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Du sang pour Manitou >

Critique du Roman : Du sang pour Manitou

Avis critique rédigé par Lucie M. le mardi 3 juillet 2007 à 20:49

Indestructible Erskine

Un New York ravagé par une épidémie de vampires, un vrai/faux médium goguenard portant le nom de Harry Erskine trempé jusqu’au cou dans cette étrange histoire, des femmes fatales aux atouts enivrants, des miroirs où se cachent de sombres secrets, des légendes roumaines qui se mêlent à des légendes amérindiennes ! Voici en quelques mots le contenu Du sang pour manitou, le quatrième tome de la saga Manitou de mythologie amérindienne de Graham Masterton. Un titre sorti en 2005 en version originale et en France en 2007 aux éditions Bragelonne dans sa collection horrifique L’Ombre. Tout d'abord qu’est-ce qu’un manitou ? Chez les Indiens d’Amérique du Nord, un manitou est un homme important associé au Grand Esprit. Une sorte de mage, un faiseur de prodiges ou bien un homme-médecine possédant un fort ascendant sur sa tribu. Un être au pouvoir magique qui pourrait fort bien posséder en lui une haine incommensurable envers les hommes pâles et désirant plus que tout se venger suite à la colonisation des contrées indiennes et de l’ignoble massacre qu’a connu ce peuple. Ce faiseur de prodiges vindicatif, Graham Masterton l’utilise avec savoir-faire depuis 1975 dans sa saga qu’on appelle plus familièrement la saga du Manitou. Le premier tome, Manitou, connut un tel succès qu’il fut d’ailleurs adapté sur grand écran en 1978 par le réalisateur William Girdler avec en rôle principal Tony Curtis. L ‘un des seuls romans de Masterton qui fut adapté au cinéma !
Graham Masterton demeure un auteur de littérature d’épouvantes original puisqu’il mêle, la plupart du temps, à ses récits réalistes des légendes, des mythologies ou de la magie venant de tous horizons. Ses œuvres les plus caractéristiques sont Jim Rook et bien sûr celle du Manitou où l’on peut profiter avec curiosité de sa grande culture des mythes et légendes de nombreux pays ou de pratiques traditionnelles magiques de ceux-ci. Il y a bien évidemment d’autres romans où il se distingue ce mélange judicieux comme dans son récent Le Diable en Gris mais également dans des plus anciens comme le djinn. Cette empreinte mythologique, et dûment ésotérique, fait de Graham Masterton un auteur incontournable dans la littérature horrifique. Néanmoins, la question que l’on pourrait se poser est si Graham Masterton reste un véritable faiseur d’épouvantes ? Puisque même si son récit est indubitablement horrifique il ne se dégage pas tellement de celui-ci un sentiment de peur viscérale ou de malaise comme nous pouvions le ressentir dans des romans tels que Rituel de Chair ou Le Portrait du mal. Bien évidemment, je ne vais pas prétendre de n’avoir ressenti aucune pulsion d’écœurement surtout quand les strigoï passent à l’attaque, mais seulement ces sensations sont bien fugaces. Ce manque récurrent de frissons est présent à cause de cette absence d’angoisse profonde que l’auteur ne distille qu’avec parcimonie et qu’il remplace souvent par des dialogues humoristiques - comme à son habitude d’ailleurs – au moment les plus inquiétants. Cela fait malheureusement baisser la tension horrifique, mais en contrepartie, ces petites notes d’humour sont évidemment les bienvenues et particulièrement quand c’est Harry Erskine qui s’en charge !
Je dois quand même préciser que cela fait bien longtemps que j’ai lu les trois premiers tomes du Manitou et à vrai dire je ne me souviens pas très bien si Harry Erskine possédait déjà à l’époque cet humour noir. Bien sûr dans Du Sang pour Manitou, le tréfonds de son caractère est toujours aussi goguenard, froussard, fripon et obsédé par les appâts de la gente féminine néanmoins je ne me le rappelle pas aussi cynique. Par ailleurs, Graham Masterton aime à placer dans ses histoires des dialogues humoristiques et cela dans la plupart de ses romans. Il emploie ceux-ci toujours en fin de chapitre quand un événement terrible vient de se produire comme pour laissé le lecteur interloqué sur la situation à venir. Une sorte d’emploi du suspense bien personnel qui fait osciller son récit entre l’horreur et le burlesque reléguant la pression horrifique de côté pour quelques instants. Le temps que le lecteur souffle légèrement et replonge dans l’horreur. Heureusement, si certains sont curieux de lire ou de relire les trois premiers tomes du Manitou, les éditions Bragelonne ont prévu d’éditer un omnibus réunissant cette trilogie – avec en bonus la nouvelle « Le Retour de Manitou » et également la fin initiale du premier tome jamais traduite en France - et cela dans pas très longtemps puisqu’il sortira début juillet. J’en ai déjà l’eau à la bouche et j’anticipe avec joie de relire les trois premières aventures de ce cher Harry Erskine à qui il arrive toujours des sacrés faits surnaturels et qui est poursuivi par le faiseur de prodiges le plus terrible de toute la littérature horrifique, l’ignoble Misquamacus.
En parlant de ce dernier, il sera très long à apparaître dans Du Sang pour Manitou et nous nous demanderons si nous lisons réellement la suite de cette saga. Cette impression sera tenace, et cela, jusqu'à plus de la moitié du roman. Ce n’est évidemment pas dramatique et le lecteur sera amené à se poser bien des questions sur l’origine de cette invasion vampirique et notamment si Misquamacus va enfin dévoiler son plan de vengeance. De ce fait, qui vient encore perturber la vie quotidienne des habitants de New York en envoyant cette armée de strigoï? (strigoï étant un mot roumain voulant dire tout simplement vampire, mais avec un sens plus terre à terre puisque le strigoï est avant tout un buveur de sang sans état d’âme ; une machine à tuer et de surcroît de manière très violente). Cette invasion vampirique viendra juste après une souffrance traumatisante dans tous les esprits des New-Yorkais, le 11 septembre. Graham Masterton sera toujours prompt à rappeler et à mettre en avant, dans son récit, le terrible évènement du 11 septembre et il s’en servira d’ailleurs comme fil conducteur vers l’épouvantable situation que subissent les New-Yorkais. Cette utilisation m’ai apparu comme étalage gratuit de faits dramatiques et sanglants pouvant décupler les préjugés envers la religion musulmane. Une religion, d’ailleurs, qui n’est pas à inclure dans les agissements destructifs de ces extrémistes fous furieux. Bref, cela m’a fait tiqué à plusieurs reprises puisque cela peut être facilement interpréter comme appartenant à l’hystérie collective à l'encontre de cette religion et leur pratiquants qu’il y a eu après cet évènement terrible.
Même si cette lecture ne sera pas totalement horrifique, nous passerons un très bon moment. Les faits sont là, Graham Masterton est une pointure, et nous, on absorbe son récit avec plaisir. Un récit rythmé où certains personnages des précédents tomes viendront raviver notre mémoire ainsi que des nouveaux auxquels nous nous attacherons. Le plus admirable, dans ce roman, restera tout de même ce subtil mélange de légendes roumaines aux légendes amérindiennes que Masterton accomplit avec brio. Graham connaît son sujet et la conception de son histoire est béton bien que je reste dubitative sur son utilisation du 11 septembre. Cette lecture m'ai apparu comme une lecture souvenir comportant bien des codes de la littérature horrifique que Masterton sait créer et que j’aime. Bien que j’aurai préféré un affrontement final plus conséquent entre ces deux adversaires de toujours, Erskine et Misquamacus. Malgré tout, Masterton demeure un auteur talentueux qui sait captiver son lectorat en lui contant des histoires délirantes d'un homme-médecine venu du royaume des esprits pour venger son peuple et causer d'inévitables ennuis à un médium complètement désopilant.

79

Du Sang pour Manitou sera donc pour certains une lecture nostalgique. Le souvenir d’une époque où, nous amateurs de littérature horrifique, quand nous voulions lire les précédents tomes de la saga du Manitou nous devions nous rabattre sur les formats poche de la collection Terreur des éditions Pocket. Ces poches des années 90 aux couvertures épouvantables, mais que l’on dévorait comme des malades tant nous étions friands des mésaventures d'Harry Erskine. J’étais de ces gens-là et j’ai pris du plaisir à lire la nouvelle aventure de ce vrai/faux de médium, l’attachant Harry Erskine. Toujours aussi fripon, celui-ci devra encore subir bien des épreuves sanglantes et devra encore sauver la ville de New York contre les agissements d’un terrible faiseur de prodiges le fameux Misquamacus. Bien que dorénavant, et grâce à L’Ombre de Bragelonne, nous pouvons lire de la littérature horrifique en grand format et c’est un réel plaisir puisque j’aime à penser que certains adolescents – le moment le plus propice pour découvrir la littérature horrifique – seront ébahis par les récits de Graham Masterton.

Critique de publiée le 3 juillet 2007.

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