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Critique du Roman : La Forêt de cristal

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 19 octobre 2008 à 15:13

En noir et blanc

"Plus que tout, ce fut l'obscurité du fleuve qui impressionna le Dr Sanders lorsqu'il contempla pour la première fois le béant estuaires du Matarre. Après nombre de délais, le petit vapeur et ses passagers approchaient enfin d'un alignement de jetées..."
Le Dr Edward Sanders est médecin dans un dispensaire pour lépreux, qu'il quitte pour rejoindre ses amis Suzanne et Max à Mont-Royal, au Cameroun. Le souvenir de Suzanne le taraude, en fait, depuis leur liaison durant les années passée à la léproserie. Elle lui manque. Or la fin du voyage se révèle mouvementé pour Sanders dès le débarquement, lorsqu'il surprend son voisin de cabine à faire passer à la douane locale une arme, et qu'il comprend que Mont-Royal couve une tension inhabituelle. La forêt entourant la ville en est la principale cause. Un contraste de lumières et d'ombres se joue ici même, à quelques kilomètres, hors d'atteinte des touristes, car l'armée veille à en interdire l'accès...
Troisième roman de la tétralogie des apocalypses que Denoël Lunes d'encres propose dans une nouvelle traduction (En attendant que l'auteur donne son accord pour republier son premier roman), la forêt de cristal est aussi le dernier des quatre volets. C'est peut-être un des plus aboutis et certainement le plus saisissant.
Ce qui est aussi frappant, c'est que la cause de cette apocalypse, après les tempêtes (le vent de nulle part), la montée des eaux (le monde englouti) et la montée des températures (sécheresse), semble un peu moins probable: il s'agit de la cristallisation partielle et spontanée d'une zone de la forêt du Cameroun. Improbable quand plus tard l'explication est dévoilée et les conséquences se reproduire en Floride et en Russie. Mais la cause n'est, comme dans les autres romans, pas d'importance cruciale. L'idée est surtout de rendre compte du comportement sociologique, de l'impact d'une telle catastrophe sur le plan individuel, puis sur un groupe d'individus et enfin d'une population. L'impact de la cristallisation est non seulement visible physiquement par l'inclusion de formes de vie dans la gangue gemmiforme, mais est aussi ressenti par les gens qui en admirent les effets. Le monde de cristal est comparable aux rêves de l'enfance, aux mondes étincelants de lumière et de beauté que l'imagination la plus débridée n'osait se représenter dans le monde réel. Il exerce une fascination telle que le reste semble fade et morne. Un kaléidoscope de couleurs comparé au noir et blanc. Pas étonnant que les gens soient attirés comme des insectes attirés vers cet ambre, ce gluau. Il y a donc une dualité, un antagonisme qui s'exerce également sur ce que l'inclusion cristalline implique: contrairement à ce qu'on pourrait croire, la cristallisation n'est pas une suspension du temps, mais une prolongation ad infinitum de ce dernier vers une éternité, figée, certes, mais un temps prolongé pour des êtres souffrants que l'existence éphémère et présente désespère. Car en fin de compte, ce roman traite du passage du temps et de ses ravages. J. G. Ballard s'appuie sur des personnages complexes: Sanders le médecin présent à Mont-Royal pour de mauvaises raisons (Pour Suzanne, puis rapidement obligé de faire son choix entre Suzanne et Louise que tout oppose), Ventress, l'homme en blanc, le fou (ou peut-être pas), Thorensen, le propriétaire prisonnier de sa propre logique, encore un fou (ou pas), le père Balthus, son combat contre la cristallisation et bien-entendu Suzanne, la cause et la conséquence de la présence de Sanders ici. A l'orée de l'apocalypse, ce sont les fous qui émergent de leur trou. Comme dans Sécheresse, comme le monde englouti, l'auteur britannique semble user et faire surgir ce genre de personnage dans les périodes de désespoir.

85

La forêt de cristal est un roman troublant, représentant l'humanité aux abois, en période de crise mondiale où la folie est peut-être la seule échappatoire. Ajoutons que la nouvelle traduction apporte un gros plus au texte qui fait, du coup, peau neuve. En complète cohérence avec le monde englouti et Sécheresse.

Critique de publiée le 19 octobre 2008.

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