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Critique du Roman : Corps-machines & rêves d'anges
Corps-machines & rêves d'anges >

Critique du Roman : Corps-machines & rêves d'anges

Avis critique rédigé par Nicolas W. le vendredi 13 février 2009 à 1548

Une SF venue du Québec

4ème Volume édité par les moutons électriques dans leur toute récente collection de la bibliothèque Voltaïque, Corps-Machines et Rêves D'anges nous offre 17 nouvelles de l'écrivain québécois Alain Bergeron. Ecrivain qui m'était jusqu'alors rigoureusement inconnu. Une occasion donc de le découvrir et ma foi, fort agréable découverte.

Les moutons ont choisi de réunir les nouvelles en 3 catégories qui retracent un peu les différents thèmes abordés par l'auteur.
Le livre s'ouvre sur la préface succincte d'Elisabeth Vonarburg pour laisser ensuite place à la première partie, Corps-Machines.


C'est avec les Crabes de Vénus regardent le ciel que s'ouvre le recueil: Ici les bagnards purgent leur peine d'une façon assez horrible puisque l'idée est de transférer leur conscience et leur intelligence dans des « Crabes » mécaniques à la surface de Vénus pour effectuer des travaux d'extraction de minerai. Une main d'œuvre donc à moindre coût dont personne n'a plus rien à faire. On suit donc les réflexions d'un des prisonniers de ces crabes sur sa condition et son devenir. Bergeron en profite pour traiter de la tyrannie qui oppresse ces forçats mais aussi des espoirs fous qui naissent en eux. Un très beau texte à l'arrivée.
L'auteur aime particulièrement les fins du monde, comme j'y reviendrai plus tard, et c'est ainsi que le second texte se propose de nous narrer l'aventure d'une femme dans un monde détruit et radioactif où subsiste pourtant, aussi absurde que cela soi, un parc d'attractions rempli d'automates. Mais ici que croire, qui est encore humain ? Qui est machine ? Où est le simulacre et où est le réel ? Atmosphère étrange et envoûtante, On y trouve de superbes images. Sans aucun doute, un des meilleurs textes du recueil que cette Analogie de la vie Eternelle.
Mais il arrive aussi qu'Alain Bergeron se montre plus subtil, avec ces Restants, mutants et rebuts, espèce oubliés et robots fous qui peuplent Muclus. Abandonnés sur la planète par les grandes entreprises qui les avaient amenés pour exploiter ses richesses, les Restants ne rêvent que de Revoir Nymphéa, Planète de toutes les beautés et de tous les fantasmes. Et leurs souhaits pourraient prendre forme sous les traits d'un aristocrate en panne sur la planète et qui aurait les moyens de les emmener. Non dénuée d'humour, la nouvelle est un foisonnement de civilisations étonnantes, on y croise même un cyborg fou. Métaphore de l'abandon des hommes par Dieu et des rêves fous de ces malheureuses créatures abandonnées de tous, on se prend à rêver avec eux à cette belle Nymphéa. Dommage cependant que tout soit un peu trop prévisible...
Et puis l'horreur peut être aussi biologique, de préférence chimérique, avec d'incroyables vers télépathes qui infestent les Jardins de L'infante où se retrouvent une compagnie de soldats chargés de retrouver la dite Infante. Leur périple leur réserve bien des surprises et désagréments. Puisqu'ici encore entre simulacre et réel, il est difficile de trancher, même si traité de façon plus exotique que dans le second texte.
Le grand point fort de l'auteur est certainement une imagination débordante donnant lieu à d'étonnants spécimens et des mondes surprenants. Parmi ceux-ci, on retrouve le monde des nouvelles de L'homme qui fouillait la lumière et Le jeu après la mort. Un monde où « les logs » dominent une société organisée autour des congrégats, sorte de multinationales à l'échelle galactique qui s'affrontent pour le contrôle des marchés. Si le premier texte s'intéresse plus aux congrégats même et aux machinations qu'ils établissent, la seconde nous fait plonger dans l'univers des logs, sorte de programmes intelligents présents dans tous les objets pour faciliter la vie quotidienne. On y trouvera pêle-mêle des mémosaulées où reposent les plus riches, des fouilleurs de lumière qui explorent les systèmes informatiques futuristes parmi les photons et les macrophages de sécurité ou encore des systèmes ultra perfectionnés plus proches du véritable organisme que de la machine. C'est foisonnant, parfois sublime mais toujours intelligent.


Vient ensuite la seconde partie, Rêves d'anges, qui contient d'ailleurs beaucoup plus de fantastique que les autres nouvelles. C'est d'ailleurs bien dans le fantastique que l'on est lorsque l'on fait la connaissance des Amis d'Agnel : parias, pauvres et clochards cohabitent dans la Cité Basse, sorte de ghetto qui regroupe les plus infortunés à l'abri des regards de la Cité Haute. Une jolie réflexion sur les apparences et sur la ségrégation en classes par l'intermédiaire d'une étrange et laide créature. Un joli texte d'introduction pour cette partie.
Un des grand thèmes de Bergeron reste les espèces chimériques, étranges autant que poétiques, effrayantes autant qu'étonnantes. Les Rêves d'Anges en sont d'ailleurs remplies, avec ces races de bifurqués génétiquement créées par les Biogres et séparées en une civilisation d'anges et une civilisation d'humanoïdes primitifs. Plus que le thème de l'ambiguïté de l'aspect, c'est la cruauté humaine et les travers de la génétique qui donnent le sel de ce très beau texte.
C'est dans le Huitième Registre qu'intervient le questionnement sur la réalité elle-même. Uchronie d'un monde où l'empire byzantin et romain auraient survécu et s'opposeraient aux empires de l'Asie. Les savants byzantins aussi s'opposent sur la conception du temps. Finalement que serait le vrai monde, qui est celui qui était le plus probable de voir naître et perdurer ?
Autre thème déjà abordé dans rêves d'anges, la cruauté et l'horreur sont bien palpables lorsqu'un monde peuplé « d'elfes » est envahi et ravagé par des mercenaires qui n'ont d'autres préoccupations que leur besoin, besoin qui prime sur la vie des elfes pacifiques de cette planète. Mais, ces saccages et atrocités ne resteront pas impunis. Car tôt ou tard Le Prix sera payé. Parcourue par une ambiance de destruction et d'horreur sourde, la nouvelle nous plonge au cœur de l'injustice, au comble des atrocités des hommes. Marquant.
C'est bien du fantastique que Bergeron aime introduire dans ses textes de SF, ou bien carrément écrire du fantastique. Uriel et Kornilla est la chronique de l'amour interdit entre un ange et un vampire, mais aussi d'un monde proche de l'enfer où l'homme a cédé la place aux monstruosités de tout genre. Magnifique incursion fantastique, effrayante e toujours bourrée d'imagination, on en redemande.
Pour conclure, la seconde partie fait appel à La voix des étoiles. Un auteur de SF y informe le héros de son futur roman de ce qu'il sera, non sans que celui-ci y trouve à redire. Au-delà de l'humour et l'autodérision sur la science-fiction, on en ressort perplexe car qu'a voulu faire l'auteur, à quoi ce texte sert-il vraiment ? Vain et assez inutile...


Enfin on rentre dans Quelques fins du monde, dernière partie du livre qui revient à un thème cher à Alain Bergeron. Dans Bonne fête, Univers ! , 3 membres d'équipage d'un satellite surveillent l'instruction d'une cinquantaine d'enfants destinés à sauver la Terre de son funeste sort. Et puis on y trouve un Oiseau-Rat, espiègle et glouton mais surtout déterminé la petite bête. Et s'il était déjà trop tard ?
C'est simple et efficace sans oublier l'humour de voir un Oiseau-Rat, petite bête chimérique, venir à bout de son Goliath !
Croisant Secte et nouvelle espèce informatique sur fond de fin du monde, {/théa} ou le jour venu y voit des membres d'une secte se suicider pour rejoindre l'Eternel alors qu'un scientifique assiste à la naissance d'une nouvelle sorte de vie à l'intérieur de l'Eden Informatique. Si la partie sur les organismes bio numériques est bien trouvée et brillamment décrite, on reste perplexe sur le reste, un peu inutile malgré sa note d'humour noir sur la fin...
La mort sur Venise expose les derniers jours du vicomte Triste de Zauberberg sur la planète Venise, vieux diplomate qui tombe éperdument amoureux d'une indigène suite à son escale forcée sur la planète. C'est en premier lieu la rencontre indien/européen à laquelle fait penser la nouvelle même si en filigrane on retrouve le thème de la bêtise humaine et de la cruauté des hommes. Triste et mélancolique.
Nous sommes ensuite conviées à des scènes dans un jardin, au beau milieu de l'univers. Plus proche du documentaire animalier matiné de science-fiction, Alain Bergeron laisse libre cours à son imagination pour décrire une faune et une flore surréalistes, d'un autre monde...Même si quelques animaux nous sont étrangement familiers. Exotique et inventif comme toujours.
Et pour conclure justement Les Derniers sortent de la terre où on les a profondément enterrés pour survivre à une planète devenue toxique, mais qui serait désormais réhabitable. Très courte et très noire, on finit donc sur la bêtise humaine comme épilogue.

La conclusion de

On reste alors sur une impression d’excellence pour ce recueil de nouvelles. On trouve une imagination débordante, un style simple parfois sublime dans certains passages et des thèmes traités intelligemment. Il serait bête de rater l’occasion offerte par les Moutons Electriques (dont on ne pourra que saluer le superbe travail autant pour leur choix d’édition, que pour la beauté de leur livre) pour découvrir un auteur talentueux et débordant de créativité qui rappelle parfois la SF d’un autre âge mais qui est capable non seulement de basculer dans le fantastique avec brio mais aussi de proposer des réflexions intéressantes sur des sujets très actuels.

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