lorsque l'on combat les premiers colosses est évidemment Zelda. Si Ico faisait penser à un énorme donjon tirée de la licence de Nintendo, on ne peut s'empêcher de penser que Shadow of the Colossus est une succession de boss que l'on pourrait retrouver dans les aventures de Link. Les colosses affrontés ne ressemblent pas à ceux vu dans Zelda mais ils partagent avec eux cette idée que les affronter relève autant du combat que de l'énigme. Le but des combats est de trouver les points faibles du boss afin  d'y planter son épée. La première étape est donc de savoir comment grimper sur le colosse en évitant aussi de se faire tuer s'il se montre agressif. Il faiu attirer leur attention comme cet oiseau géant survolant un lac qu'il faut agacer avec ses flèches afin de lui sauter dessus lorsqu'il foncer sur l’impertinent humain que nous sommes. Ou alors trouver un moyen de casser l'armure de ce géant armée d'une énorme épée en pierre... Vous l'aurez compris, chaque colosse est différent et dispose de sa manière d'être vaincu.

C'est donc armé de notre épée et de notre arc qu'on se lance au combat parfois aidé de notre cheval. Notre héros dispose d'une jauge de vie mais aussi d'une d'endurance puisque tout le principe des combats est de réussir à se déplacer sur les colosses pour atteindre leur point faible en y étant fermement accroché. Les bougres ne se laissent pas faire et tentent de nous déloger. A nous de trouver un endroit où se (re)poser et reprendre son endurance avant d'aller taquiner les points faibles du colosse. S'agripper se fait en maintenant la touche R1 ce qui est assez intuitif comme maintenir la touche carré afin de lever son épée et de relâcher pour la planter avec puissance. Si la jouabilité est bien penseé, on peste quand même face à un héros un peu maladroit qui ne se place pas toujours comme on le souhaite et qui est un peu trop baladé quand les colosses se secouent. Rien de bien méchant mais cela reste finalement le seul véritable petit défaut du jeu, cela se ressent surtout face à des colosses plus petits et plus véloces qui nous rentrent dedans sans vraiment qu'on puisse se défendre. Sinon, chaque combat apporte une manière de jouer légèrement différentes entre les colosses humanoïdes armés, ceux qui volent, celui planqué dans les sables où un plus petit qui demande de jouer avec le décor démontrant l'excellent level-design du jeu. Shadow of the Clossus dispose d'une durée de vie plus qu'honnête atteignant facilement les 9 heures et les développeurs ont pensé aux hardcore gamers puisqu'un time attack et une difficulté supplémentaire ont été implantés avec des bonus à débloquer...

La conclusion de

Shadow of the Colossus fait incontestablement parti des chef-d'oeuvres du jeu vidéo. Une œuvre atypique et puissante dont il est difficile de rendre compte dans une critique. Jouer à l'œuvre de Fumito Ueda et de sa Team Ico est une plongée dans l'essence du mot « épique » mais aussi tout un panel d'émotions qui sont la marque des grands jeux. Vaincre 16 colosses n'est qu'une promesse qui ne prenait pas en compte un voyage passionnant au sein d'un monde techniquement et artistiquement époustouflant. Jouez-y !

Que faut-il en retenir ?

  • Une expérience unique
  • Les colosses !
  • Des affrontements épiques

Que faut-il oublier ?

  • La fin précipitée
  • Un héros parfais pataud
  • On a fini de chipoter

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