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Critique du Jeu de société : Bora Bora
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Critique du Jeu de société : Bora Bora

Avis critique rédigé par Amaury L. le vendredi 24 mai 2013 à 0739

Bora, Bora, un jeu paradisiaque ?

La mer turquoise effleure avec délicatesse les langues de sables blancs qui s'effacent devant cette douceur salée et chaleureuse. A quelques encablures, un village dresse ses huttes végétales, quelques hommes discutent avec effervescence, la pêche n'est pas bonne ce matin et les dieux réclament davantage d'offrandes afin d'apporter abondance et réjouissance. Comment faire pour s'accorder les faveurs divines indispensables à la survie du village ?

Abondance matérielle.

La boîte turquoise de Bora Bora délivre une saveur sucrée en offrant un matériel abondant, joliment illustré par Alexander Jung. On découvre un plateau de jeu peu envahissant qui représente l'archipel initiateur de rêves, pour nous les européens, Bora Bora. Ensuite, une profusion rare de tuiles diverses s'invite à la fête, plus de 250 en tout (des hommes, des femmes, des objectifs, des bijoux...), l'éditeur allemand apporte systématiquement un soin particulier à la réalisation de ses productions. Les amateurs d'éléments en bois s'abreuveront d'un nectar exquis avec une centaine de pièces (matériaux de construction, huttes). Ces terres ludiques fertiles s'agrémentent de douze dés traditionnels et de quatre plateaux individuels Village. La règle parachève un sans-faute éditorial.

 

Un archipel de règles.

Bora Bora s'inscrit dans un schème classique, marquer un maximum de points de victoire. Le jeu dure six tours lesquels se divisent en trois phases. La première est « simplissime », on se contente de lancer ses trois dés. Les affaires se corsent avec l'arrivée de la phase emblématique du jeu, celle où on active des ouvriers et réalise leurs actions correspondantes. On place un dé à la fois, dans l'ordre du tour, sur une tuile Ouvrier (commune à tous les joueurs) parmi un panel de sept possibilités. Une règle importante est à respecter impérativement. On doit poser un dé de valeur strictement inférieure si un dé occupe déjà la tuile souhaitée. Les cartes Dieux autorisent des écarts. Ainsi, on colonise de nouvelles régions, ce qui induit le placement d'une hutte et la récupération d'une ressource (sable, bois, pierre ou offrandes), on recrute un homme ou une femme que l'on place sur son plateau individuel uniquement si des emplacements libres sont présents, on envoie un prêtre au temple, on construit un bâtiment (dépense de deux matériaux de construction), on pêche (on gagne autant de points de victoire que la valeur du dé).

Mise en place pour 2 joueurs.

Cette phase Action se termine quand tous les joueurs ont posé leurs trois dés. La phase suivante consiste à utiliser les actions des hommes et des femmes recrutés (une action par sexe). Ils permettent de réaliser des actions similaires à la phase précédente (expansion, construction de bâtiments...). Plusieurs membres, de même sexe, avec un pouvoir identique renforce l'action entreprise en multipliant par deux ou trois la capacité de base. Par exemple, vous possédez deux femmes qui procurent une ressource de votre choix. Vous prenez deux matériaux de votre choix au lieu d'un seul. On effectue qu'un type d'action par homme et par femme.

La dernière phase est une évaluation des points, le statut détermine l'ordre du tour et procure des points, les prêtres placés au temple apportent entre 1 et 3 points par prêtre, l'achat de tuiles Bijou donne entre 1 et 9 points, la réalisation des tuiles Tâches sont soumises à des conditions précises (posséder trois hommes dans son village par exemple) et offrent 6 points.

Le round se termine et un nouveau commence. Des bonus sont accordés à la fin du sixième tours si on remplit des conditions (les douze huttes placées sur le plateau, les six bâtiments construits...). Le plus fort total l'emporte.

Les cartes Dieux.

 

Les eaux sont riches en points...

Bora Bora est un jeu sorti en février 2013 par un éditeur allemand réputé pour ses productions à destination des gros joueurs, Alea, une filiale du groupe Ravensburger. A la baguette, on retrouve un auteur germanique dont la réputation ne cesse de grandir au fil des années, Stefan Feld, un créateur talentueux auquel on doit des pépites fantastiques comme Les châteaux de Bourgogne, L'année du Dragon, Notre Dame et Trajan récemment. Stefan Feld se démarque grâce à ses systèmes ingénieux et sa capacité à générer des jeux multipliant les possibilités de marquer des points de victoire. Bora Bora conforte ce sentiment jubilatoire de profusion et de richesse.

D'ailleurs, lors de la première partie, on navigue dans le flou absolu, on se contente d'ingérer les facettes foisonnantes de Bora Bora. On oscille entre jeu de placement d'ouvriers, gestion de ses actions et de ses ressources. Encore davantage que dans ces précédentes publications, l'auteur a souhaité, volontairement ou non, pousser le souci du détail à son paroxysme. Les manières d'engranger des points pullulent comme des moustiques autour d'un faisceau lumineux. On s'étonne devant cette accumulation de possibilités qui apparaît repoussante aux premiers abords. La fluidité en pâtit fortement car l'apprentissage s'acquiert progressivement et la maîtrise survient seulement après trois ou quatre parties au compteur. Bora Bora exprime son potentiel plus difficilement et semble moins aérien que son grand frère Trajan, malgré une complexité similaire.

Tous les éléments en bois du jeu.

Même si on note la présence de dés, le paramètre aléatoire se situe à des années-lumières du Yahtzee. Les cartes Dieux atténuent la problématique liée à des tirages moyennement avantageux. Ils autorisent facilement de contourner le dogme contraignant de placer un dé de valeur strictement inférieure si la tuile Ouvrier en accueille déjà un. De plus, cela corse chaque décision avant d'entreprendre une action. On soupèse, on évalue les bénéfices à court terme mais aussi à plus longue échéance. Les joueurs essaient d'englober dans chaque placement de dé un maximum de paramètres afin de se développer rapidement, à un rythme supérieur que celui de ses adversaires. Évidemment, les attentes entre chacun de ses tours, juste pour poser un dé, s'allongent forcément quand une personne est indécise. Ce mécanisme apparemment d'une simplicité enfantine engendre des circonvolutions neuronales surprenantes. Qui aurait cru que la pose d'un dé triture à ce point les neurones des joueurs ?

L'ordre du tour demeure un aspect hautement stratégique car parfois, surtout en début de partie, on se retrouve bloqué dans ses aspirations, les tuiles convoitées (l'expansion principalement lors de premiers tours) deviennent inaccessibles. Ces quelques vicissitudes apportent aussi une saveur indéniable, on est obligé de réfléchir à plusieurs options pour se désembourber d'une situation spoliatrice. Les cerveaux chauffent et on ressent du plaisir à exiger de soi des efforts supplémentaires, un masochisme ludique toutefois acceptable. Cela s'apparente davantage à un défi intellectuel qu'à une prise de tête préjudiciable. Cette tournure innovante requiert une concentration conséquente, environ deux heures de supplice délectable ou insupportable pour ceux qui rejette cette surabondance afin d'engranger des points.

Le plateau central.

Bora Bora exacerbe la frustration provoquée par cette sensation crispante de manquer de temps (action dans le cas présent) afin de finaliser et d'optimiser son développement. On sacrifie constamment sur l'autel de l’efficacité ses décisions, les choix cornéliens se présentant systématiquement lors de la pose de ce cube indocile. La rentabilité se mesure à chaque instant, cette taylorisation semble indispensable si on souhaite concourir pour la victoire finale. L'expérience apprend que Bora Bora exige des impératifs à ne pas délaisser car ils se révèlent une formidable source en points de victoire. Mais ce sera à vous de le découvrir...

Les tuiles où on pose les dés.

 

La conclusion de

Bora Bora, de l'auteur allemand Stefan Feld, repousse encore davantage les frontières d'un exercice de style apprécié, la multiplication des possibilités pour scorer des points de victoire. Réservé aux amateurs de grosses mécaniques pointues, Bora Bora exige des efforts constants pour dompter la bête, tant la fluidité se gagne uniquement par l'enchaînement des parties. Cependant, les règles restent accessibles et le défi proposé, un tantinet moins intéressant que Trajan ou Les châteaux de Bourgogne du même auteur, assure une cogitation intéressante pendant environ deux heures, le temps de développer son village dans cet archipel au nom incroyablement paradisiaque. Eaux ludiques turquoises, chaleur neuronale, dieux exigeants, Bora Bora a tout d'un paradis sur table.

Que faut-il en retenir ?

  • La profusion de possibilités pour marquer des points.
  • Les mécanismes ingénieux.
  • Vraiment pour gros joueurs.
  • Faut cogiter.
  • Très bon de 2 à 4 joueurs.

Que faut-il oublier ?

  • La mise en place un peu pénible.
  • La fluidité seulement après quelques parties.

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