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Critique du Film : Nouvelle cuisine
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Critique du Film : Nouvelle cuisine

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 6 février 2006 à 0835

Des raviolis pas comme les autres

Une femme élégante, mais vivant mal son approche de la quarantaine et voyant son mari la délaisser pour une jolie servante, s’adresse à Mei, une étrange jeune femme sensée connaître une recette de raviolis magiques possédant le pouvoir de rendre la jeunesse et de restaurer la beauté.
A l’origine inclut comme l’un des trois volets de l’anthologie 3… Extrêmes, Nouvelle Cuisine, l’épisode de Fruit Chan, vue la richesse de son thème, bénéficie d’une version rallongée et délicieusement glauque.
Prenant comme base une variation sur le thème de Faust, Fruit Chan développe son analyse sur la quête irrationnelle et irraisonnée de la beauté en y rajoutant des ingrédients originaux qui donnent à l’œuvre tout son particularisme. En effet, le fait de rajouter cette histoire de raviolis entraîne le film sur le sentier de l’horreur subjective. Car, qui sait exactement ce que peut contenir un ravioli… Le réalisateur commence alors la narration de son histoire en exposant particulièrement les séquences de repas. Il insiste sur les aspects pornographiques de l’absorption de nourriture par de nombreux gros plans sur la bouche voluptueuse de madame Lee lorsqu’elle absorbe ces raviolis bien dégoulinants. Le tout accompagné de bruitages bien explicites sur la nature visqueuse et juteuse du produit.

Tante Mei – Bai Ling -, une sorcière au magnétisme vampirique

Petit à petit, le cinéaste nous dévoile le secret de ces raviolis, et renouvelle ainsi l’intérêt du film qui se porte sur d’autres aspects, tous aussi horribles. Le film prend alors une autre dimension, plus sacrificielle et démente, notamment à partir du moment où madame Lee voit de ses yeux, l’origine de la composition des raviolis.
La richesse de Nouvelle Cuisine vient également de sa diversité d’aspects. C’est certainement un film d’horreur, un conte perverti et malsain mais son imagerie fantastique peut être discutée, tant il est peu évident que les raviolis aient véritablement un pouvoir magique. En effet, il est tout à fait plausible de prendre comme idée que le rajeunissement de madame Lee ne vient que de son imaginaire. Les raviolis servant uniquement comme soutien psychologique pour une femme ayant perdu toute confiance en elle. Fruit Chan joue d’ailleurs sur cette équivoque en ne matérialisant qu’avec de très légers détails – un maquillage moins marqué et une coupe de cheveu moins classique –le ‘’rajeunissement’’ d’une femme naturellement belle.
Il ne faut pas négliger non plus l’aspect comédie, car Nouvelle Cuisine sait se montrer parfois très drôle, comme tout bon conte qui se respecte. Les séquences d’horreur pure sont habillées de répliques cyniques, de musiques ridiculement kitchs et de plans remplis d’un humour noir très britannique, qui ne désamorcent pas les réactions de dégoût, mais qui donnent vraiment un ton particulier. Car le film est dégoûtant, on peut le dire. Un dégoût établi la plupart du temps dans la subjection – même olfactive – grâce à une brillante mise en scène, une photographie glauque de Christopher Doyle, et un jeu d’acteur d’un très haut niveau.
Bai Ling, dans le rôle ambigu de la venimeuse Mei, est tout simplement magnifique de séduction vampirique et de méchanceté contrôlée. Dotée d’une véritable force magnétique, elle parvient à envoûter sans grande difficulté la totalité des spectateurs, qu’ils soient hommes ou femmes. S’il fallait trouver de la magie dans ce film, il serait certainement dans le magnétisme de cette créature à l’age inconnu, qui résout tous les problèmes avec une vieille et horrible chanson. A coté d’elle, Miriam Yeung n’est pas en reste. Très belle femme, à l’air boudeuse, cette star du cinéma de Hong-Kong incarne de manière parfaite un personnage ne devant son succès et son pouvoir de séduction qu’à son apparence physique et qui prendra progressivement la route de la folie froide et calculatrice.
Pour madame Lee – Miriam Yeung -, la beauté n’a pas de prix

Si les femmes et leur soif de beauté, - qui pourrait, selon Fruit Chan, les pousser jusqu’au cannibalisme - en prennent pour leur grade, les hommes ne sont également pas en reste avec l’image de monsieur Lee – incarné par Tony Leung, cet homme d’affaire narcissique et véritablement ‘’cannibal social’’, qui mange des embryons d’oiseaux pour améliorer ses performances sexuelles, et qui tombera de la plus naturelle des manières entre les cuisses de tante Mei. Pour former au final un triangle amoureux sordide et écoeurant, que Fruit Chan dédramatise de manière habile avec une amusante séquence vaudevillesque.

La conclusion de

Adapté de la nouvelle de Lilian Lee – Epouses et Concubines -, Nouvelle Cuisine est un bijou de conte macabre, immoral et délicieusement drôle. Sur un postulat de départ somme toute très simple, et qui peut sembler au premier abord un peu puéril, Fruit Chan construit ce qui, pour le moment et à mon avis, est le meilleur film de cette année 2006. Plus orienté sur la subjection que sur l’exposition, interprété par deux actrices au sommet de leur talent, ce film me réconcilie quelque peu avec le cinéma asiatique que je trouvais, ces derniers temps, un peu en panne d’inspiration.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation et photographie formidable
  • Interprétation de haut niveau
  • Délicieusement drôle
  • Bien dégoûtant

Que faut-il oublier ?

  • Quelques effets sonores inutiles et dérangeants

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