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Critique du Film : Le souffle du démon
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Critique du Film : Le souffle du démon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 3 octobre 2007 à 1444

Quand le démon fait du stop…

Pour bien appréhender la démarche de Richard Stanley dans le Souffle du Démon, il faut auparavant cerner la personnalité de ce réalisateur aujourd’hui reconverti– avec grand succès – dans le documentaire ésotérique (suite aux déboires lors du tournage de l’Ile du Docteur Moreau et son renvoi des plateaux par les studios).
Né en Afrique du Sud le 22 novembre 1966, arrière petit-fils du célèbre explorateur Sir Henry Stanley, le jeune Richard Stanley, après des études d’art et de cinéma, se lance très tôt dans l’expression cinématographique. Fortement sensibilisé par les vagues pop-art dont l’un des plus grands représentants, Andy Warhol, se retrouve dans son style graphique, Richard Stanley est aussi fortement attiré par le mysticisme et la magie. Egalement féru de culture africaine et en total désaccord avec la politique raciale appliqué par son pays, il quitte l’Afrique du Sud au début des années 80 pour s’installer en Angleterre. C’est dans cette île qu’il fit ses premières armes de photographe-cinéaste, tout en traînant dans les quartiers arty et les lieux intello et gauchistes de la capitale.


Le Souffle du Démon est son second film, après Hardware, un petit drame de SF cyberpunk qui a rapidement accédé au statut de film culte pour sa thématique nihiliste et sombre. Pour cette seconde oeuvre, le cinéaste retourne dans son pays, ou plutôt en Namibie, l’ex-Sud Ouest Africain devenu indépendant depuis 1990. Là, il va mettre en scène ses goûts pour l’ésotérisme, la démonologie et le néo-paganisme à travers un récit fantastique qui brasse de nombreuses influences mystiques et identitaires.
Mais plus que le récit lui-même qui se trouve être finalement assez banal - un démon exécute des humains maudits ou suicidaires afin d’accomplir un rituel d’épanouissement – c’est le style narratif qui frappe l’imaginaire du spectateur. En effet, comme le fit pour Peter Weir pour ses bijoux cinématographiques que sont Les Voitures qui ont mangé Paris ou La Dernière Vague, Richard Stanley utilise avec génie les particularismes de la Namibie – la luminosité, la topologie, le climat, les contrastes geo-politiques – pour donner à son film un cachet unique et envoûtant.

Ainsi, cette démoniaque quête initiatique prend la forme d’un rêve éveillé. Comme le signale si bien l'agent Niemandchargé de l’enquête lors de cette séquence où il se trouve à mi-chemin entre le monde des esprits et celui des vivants, le spectateur se voit invité dans un dangereux voyage shamanique en suivant l’évolution d’une des damnées : la belle Wendy, jeune femme fuyant un mariage raté et une vie sans lumière. Ce Dust Demon (démon des sables), dans sa tenue de western spaghetti, m’a par ailleurs fortement rappelé le Pistolero première période (celui du premier tome) de Stephen King, mais dans une version contraire, carrément anti-humaine et nihiliste. Comme le héros du cycle de la Tour Sombre, le Dust Demon est un fataliste qui erre dans le désert à la recherche d’une libération (une expiation ?), mais lui, son ka-tet - son soutien, son medium, son alibi, son talisman, tout cela à la fois -, il va le trouver dans une collection de doigts (ces articulations qui, dans la tradition Bantou, possèdent des propriétés magiques).
Fort des ces éléments, la plus grande partie du métrage est donc dotée d’une richesse graphique et symbolique quasi hypnotique. Il est dommage que cette magie ne dure pas jusqu’à la fin. En effet, dans la dernière demi-heure, l’on assiste à un progressif « démantèlement » de l’aspect ésotérique au profit d’une imagerie satanique un peu trop tape-à-l’œil à mon goût. Certes, le film reste très intéressant, notamment lors de la visite de cette ville fantôme avec son cinéma envahit par les sables du désert et les souvenirs, mais je trouve regrettable que l’entité devienne si « palpable » et ses objectifs si… humains. Le dénouement, également, m’a laissé de marbre, avec cette projection astrale au sein d’un corps qui ne sied guère à une pareille tâche. Là, pour le coup, j’ai eu la sensation que le film s’achevait sous la forme d’une farce potache un peu poussée. Comme si Richard Stanley avait voulu désacraliser son propos.

La conclusion de

Avec un peu plus de tenue lors de sa dernière partie, le Souffle du Démon aurait pu être un chef d’œuvre du cinéma de genre. Malheureusement, Richard Stanley détruit au cours d’un climax bien trop convenu et prévisible un récit très sombre qui jusqu’alors était envoûtant. Reste que cette histoire qui mêle tradition africaine et démonologie est très agréable à visionner, notamment grâce à une très efficace utilisation des particularismes de ce pays méconnu qui est la Namibie. A voir.

Que faut-il en retenir ?

  • L’utilisation judicieuse des particularismes du paysage et du climat
  • Une interprétation judicieuse, tout en retenue
  • Une première heure passionnante

Que faut-il oublier ?

  • Un dénouement un peu convenu
  • Quelques effets de style inutiles

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