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Critique du Film : Blue Holocaust
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Critique du Film : Blue Holocaust

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 10 novembre 2005 à 1704

Une poésie macabre et un amour nécrophile

Le jeune Francesco est un taxidermiste. Il vient de connaître une immense peine. La perte de sa tendre Anna, sa fiancée, l’amour de sa vie. Et cela, il ne peut le supporter… Avec l’aide d’Iris, sa gouvernante, le jeune homme qui a cédé sans aucun doute à la folie, transporte le corps de la jeune fille et il entreprend de l’embaumer. Une fois ce macabre travail exécuté, ils déposent le corps sur le lit du jeune homme, afin que ce dernier ait tout son loisir pour l’admirer, voire plus ! Plongeant lentement dans la folie, éliminant sans pitié les malheureux témoins, Francesco va atteindre le point de non retour lorsqu’il reçoit la visite de Teresa, la sœur et le portrait craché d’Anna. De plus, Iris, devenue folle de jalousie, est bien décidée à éliminer ses deux rivales qu’elle juge gênantes.
Aujourd’hui hélas disparu, Joe d’Amato fait partie de cette poignée de cinéaste transalpins – avec Fulci, Cozzi, Deodato, Mattei et Bava – reconnu pour avoir marqué la série B durant les années 80. Issu du milieu du porno plus ou moins soft, qu’il retrouvera de tant à autres tout au long de sa carrière, il est surtout célèbre pour son peu ragoûtant Anthropophagous, alors que ce Blue Holocaust, beaucoup moins réputé, est à mon avis une bien meilleure œuvre.
Avec ce film, d’Amato aborde un thème très délicat et controversé, explosant sans vergogne - et même avec délectations, semble t’il - les tabous. En nous contant l’histoire de cette folle passion, de cet amour nécrophile, le réalisateur dépasse encore les limites de la convenance, comme il a fait tant de fois en réalisant ou produisant des films X. Mais il a prit le parti également de nous surprendre en nous proposant une histoire résultant d’une profonde réflexion sur la nature et les déviances de la condition humaine.
De la même manière que l’héroïne de Macabro – le seul bon film de Lamberto Bava, soit dit en passant – conserve et utilise la tête de son amant décédé pour se livrer à des actes sexuels, Francesco embaume le corps de sa belle et le couche dans leur lit, souvenir de leurs ébats. Assisté, consolé, soutenu et finalement ‘’enfoncé’’ par une gouvernante secrètement amoureuse de lui et prête au pire pour le satisfaire, il va plonger progressivement dans la folie. Ces éléments scénaristiques, plus une manière de prise de vue réaliste donnent au film une atmosphère glauque, malsaine et dérangeante.
Bien sur, avec Joe d’Amato, il est inconvenable de voir l’œuvre se contenter essentiellement d’un climax morbide ; elle doit être aussi fortement explicite et démonstrative. Les amateurs de cinéma gore en ont alors pour leur argent, avec des séquences mémorables. Citons, pour exemple, la séquence d’embaumement ou tout est montré, à grand renfort d’effets gratuits et bien crades, lorsque le jeune homme entreprend de vider de ses entrailles le corps de sa fiancée. Le cinéaste se complait également dans le sadisme comme avec cette scène d’arrachage d’ongles à la tenaille sur un témoin gênant. Plongé dans la démence, Francesco ne recule plus devant rien et dépeçage, éviscération, bain d’acide, découpage à la hache deviennent ses occupations quotidiennes. Le réalisateur film tout cela avec un goût poussé pour le détail bien nauséeux, utilisant moult gros plans et effets chocs.
Plus le film avance, plus les protagonistes s’enfoncent dans la folie furieuse, et les évènements de plus en plus horribles s’enchaînent, victime de cette mécanique de causes à effets. Homme très fragile psychologiquement et affectivement, Francesco n’arrive plus à contrôler ses pulsions, à peser le rationnel de l’utopie, et le physique avantageux de l’acteur rend la vision de ses exactions encore plus douloureuses, de la même manière que Norman Bates dans Psychose.
Un autre aspect immoral et perturbateur de cette sombre histoire est le triolisme développé durant le film. Un triangle amoureux composé de Francesco, ‘’Anna-momie’’ et Iris, avec son fonctionnement étrange et mal défini, comme dans cette scène où – à la fois mère et maîtresse – Iris donne le sein à Francesco tout le masturbant. Un trio infernal qui fonctionne tant bien que mal, tant que ne se présente pas un quatrième élément perturbateur, Teresa, la sœur d’Anna et véritable réincarnation de son amour aux yeux de Francesco. Une pierre dans cet engrenage démentiel qui va créer un clash et une explosion de haine dévastatrice au sein du trio immoral. Le film va alors s’emballer, atteindre un niveau d’horreur difficilement soutenable, un déchirement familial dans le sens littéral du terme. Burps !.
Bien entendu, le film n’est pas exempt de tout reproche. Si l’interprétation n’est pas mauvaise, on ne peut pas affirmer qu’elle soit vraiment convaincante – à part Franca Stoppi, dans le rôle d’Iris – et cela plombe grandement l’efficacité dramatique du film. Et à ce défaut, il faut ajoute un doublage français catastrophique, qui empire la situation. Pour finir, on peut également regretter certains excès dans la mise en scène, avec des plans dégueulasses gratuits qui emmènent quelques fois le film sur la route du nanar craspec – comme l’immonde repas de plats de haricots dans la cuisine.

La conclusion de

Comme on peut le voir, Blue Holocaust se situe très loin des standards habituels des films gore. Dans cette oeuvre, Joe d’Amato a réuni tous les éléments qui l’interpellent ; la fragilité et l’impureté des chairs, la démesure de l’amour déraisonné, les passions interdites par la morale et la démence. Un cocktail explosif qui, dans les mains d’un tel provocateur, ne pouvait donner qu’un film excessif, très difficile à voir et presque vomitif. Mais ho combien intéressant !

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario réfléchi et intéressant
  • Effets gores traumatisants
  • Pour les fans de gore
  • Réalisation efficace.

Que faut-il oublier ?

  • Déconseillé aux âmes sensibles
  • Interprétation approximative
  • En fait parfois trop ?

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