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Tucker & Dale fightent le mal >

Critique du Film : Tucker & Dale fightent le mal

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 6 juin 2011 à 18:09

Apparences trompeuses et préjugés

Tucker est un homme heureux. Il vient d’acquérir une résidence secondaire. Bon, niveau confort, cela tient plus du vieux chalet forestier délabré mais,  qu’importe, c’est son premier vrai investissement et cela compte dans la vie d’un homme, non ? Tucker est d’autant plus en joie que, pour sa première visite, il est accompagné par Dale, son ami d’enfance. Dale est un brin benêt mais c’est un chouette gars. Le programme de ce week-end est aussi simple qu’enthousiasmant : bricolage de  la baraque la journée et pêche dans le lac la nuit, chaque séance étant fréquemment entrecoupée de poses bière. Mais Tucker et Dale n’avaient pas prévu une chose : la rencontre avec une bande d’étudiants complètement mythos et paranos…

Eli Craig, s’il est un artiste assez anonyme, est assurément un cinéphile averti. Réalisateur et co-auteur du scénario, il nous offre avec Tucker & Dale vs. Evil une sorte de patchwork délirant bâti essentiellement à partir de codes et d’éléments narratifs empruntés au genre survival. Ainsi, si l’on peut aujourd’hui dire qu’Edgar Wright a créé le pastiche parfait du film de morts-vivants, pour ce qui concerne le domaine  « bouseux dégénéré », l’on n’est pas vraiment loin d’assurer la même chose avec un film qui met à nouveau en vedette un duo de losers hilarants complètement dépassés par les évènements.

Le cinéaste prend comme base de travail un concept accrocheur : le capital cinéphilique du jeune public et l’influence des films d’horreur sur l’imaginaire collectif (et notamment sur l’audience impressionnable). C’est principalement cette démarche originale qui rend l’atmosphère du film aussi sympathique.  La bande d’étudiants rencontrée dans ce film a été, on en a vite la preuve, élevée à grands renforts de films de genre (comme nous !). Une éducation faite de clichés et de stéréotypes qui a imprégné de manière indélébile la psyché de jeunes gens qui n’ont pratiquement jamais quitté le cocon familial ou le confort universitaire. Abusés par les préjugés, les étudiants ne voient donc dans le look minable de Tucker et Dale que les stigmates  révélant leur état de rednecks stupides… et dangereux.

De plus, Tucker et Dale, à travers une série de séquences hilarantes, ne vont rien faire pour les détromper. Du plan drague foireux de Dale (il approche la fille en ricanant comme un âne, une faux à la main) à la séquence de la ruche (Tucker, attaqué par des abeilles pendant qu’il coupait du bois, les fuit en hurlant, tout en faisant tourner sa tronçonneuse à la manière de Leatherface), les deux idiots entretiennent, voire attisent, le malentendu.  A cela, reste à ajouter les maladresses des jeunes gens qui enchaînent les accidents mortels dans des circonstances aux apparences trompeuses (Eli Craig jouent des angles de prises de vue pour créer des trompe-l’œil).

On pourrait croire durant une bonne heure que Tucker & Dale vs Evil est un film rempli de crétins mais dépourvu de méchants. Il n’en est rien. On découvrira dans le dernier tiers du métrage que le casting cache bien un tueur fou. La raison est assez évidente. Eli Craig vise à coller encore plus aux codes du genre, il lui faut donc mettre en scène un serial killer, un psychopathe qui, bien que cramé et écrabouillé, se relève encore et toujours… sans toutefois quitter le domaine du pastiche. L’initiative est louable et assez bien mise en boîte mais, malheureusement, privé de sa succession d’accidents à la Buster Keaton ((l’humour slaspstick est omniprésent durant toute la première partie), le film perd grandement en efficacité comique. A ce moment, on est loin, par exemple, de la qualité de Bienvenue au cottage.

Dans le rôle des deux pauvres gars victimes du délit de sale gueule, Tyler Labine (Dale) et Alan Tudyk (Tucker) sont absolument parfaits. Le duo de comédiens a quelque chose de Laurel et Hardy. S’il est difficile de ne pas éprouver pitié et compassion à la vue de leurs malheurs, l’on ne peut s’empêcher de se foutre de leurs gueules. Dire que ces braves gars n’aspiraient à rien d’autre qu’un peu de repos et quelques parties de pêche (et encore, Dale avoue en milieu de métrage qu’il déteste « tuer » des poissons). Par contre, s’il fallait ne distinguer que l’un d’entre eux, je choisirais Tyler Labine, génial dans la peau d’un gros nounours timide et maladroit (il flirte même parfois avec l’autisme). Pour ce qui est du groupe d’étudiants en balade, on retient surtout la performance de Katrina Bowden (Allison), tout simplement parce que c’est elle qui apparaît le plus à l’écran. L’actrice est charmante et bien drôle (on retient plus particulièrement une séance de psychothérapie à deux balles). Elle fait chavirer le cœur de Dale et l’on comprend bien pourquoi. Le reste du casting, s’il est moins en vue et interprète de purs stéréotypes estudiantins, accomplit toutefois sa tache avec application.

Le film est peu fourni en effets gore mais tous sont bien réussis. L’usage de méthodes traditionnelles est bienvenu ; cela donne un look années 80 très immersif.  La séquence la plus impressionnante est celle où l’un des étudiants se jette accidentellement dans une broyeuse à bois. Tucker et Dale n’arrivent à retirer de la machine que la partie basse d’un corps humain coupé au milieu du tronc. Un bel effet craspec. Par l’attitude empruntée des deux gus, et un évènement catastrophique pour eux (l’arrivée d’une voiture de police), cette séquence est également l’une des plus drôles du film.

75

Devancé par une bonne petite réputation acquise outre-Atlantique ( le film s’est fait remarqué au festival de Sundance), Tucker & Dale vs. Evil ne déçoit pas. Si le film d’Eli Craig est moins réussi que le petit bijou d’Edgar Wright (Shaun of the Dead), il témoigne du même amour du cinéma de genre en abordant le sujet de manière parodique. On sent la démarche artistique sincère et les comédiens, très en forme, finissent d’emballer le tout de belle manière. Un excellent divertissement.

Critique de publiée le 6 juin 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario divertissant
  • Un bel hommage au genre
  • Un humour qui fonctionne
  • Des comédiens en forme
  • Quelques effets gore sympas

Que faut-il oublier ?

  • Une dernière demi-heure moins réussie.

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