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Critique du Roman : Seigneur de lumière
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Critique du Roman : Seigneur de lumière

Avis critique rédigé par Manu B. le jeudi 19 février 2009 à 1759

Mahasamatman

"Ses disciples l'appelaient Mahasamatman et disaient qu'il était un Dieu. Il préférait cependant supprimer de son nom Maha- et -atman et se faire appeler Sam. Il ne prétendit jamais être un dieu. Comme jamais il ne prétendit ne pas en être un. Les circonstances étant ce qu'elles étaient, admettre l'un ou l'autre n'eût été d'aucun profit. A la différence du silence.
Il était entouré de mystère...."


Quelques millénaires dans notre futur, l'humanité est partie après que la planète Urath ne fût plus en mesure d'être habitable. C'est dans le vaisseau L'Etoile de l'Inde qu'ils ont fui pour trouver un havre de paix quelque part parmi les étoiles proches. Ils ont fini par trouver une planète hospitalière mais déjà habitée par des êtres vivants. Les hommes ne voulurent pas cohabiter. Ces créatures avaient déjà réussi à s'affranchir de leur corps, s'étant transformées en êtres d'énergie pure, leur garantissant longévité et quasi invincibilité. C'était sans compter la pugnacité des humains qui, en outre, avaient la maîtrise technologique de leur côté. Ils étaient les Premiers et ils ont su employer leur savoir-faire pour vaincre les Rakashas, les Yakashas et autres êtres. Une fois la menace éloignée, ils ont bâti une base (la base zéro, renommée Paradis) sur l'un des pôles et s'y sont installés. Et comme ils voulaient faire de cette planète le point de départ d'une nouvelle civilisation, ils ont construit des villes qu'il a bien fallu peupler. Mais for de leur pouvoir, ils y installèrent des gens dont ils voulaient garder le contrôle. Alors ils firent en sorte que les nouveaux habitants ne surent jamais que les Premiers étaient leurs parents, leurs descendants, et leur firent croire qu'ils étaient même des dieux nommés Vishnou, Brahma ou Kâli. Mais il en est un à qui cette situation pèse, pensant que ces gens qui étaient du même sang, méritaient aussi d'accéder à la technologie des dieux. Kalkin l'Enchaîneur descendit du Paradis pour se mêler au peuple. Et il pensa que, pour les délivrer de l'arrogante supériorité des dieux, il suffisait de créer un contre-courant de pensée. Le Bouddhisme de l'ancienne Terre conviendrait parfaitement. Kalkin s'improvisa Bouddha et commença à prêcher...

Roger Zelazny, l'auteur du Cycle des Princes d'Ambre, a écrit, outre Les Neuf Princes D'Ambre et ses suites, pas loin d'une quarantaine d'autres romans dont les plus connus sont Toi l'Immortel (prix Hugo 1966), Seigneur de lumière (prix Hugo 1968), Royaumes d'ombre et de lumière, l'île des morts, Route 666, l'enfant tombé de nulle part, L'Oeil de chat, Apportez-moi la tête du prince charmant... Parfois injustement décrié, l'auteur fait parfois montre d'une poésie qui n'est pas sans rappeler les meilleurs récits de Ray Bradbury ou Cordwainer Smith. Seigneur de lumière est le premier des trois romans révisés et complétés, rassemblés dans le recueil Seigneurs de lumière, publié dans la collection Lunes d'encre des éditions Denoël.

Lu il y a une dizaine d'années, Seigneur de lumière m'avait laissé un goût étrange: à la fois le sentiment d'un magnifique roman et la sensation d'une oeuvre inachevée. Il restait des scènes fugitives et extrêmement belles et pourtant aucun souvenir de l'histoire. Alors, de quoi cela parle-t-il ?
Evidemment, une deuxième lecture est souvent un acte salvateur (comme Neuromancien), mais une traduction révisée et complétée peut aussi aider pour comprendre que Seigneur de lumière est en fait un grand jeu de rôle, un grandeur nature où des hommes se sont tout à coup pris pour des dieux. Dan Simmons lui avait emprunté le procédé pour écrire le dyptique Ilium / Olympos en utilisant les dieux grecs. Ici, ce sont les dieux Hindous. On sent que Roger Zelazny a travaillé son sujet, et le lecteur se rendra compte en faisant quelques recherches, qu'il utilise les dieux et les principes des religions hindouiste et bouddhiste sans les trahir. On rencontre donc la Trimoûrti composée de Brahmâ (Création), Vishnou (Protection) et Shiva/Rudra (Destruction). Ces trois-là dirigent le Paradis dans notre histoire. Or, c'est en respectant les quatre principes fondamentaux (Kâma (le désir), Artha (la prospérité matérielle), Dharma (le devoir) et Moksha (la délivrance) que doit être mené le monde. Ils sont secondés par des dieux mineurs, avec entre autres Yama (la Mort) et Agni (le Feu) auquel les attributs donnent toute leur puissance. Or, ici, ce qui est mineur va devenir une menace majeure pour les dieux. Le plus grand danger va venir de Kalkin qui va se faire passer pour Bouddha, Mahasamatman, Sam, Siddhārtha Gautama, le Seigneur de lumière, l'Enchaîneur. C'est donc en opposant une religion non-violente à celle des dieux humains que Sam va frapper à l'endroit le faible du système et commencer à le fissurer. C'est en appliquant le Dharma, en assimilant les quatre nobles vérités, en apprenant les trois caractéristiques de l'existence, en évitant les trois poisons, en suivant le noble sentier octuple, et respectant les dix préceptes et quatre incommensurables, que le Bouddha pourra retourner le peuple contre leur dieux arrogants.

Devant le fait accompli, le retour de flamme ne se fait pas attendre et Sam mourra. Mais, comme dans le cycle des renaissances, il renaîtra, et la bataille n'en sera que plus furieuse, plus énorme et dévastera des villes. Et c'est là qu'entre en jeu l'écriture et la poésie de l'écrivain américain, parce qu'il rend les batailles vraiment passionnantes.

La conclusion de

Seigneur de lumière n'est pas un roman facile. Quelques recherches sur l'hindouisme et le Bouddhisme ne sont d'ailleurs pas inutiles pour en savourer la portée. Cela reste sans aucun doute le meilleur roman de Roger Zelazny.

Prix Hugo 1968.

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