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Critique du Film : Les amazones du temple d'or
Les amazones du temple d'or >

Critique du Film : Les amazones du temple d'or

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 14 juillet 2013 à 2101

Sheena sexy et Alan Quatermain en mousse

Dans les profondeurs de la jungle du bois de Vincennes vivent les belles mais redoutables amazones. Chevauchant à cru, armées de lances en carton et d’arcs en balsa, les seins à l’air mais les épaules protégées par des armures de plastique, elles conservent jalousement un secret, enfoui au cœur d’une montage de polystyrène : une mine de cailloux dorés ! La mort est le lot de tous ceux qui découvrent leur secret, et c’est ainsi que Liana perdit ses parents, abattus par des flèches amazones alors qu’ils s’étaient réfugiés dans leur chalet suisse. Pas grave, d’après le peu que l’on en a vu, son paternel était non seulement un voleur et un acteur exécrable mais en plus un sacré abruti.

Aujourd’hui, devenue une charmante bimbo, Liana (la jolie Analia iVars) coule la vie idéale de l’écolo soixante-huitard auprès de ses amis les animaux du zoo. Le brushing impeccable, les ongles parfaitement vernis, vêtu d’un superbe slip en imitation léopard et la poitrine mal dissimulée (tant mieux!) sous un collier de queues de renards, cette fille de la jungle, élevée par l’archétype du bon sauvage, ignore tout de son passé. Mais cela va changer quand Liana reçoit la visite impromptue du père Johnson (Olivier Mathot) qui lui raconte l’histoire dramatique de ses parents… avant de disparaître du métrage sans explication. Puis, d’un coup, tout se précipite. Liana est capturée par une tribu d’indigènes du 93 dirigée par un chef complètement stone (rarement vu sourire aussi con) et un clown sorcier en surcharge pondérale.  On se prend alors à craindre pour la vie de la jeune fille sauvage, d’autant plus qu’elle est défiée est duel par l’homme médecine. Mais, en fait, tout cela n’est qu’une blague, Koukou le sorcier est en réalité le meilleur ami de Liana. D’ailleurs, tous le monde se marre, ou du moins fait semblant. Ha ! Ha ! Tout le monde, sauf le spectateur.

Se pointe alors dans le coin une équipe d’explorateurs. Sautant de liane en liane (enfin, en fait, elle se suspend mollement à une corde et y pend comme un jambon), Liana s’amuse à les pister. Mais, probablement trahie par les fragrances de son eau de parfum, la jeune femme est rapidement repérée et capturée par les porteurs, qui se révèlent être une sacrée bande de malotrus. Heureusement, le sorcier débile, usant de sa patte de lapin et d’incantations magiques (Omo ! Omo ! Goulougoulou !), va faire fuir des figurants qui, leur chèque encaissé, n’en demandaient pas tant.  Ayant perdus leurs porteurs, les explorateurs se retrouvent bien embarrassés (peu prévoyants, ils n’ont pas pensé à s’équiper d’une carte) sollicitent l’aide de Liana et de Koukou pour les guider jusqu’aux Montagnes Bleues.

Alors que le groupe progresse vers une destination qui n’est pas plus bleue que montagneuse (on dirait plutôt un vieil entrepot recouvert de papier alluminium), Bella l’exploratrice, prise d’une soudaine poussée d’exhibitionnisme, décide de se désaper pour aller se baigner et taquiner un hippopotame hilare. Puis, toujours en tenue d’Eve (dans la jungle, est-ce bien raisonnable ?), elle se hasarde dans une grotte gazeuse (oui, une grotte gazeuse !) où elle perd connaissance dans un mouvement très théâtral (imaginez une Scarlett O’Hara à poil perdre connaissance, et vous aurez une idée de la scène).  Non loin, sans nouvelle de Bella, le petit groupe part à la recherche de la nudiste, qui, en fait, a été capturée par les amazones en strings – elle doivent être insensibles au gaz. Toumoutoulou ! Toumoutoulou !  Toumoutoulou ! crie dans la forêt Koukou le sorcier. Bella ! Bella ! hurlent les autres. Evidemment, un tel ramdam ne va pas manquer d’attirer l’attention d’amazones coquettes mais pas sourdes. En fait, elles n’ont même pas besoin d’user de leurs armes pour neutraliser Liana et ses amis puisque tous vont tomber dans le piège de la grotte gazeuse.

L’histoire nous invite alors à visiter le repaire des Amazones. Le fameux Temple d’or. Et là, surprise ! On découvre qu'Irina, la reine borgne des amazones (la bombasse Eva Léon), mélange de sadique de nazisploitation et de guerrière d’heroic fantasy spaghetti, est totalement dévouée à Hulk (gné ?), le grand prêtre, interprété par un Helmut Berger qui, si l'on se fie à l'emphase de son jeu, se croit sur le plateau d’Othello. Les héros, eux, reprennent conscience au fond de la prison du comte de Monte-Cristo.  Harapoutou ! Harapoutou ! se désole Koukou. En langue koukouni, cela doit vouloir dire quelque chose comme « fichtre, nous sommes perdus ». Heureusement, usant d’un flair digne d’un nain de Dungeons & DragonsHarvey découvre un passage secret, caché dans la paroi de carton-pâte.  Leur joie va cependant être de courte durée. Fuyant une attaque de chauves-souris factices, les aventuriers tomber une nouvelle fois dans les griffes des amazones (un peuple de pétasses qui, apparemment, tue tous les boudins à la naissance) qui les amènent à leurs leaders. On remarque à ce moment que le prêtre a le plus grand mal à empêcher son pagne de tomber à ses pieds.

Hulk, l’esprit taquin, décide alors d’emmener les prisonniers dans son donjon médiéval pour une petite séance de divertissement SM. Accompagnée d’une musique funkie, les amazones, tétons en érection, sourires sadiques aux lèvres, torturent alors les aventuriers, en commençant par Koukou, qui devenait, c’est vrai, sacrément chiant avec ses prédictions.  Puis vient le moment tant attendu : le crêpage de chignon entre Irina et Liana. Ce combat de catch féminin entre deux filles en strings brésiliens est absolument mou du genou mais, bon, le but étant plutôt de se rincer l’œil, de ce coté là, c’est réussi. Au final, c’est la gentille qui - bien qu’Irina soit armée d’une magnifique hache en carton doré - va sortir victorieuse du duel... et finir dans le pieu du prêtre.  Un prêtre complètement idiot qui, non seulement s’endort après avoir tiré son coup, mais n’a même pas pensé à lui confisquer son couteau. Tant pis pour lui. Il meurt comme une cloche. En fuyant, Liana va à nouveau être capturée par Irina, qui a soif de revanche.

Libérée de l’autorité du prêtre, Irina donne alors quartier libre à sa créativité sadique, avec la mise en place d’un supplice des plus tordus. Le premier à tester ce terrible instrument de torture (sorti tout droit des Expériences érotiques de Frankenstein) est le couple formé par Bella (Alicia Principe) et son boyfriend Harvey (Emilio Linder). On dirait que c’est vraiment mal engagé pour les héros, qui attendent leur tour dans la pièce voisine ! C’est alors qu’intervient… un chimpanzé !  Sorti de nulle part, celui qui se présente comme le pote de Koukou libère les prisonniers tout en faisant son intéressant (le dresseur avait apparemment le plus grand mal à diriger son animal). Pendant ce temps,  Irina, déchaînée, continue de fouetter, de fouetter…  Liana et ses amis profitent de l’occasion pour filer à l’anglaise. Enfin, les aventuriers parviennent à quitter le temple d’or et vont trouver un soutien dans le clan indigène.  Les amazones, elles, retournent dans leur trou. Match nul, balle au centre.

Les amazones du temple d’or est un film au déroulement un peu confus. Et pour cause ! A l’origine, c’est un métrage commandé à Jesus Franco par Eurociné. Cependant, peu satisfait du produit à la livraison, les frères Lesoeur, qui trouvaient probablement que le spectacle manquait de cavalières amazones, ont demandé à Alain Payet (un réalisateur de films X connu sous le pseudo de John Love) de tourner quelques séquences additionnelles. Chose assez courante chez Eurociné – en général, il s’agit plutôt d’inserts porno – mais qui entraîne ici quelques situations incongrues, comme la visite du père Johnson et des amazones à cheval qui n’ont pas grand-chose à voir avec celles rencontrées dans le temple. A coté de cela, Les amazones du temple d’or est un spectacle léger qui puise son inspiration dans les récits d’Edgar Rice Burroughs et Henry Rider Haggard, en revendiquant un petit aspect serial et… un traitement Eurociné, c'est-à-dire à moindre frais et avec au moins une petite dose d’érotisme.

Réalisation cheap et filles dénudés sont donc au menu de ce spectacle débile mais très rigolo. L’humour volontaire, via le personnage de Koukou, est complètement foireux mais les séquences « sérieuses » le remplacent volontiers. On rit en effet beaucoup en découvrant ces décors de carton-pâte et le jeu très approximatif des comédiens, sans compter la direction de la figuration, quasi inexistante. Le scénario n’est pas avare de passages croustillants, exploitant les codes du film de jungle (le début évoque Sheena, reine de la Jungle) et de l’heroic fantasy. On retrouve le cinéma de Jesus Franco à travers le comportement sadique d’irina et la scène de torture. Il s’est apparemment beaucoup amusé à filmer ces jolies actrices à demi-nues armées de lances en mousse de latex. A coté de cela, un gros effort a été fait sur la photographie et la réalisation reste très sérieuse, ce qui contribue à faire des amazones du Temple d’or un sacré nanar.

La conclusion de

Les amazones du temple d’or est l’un des aboutissements filmiques d’une compagnie Eurociné qui tentait de se faire une place dans le monde de la série B d’aventure dominée à l’époque par la Cannon. Le film de Jesus Franco et Alain Payet respire donc deux ambiances, Eurociné n’ayant pas donné aux cinéastes les moyens de leurs ambitions ni jugé bon de mettre de coté leur goût pour l’érotisme vintage. Le cinéphage ne s’en plaindra pas, tant le résultat est un spectacle cheap désopilant, l’un des plus grands nanars des années 80.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar désopilant
  • Des jolies comédiennes
  • Une belle photographie

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Une direction d’acteur moisie
  • Des décors cheap
  • Des scènes additionnelles mal foutues

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