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Critique du Jeu de société : Munera : Familia Gladiatoria
Munera : Familia Gladiatoria >

Critique du Jeu de société : Munera : Familia Gladiatoria

Avis critique rédigé par Amaury L. le vendredi 22 avril 2011 à 2137

Ave Caesar, morituri te salutant !

L’amphithéâtre se lève comme un seul homme pour vomir son mécontentement à l’encontre d’un gladiateur fébrile, qui ploie sous les coups puissants de sica, un petit glaive romain, asséné par Pugnax, un prisonnier de guerre à l’origine mystérieuse. L’empereur sourcille d’ennui face à cette confrontation à l’issue inéluctable, se montrera-t-il magnanime ? La foule aspire à une mise à mort impitoyable, le sang colorera le sable de l’arène où la vie autant que la mort se côtoient en une danse imprévisible.

Un entraînement difficile...

Une arène sans thermoformage.

A l'ouverture, la boîte affiche un vide trompeur sur la qualité et la quantité du matériel offert. En effet, aucun artifice habile ne comble l'espace. Derrière une couverture graphiquement et artistiquement travaillée, on recense deux plateaux distincts qui respectent visuellement et adéquatement les fresques romaines découvertes dans de nombreux sites archéologiques. Aucune faute de goût ne transparaît, tous les éléments contenus conservent cet esprit historique. Les nombreux pions cartonnés représentent les différentes classes de gladiateurs (Mirmillon, rétiaire, hoplomaque, thrace, secutor, provocator), les blessures infligées et les points de renommée acquis au cours des combats. Les cartes esthétiquement remarquables symbolisent les Gladiateurs, les Lieux où se dérouleront les spectacles, les Entraîneurs et les Événements imprévus. Quelques deniers (en bois) et une règle en anglais (traduction des cartes et des règles en français sur le site de l'éditeur, Albe Pavo) complètent cet ensemble sympathique.

Devenez un lanista émérite !

Un combat sans règles claires.

Après un descriptif des principaux types de gladiateurs, les règles commencent et malheureusement il existe beaucoup d'imprécisions, en cause un anglais approximatif. Sinon, les joueurs incarnent un lanista (un homme d'affaires gérant des combats de gladiateurs) et doivent proposer des munera (terme latin pour désigner les combats de gladiateurs) qui leur octroient des points de gloire à leur ludus (gymnase où ils entraînent leurs combattants).

Où baser votre ludus (gymnase) ?

Munera se décompose en trois phases principales. On entame le tour en piochant une carte Événement qui déclenche un effet particulier au moment où le joueur la joue. Ensuite, on guérit ses gladiateurs victimes de blessures sérieuses en jetant un dé à dix faces. La convalescence s'arrête si le résultat du dé est égal ou supérieur à quatre (le bonus procuré par le niveau de votre Medicus augmente le score obtenu et ainsi les chances de guérison). On pioche autant de cartes Gladiator et Minister que le nombre de participants. A trois joueurs, on dévoile trois cartes Gladiator et trois Minister, par exemple. Une enchère à poings fermés commence, la plus forte somme emporte la carte mise en jeu par le Rudis (le joueur actif). Elle se termine quand aucun joueur ne souhaite ou ne peut acquérir de cartes supplémentaires. La dernière phase appelée Munus est entamée.

Trouver les bons encadrants pour améliorer son équipe...

On s'informe, en tirant de la pile adéquate, des villes qui souhaitent un spectacle. Le rudis en choisit un. Attention, il faut répondre aux obligations exigées par l'organisateur (un nombre précis de paires de combattants). De plus, le rudis sollicite un gymnase adverse pour l'accompagner sinon les combats sont annulés. On marque des points de gloire qu'en participant à des spectacles ou grâce à des combattants chevronnés.

Les lanista sont prêts à en découdre, mais les gladiateurs ?

Les duels se résolvent simplement. Chaque opposant lance un dé à dix faces, le plus fort l'emporte. Le perdant récupère une blessure. Une égalité transcende la foule et joue sur son indulgence envers le vaincu en fin de combat. La virtus, propre à chaque gladiateur,  autorise à relancer un dé, ainsi que le coquus (cuisinier) si le résultat ne satisfait pas. Quand un gladiateur abandonne (trop de blessures subies), il se soumet au jugement de la foule qui décide de son destin. Le vainqueur gagne deux points de renommée qui, au bout de quatre, lui font monter un grade (Vétéranus puis Primus Palus). Les joueurs non impliqués dans le combat ont la possibilité de parier sur le vainqueur ou d'en influencer le déroulement en soudoyant les officiels (panser une blessure, annuler un coup, relancer un dé).

La partie se termine quand un joueur obtient quinze points de gloire, il devient le lanista le plus prisé de l'Empire.

Où allez vous envoyer vos gladiateurs ?

 

Ave caesar, ceux qui vont jouer te saluent !

Munera, Familia gladiatoria est le premier jeu d'un projet qui envoie les participants au temps de la Rome Impériale sous le regard impitoyable d'un lanista, un homme qui gère une équipe de gladiateurs comme une entreprise. Le rendu ludique, grâce à un effort artistique remarquable, est atteint correctement.

Mécaniquement, on ne constate pas de réelles originalités, l'ensemble s'appuyant sur un principe d'enchères à poings fermés fréquemment usité et de lancer de dés. Les enchères ralentissent conséquemment le déroulement général avec un nombre de cartes légèrement trop élevé, ce qui fait qu'il n'est pas réellement utile de se « battre » en dépensant des sommes faramineuses. De plus, une écurie avec trop de gladiateurs devient difficilement gérable, avec une recrudescence de rixes et de blessures inopportunes qui handicapent vos possibilités de participer à des combats pour les tours ultérieurs. On s'abstient alors de recruter et l'intérêt de cette phase faiblit fortement. A cela, on ne remarque pas des différences de talents suffisantes entre les gladiateurs pour enflammer les enchères. Parfois, pour un prix minime, il demeure aisé d'enrôler un combattant avec des compétences équivalentes, voire supérieures, à des gladiateurs onéreux à l'achat auxquels un salaire devra être versé en complément. On s'étonne de cet illogisme mécanique qui toutefois n'altère pas la fluidité ou le plaisir de monter une équipe de belligérants entraînés.

L'empire romain sous le règne des Flaviens et des Antonins (Ier et IIe siècle après J.-C.)

Toute la gestion repose sur le choix de votre équipe encadrante. Les options potentielles agrémentent les stratégies et apportent une diversification dans le déroulement des parties. Par exemple, la perte d'un gladiateur, même naturellement mauvais, reste dommageable. S'il survit à la sentence de la foule, il acquiert un point de renommée ce qui n'est pas à négliger. Obtenir un quatrième point de renommée accorde des bénéfices immédiats en améliorant la virtus (relance du dé), en procurant un point de gloire supplémentaire à chaque combat auquel le gladiateur participe et s'il meurt, il rapporte davantage de sous. Un Faber augmente les chances de survie de ses protégés en cas de défaite en subjuguant la foule avec la confection de pièces d’armures finement ouvragées et de ce fait incite à la clémence de la plèbe. Comme il n'est pas rare qu'un combattant subisse l'échec, l'élimination d'un gladiateur expérimenté prive d'une acquisition facile de points de Gloire, indispensables pour l'emporter. Si on souhaite maîtriser l'aspect aléatoire, le Coquus (le cuisinier) impacte directement les résultats  désastreux du dé (relance du dé) et apporte un contrôle appréciable dans ce jeu comportant un défilé continu de décaèdres capricieux. Les lupae, l'équivalent contemporain des péripatéticiennes, contribuent à l'acceptation de vos virils gaillards des conditions rudes et de l'avenir incertain qui régissent la vie d'un gladiateur. Les cartes Événements s'attaquent principalement à la soumission de vos combattants et avec des effets dévastateurs en cas d'échec, résolu par un lancer de dé. Les lanista cherchent un équilibre entre force, obéissance, maîtrise du hasard afin d'offrir une équipe compétitive.

L'arène où les combats auront lieu...

L'atout majeur de Munera, Familia Gladiatoria se passe durant les affrontements brutaux où toutes les tensions sont contenues dans un artifice fragile, le dé. Même si avec un néophyte de l'arène, les probabilités de vaincre un combattant averti demeure minime, les retournements improbables entretiennent le suspense. Une nervosité envahit le joueur avant chaque lancer de dé et malgré cette façade aléatoire, rédhibitoire pour certains, la défaite comme la victoire se joue sur un rien entre deux combattants de force égale. Les palabres incessants naissent avec les paris et les actions de corruption. On s'insurge contre la décision injuste d'un arbitre grassement rémunéré qui annule une belle passe d'armes tournant à son avantage. Inversement, on magnifie hypocritement un mécène qui, par sa volonté, annihile une défaite prochaine de son poulain. Avec de la pratique, Munera, Familia gladiatoria conserve un dynamisme convenable. Toutefois, avec des parties tutoyant les cent vingt minutes, un essoufflement préjudiciable se fait jour et atténue le plaisir de pratiquer ce bon jeu de baston  assidûment.

Quelques gladiateurs à recruter...

La conclusion de

Munera, Familia gladiatoria est surtout un jeu de combat direct à la résolution simple. Les enchères meublent les mécanismes sans apporter un réel avantage. Le jeu séduit surtout pour les fréquents affrontements et les développements différents de son équipe d'entraîneurs. On s'amuse et les amateurs de lancers d'objets décaèdriques seront aux anges. On déplore une pratique insipide à deux joueurs, moyenne à trois combattants et très agréable à quatre belligérants. Pour les anglophobes, une traduction claire des cartes et des règles se trouve disponible sur le site de l’éditeur italien, Albe Pavo. Si incarner un gladiateur est un rêve de gosse, Munera Familia gladiatoria apporte une façon ludique de le toucher. Ave Caesar !

Que faut-il en retenir ?

  • Bon jeu de baston sur les gladiateurs.
  • Très bien à 4 joueurs uniquement.

Que faut-il oublier ?

  • Un peu long.
  • A éviter à deux joueurs.

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