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Critique du Roman : Les Limites de l'Enchantement
Les Limites de l'Enchantement >

Critique du Roman : Les Limites de l'Enchantement

Avis critique rédigé par Lucie M. le dimanche 3 juin 2007 à 1820

Une quête initiatique féminine

Nous sommes dans les années 60 dans une Angleterre rurale où le monde change peu à peu. Une mutation et un développement à cheval entre deux époques : celle où il y avait encore des gens respectueux envers un folklore attaché à la terre et à la nature et celle où la modernité prend son essor en envahissant l’esprit de ces gens les rendant méfiants. D’où ce titre porteur Les Limites de l’Enchantement puisqu’avec cet extraordinaire roman Graham Joyce nous y emmène allégrement. Comme toujours cet excellent et subtil auteur nous livre une chronique sociale en racontant l’histoire d’une famille en marge de la société comme c’était le cas dans Lignes de vie.
Il nous conte l’histoire émouvante de Fern, l’un des personnages principaux, qui découvre à travers une quête initiatique, frôlant le fantastique, sa nature de femme. Une quête initiatique qui par moment ressemblera fort à celle des chamanes indiens. Une quête liée à la Terre, à la Nature et aux animaux. Un passage obligatoire vers la découverte de son moi profond et sa véritable nature de femme dans un monde en pleine évolution. Dans Les Limites de l'Enchantement , nous aurons à faire donc à une histoire de femmes où nous pourrons faire un judicieux rapprochement avec certains romans de John Irving qui est, à mon avis, l’un des seuls auteurs masculins à avoir su se mettre dans la peau d’une femme et écrire, avec franchise et émotion, sur les relations humaines. En introduisant, de plus, à chaque nouveau roman des changements d’époques qu’ils soient liés à la famille ou à la société. En revanche, la seule différence entre ces deux auteurs c’est le côté fantastique que l’on retrouve toujours chez Graham Joyce, mais un côté fantastique subtil et lié à l’esprit humain.
Nous suivrons donc l’histoire d’une famille pas comme les autres avec Maman et sa fille adoptive Fern à travers la mutation d’une société prête à renier ses habitudes traditionnelles. Une famille composée de deux femmes extraordinaires, deux rebouteuses directement sorties d’un autre temps. Ces deux femmes représenteront le côté folklorique d’une époque en voie de disparition. Une époque où la modernité absorbe les croyances locales en les jettant au ban de la société comme une sorte de maladie contagieuse. Seulement beaucoup d'entre eux seront toujours d'accord pour y croire mais secrétement. Ce sentiment de rejet public sera un véritable paradoxe dans Les Limites de l'Enchantement puisque quand il s'agira d'utiliser les talents de ces deux rebouteuses en continuant une croyance populaire beaucoup seront présents mais toujours sans le dire. Graham Joyce saura également nous enchanter grâce à des moments tristes et rageurs ou avec de charmante touches d’humour.
Ce roman sera également une chronique sur les femmes et ce que certaines ont dû malheureusement subir à cause de leur sexe et de leur condition souvent précaire. Une chronique où l’on peut découvrir qu’il n’y avait pas si longtemps de cela une femme un peu trop libérale pouvait se voir interner et subir une opération pour qu’elle ne puisse plus enfanter. Où elle pouvait également subir des électrochocs pour la remettre dans le droit chemin. Le droit chemin de la bonne petite ménagère où la liberté d’expression et de mouvement ne faisait pas bon ménage. D’ailleurs à travers le récit de Graham Joyce, il nous semble revoir l’excellent film The Magdalene sisters de Peter Mullan qui raconte l’histoire de femmes, de tout âge, violées ou trop libérales pour l’époque, emprisonnées dans un établissement religieux où elles devaient faire pénitence en priant et en travaillant comme blanchisseuses pour leur ville. Des établissements qui ont réellement existé et cela jusqu’en 1985 où des femmes furent lésées de leur vie à cause d‘attitudes sectaires.
Je me suis régalée à lire la vie de Fern et ses questionnements incessants. Puisque comment ne pas être perdue au milieu d’une société en plein changement. Comment ne pas être perdue face aux renoncements de certaines personnes peu désireuses de faire encore confiance aux attributions de ces guérisseuses si répandus dans les milieux ruraux . Mais également, comment ne pas être perdue quand on fut élevé en marge de la société par une femme de caractère au charme indéniablement comisque. Fern sera de nombreuses fois tentée de renoncer à sa quête "chamanique" et à se soumettre à la Question. Graham Joyce réussit encore fois à nous emmener dans une belle fresque sociale, rehaussée de touches subtil de fantastique, où les relations humaines sont mises à rude épreuve sous la plume aguerrie d'un auteur qui sait nous émouvoir, nous faire rire et nous captiver.

La conclusion de

Graham Joyce nous livre une belle fresque sociale grâce à une histoire riche en émotions, qu'elles soient tristes ou rageuses, accompagnées par des moments de pur rigolade où des personnages farfelus se croisent et se confondent. Les Limites de l’Enchantement porte très bien son titre puisque Graham Joyce nous emmènera aux limites d’un enchantement chamanique et initiatique où une femme ira puiser jusque dans les profondeurs de son esprit pour découvrir sa véritable nature et la place qu’elle devra dorénavant prendre dans un monde en plein changement.

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