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Critique du film : Travelers [2013], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 7 janvier 2014 à 20h29

Flic de choc, duo de charme

Aussi élégante qu’athlétique, Ai est considérée par ses pairs comme le meilleur agent de la Police Dimensionnelle. En compagnie de sa coéquipière, elle parcoure les mondes et le temps pour mettre les méchants hors d’état de nuire. Un jour, lors d’une opération solo où elle doit appréhender un terroriste du Dauto (un groupe anarchiste), elle tombe sur Yui, son amie et ancienne collègue, désormais passé dans l’autre camp. Au cours de leur affrontement, Yui lui avoue que le Dauto est à la recherche d’Haruka, une jeune fille possédant des aptitudes surnaturelles. Le gouvernement confie alors à Ai la mission de protéger Haruka, propriétaire d’un extraordinaire artefact. C’est en effectuant cette tache qu’Ai va découvrir les véritables motivations de ses supérieurs. Les certitudes de la jeune policière vont être ébranlées, et elle va remettre en question sa fidélité à ce régime despotique.

Au Pays du Soleil Levant, le réalisateur Koichi Sakamoto est une véritable célébrité. Connu pour ses travaux sur les séries Super Sentai (et ses téléfilms dérivés) Power Rangers et - dans une moindre mesure - le Kamen Rider, ce virtuose de la caméra et du petit écran présente à son actif une bonne trentaine d’œuvres de science-fiction pour jeunes adolescents. Autant dire que dans le domaine des chorégraphies martiales vertigineuses entre justicier et vilains en casques et collants, il en connait un rayon. Cependant, ce planning extrêmement chargé fait que Koichi Sakamoto n’a guère œuvré pour le cinéma et que, pour la critique, il reste un vulgaire faiseur de séries pour kids. En fait, il faut remonter jusqu’en 2009 pour trouver un film signé Sakamoto sorti dans les salles nippones. Et encore, il s’agit d’un portage sur grand écran d’un épisode d’Ultraman (Mega Monster Battle: Ultra Galaxy Legend). Mais, en 2013, cet énergique bonhomme a décidé de changer la donne!

Troisième véritable film du cinéaste, Travelers est une œuvre très ambitieuse qui cherche à générer le respect de l’audience adulte tout en respectant à fond les codes du sentai, genre qui à fait la richesse de Sakamoto et dont il se sent éternellement redevable. Le défi était donc de taille, ménager la chèvre et le chou n’a jamais été, au cinéma comme dans bon nombre d’autres domaines, une recette pour arriver au succès. Alors, à un scénario classique, un brin manichéen, qui exploite les thèmes de l’éveil de conscience, des bienfaits de la fraternité et qui assume pleinement son happy end, Sakamoto a choisi d’introduire une imagerie plus forte, avec des combats graphiquement plus violents (on a même droit à un peu de gore), et de faire dans l’économie pour ce qui est de la tradition des passages fleur bleue et mélo (il y en reste quand même une bonne dose). A coté de cela, le cinéaste a bien pris soin de satisfaire la fanbase en armant Travelers d’un casting composé d’icones du genre. En commençant par l’ex-star de la J-Pop et vedette féminine de Super Sentai: la craquante Nao Nagasawa.

C’est sûr, Travelers a tout pour plaire aux amateurs du genre. Des jolies filles en tenues sexy adeptes des arts martiaux et des chorégraphies martiales pleines de virtuosité (Koichi Sakamoto excelle dans la mise en scène des combats d’arts martiaux) avec, cerise sur le gâteau, une séquence d’affrontement final vraiment très bien filmée et à la violence jouissive. Les codes sont entretenus et respectés; robots de combat, gothic lolita, démonstration kawai, magie shintoïste, entité maléfique, vilain de kaijin eiga (interprété par le génial Kentarô Shimazu), autant d’éléments qui créent l’environnement où évoluent la bondissante Ai et ses copines. Ce film est d’ailleurs une nouvelle occasion d’admirer les performances de ces comédiennes de v-cinema et de séries TV d’action japonaises, qui savent marier sans défaut le charme juvénile et les performances athlétiques.

Bon, je m’éternise dans des effusions panégyriques. C’est vrai que Travelers, par de nombreux aspects, est une œuvre enthousiasmante qui embarque le spectateur dans un univers coloré et animé (pour autant faut-il, comme moi, qu’il soit sensible à ce type de spectacle). Mais force est de dire que le film n’est cependant pas sans défaut. Ainsi, si Sakamoto s’est penché à limiter le nombre de séquences mélo, il ne s’est pas pour autant décidé à complètement écarter cet élément narratif qui est l’une composantes fondamentales du genre. Travelers connait donc parfois de gros coups de mou, heureusement brefs, et n’évite pas quelques innocents passages de charme au style «fashion», comme une classique séquence de douche et une autre, où Nao Sagasawa, en mode japan idol, pose allongé sur son lit comme si elle posait pour une séance photo. Le tout, bien entendu, bercé par une J-pop acidulée qui amène, dans ces moments, un aspect puéril dont l’on se serait volontiers passé.

Enfin, il y a les effets spéciaux numériques. Assez mauvais, il faut bien l’avouer. Surtout pour ce qui est des explosions et des gerbes de sang numérique. Au-delà du manque de manque de moyen, l’on devine qu’il y a chez Sakamoto le désir de rendre le film plus accessible au jeune public en dédramatisant les passages violents par des effets peu réalistes, voire cartoon (le film étant dénué d’humour, Sakamoto ne peut user de Grand Guignol comme le font Yoshihiro Nishimura et Noboru Iguchi dans leurs métrages) mais là, la démarche va très loin et tire souvent vers le ridicule. Heureusement, la modélisation des décors, tout comme l’animation des créations CGI (comme le robot de combat) sont de conception très honnête (une autre raison qui nous encourage à penser que la médiocrité de certains FX découle d’une véritable volonté).

La conclusion de à propos du Film : Travelers [2013]

Nicolas L.
70

Film d’action pétillant, mettant en scène de ravissantes japan idol dans des chorégraphies martiales extrêmement bien maitrisées, Travelers est la parfaite matérialisation live de l’esprit sentai et du plaisir que ce type de spectacles peut déclencher. Très énergique, Nao Nagasawa porte le film sur ses jolies épaules et, aidé par un casting de qualité et une réalisation qui évite le plus possible de mettre en avant les aspects puérils du genre, fait du film de Koichi Sakamoto un spectacle très divertissant qui éveille l’enfant qui sommeille en nous.

Que faut-il en retenir ?

  • Une œuvre ambitieuse
    Une mise en scène de qualité
    Un casting très séduisant
    Un bel hommage au super sentai et au tokusatsu en général

Que faut-il oublier ?

  • Quelques chutes de rythme
    Des FX très perfectibles
  •  

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